Le village de Noël de Gagny

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Lorsque nous avons emménagé dans la ville où nous vivons toujours, j’étais enceinte. Théodore est né le 6 décembre, dans un tourbillon de douceur et d’allégresse. Nous avons passé les semaines de l’avent tous les trois, blottis dans la chaleur de notre appartement. J’avais alors remarqué dans la rue des affiches annonçant la tenue d’un village de noël. Ce mois de décembre a filé comme l’éclair et, le temps que nous réalisions que le monde, au dehors, avait continué de tourné, le village de Noël avait plié bagage.

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Mais, dès l’année suivante, il est devenu le rendez-vous immanquable de nos hivers, annonçant les fêtes et saupoudrant notre quartier de ses lumières. Il se tient dans les hauteurs du Parc, à quelques centaines de mètre de chez nous. Il ne s’agit pas d’un marché où l’on peut acheter des corbeilles en osier ou des pots de miel, mais bien d’un village. Beau, la nuit comme le jour, il restitue une forêt enneigée. Il y a des animaux : âne, poney shetland, vache, moutons auxquels nous donnons toujours des brins de paille. Lorsque Théodore était encore gardé par sa douce nourrice, nous y allions presque chaque soir. Au fil des années, j’ai vu mon fils grandir et il n’a désormais plus besoin de nous pour admirer les automates dans les vitrines. Il n’a plus peur du Père Noël assis dans sa cabane ou du tunnel de la mine.

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Le week-end, le village s’agite. La foule se presse et les enfants courent sur le pont, à celui qui arrivera le plus vite jusqu’au préau. C’est ici que l’on s’installe autour de tables en bois, au son de chants de Noël, pour boire du chocolat chaud dans un gobelet en plastique et déguster des crêpes. Lorsque nous repartons, Théodore a les mains collantes et du sucre collé sur le menton.

Mais ce que nous préférons, c’est y aller les soirs de semaine, lorsqu’il n’y a personne ou presque. Le village est un sas entre l’école et la maison. Il nous dit aussi que Noël sera bientôt là. Dans quelques jours, nous achèterons un sapin et décorerons l’appartement. Mais pour l’heure, Théodore doit encore écrire sa lettre au Père Noël et la laisser s’envoler dans le ciel accroché à un ballon…

Village de Noël de Gagny, du 20 novembre au 31 décembre 2016. Parc Courbet, Gagny. Accès par le RER E, direction Chelles Gournay, au départ de Magenta ou Haussmann Saint-lazare (25 minutes) Lundi, mardi, jeudi et vendredi de 11h à 12h30 et de 16h à 19h
Mercredi, samedi et dimanche de 10h15 à 12h30 et de 14h30 à 19h30, le vendredi 25 décembre 2015 de 15h à 18h

 

Dis-moi comment tu accouches et je te dirai qui tu es

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Avant d’être enceinte, l’accouchement me terrifiait. Je militais même activement pour la césarienne, pensant m’épargner des douleurs et des peines. Puis nous avons eu envie d’avoir un enfant et j’ai vécu ma grossesse sans penser à la naissance ou en tout cas, sans m’en inquiéter outre mesure. Je savais juste que, le jour-J, je voudrais une péridurale. Tout simplement pour éviter de souffrir.  La naissance de mon fils a été très médicalisée, un mélange de prise en charge à outrance et d’un sentiment d’abandon total. Mais il s’agissait de mon premier enfant et je n’étais pas « armée » pour dire non ou pour affirmer clairement mes souhaits.

Si j’étais aujourd’hui dans la même situation, il est évident que les choses se passeraient très différemment. Je sais de quoi je suis capable, je sais de quoi mon corps est capable. Peut-être dirais-je non à la péridurale, peut-être ferais-je un projet de naissance. Qui sait si je ne tenterais pas d’imposer ma volonté de ne pas accoucher en position gynécologique. Peut-être, mais au final je n’en sais rien. Je continue de faire confiance à l’hôpital et je n’ai jamais souhaité accouché à la maison. J’ai eu l’occasion d’interviewer il y a quelques mois plusieurs mamans qui avaient fait ce choix. J’ai été émerveillée par leur force et le récit de ces naissances, si belles et naturelles. Il émanait de leurs histoires une grande douceur et en même temps une grande puissance.

C’est une décision que je respecte, même si elle me semble inenvisageable. Pourtant, de part à d’autres, les remarques vont bon train. D’un côté, celles qui accouchent à la maison sont taxées d’inconscience, d’obscurantisme, on leur reproche de mettre la vie de leur enfant en danger. De l’autre, on est outré que des femmes puissent encore accepter d’être « maltraitées » à l’hôpital, on est choqué que des enfants viennent au monde dans ces conditions. Il faudrait que les femmes puissent choisir et connaissent les options qui s’offrent à elle : hôpital, accouchement à domicile, en maison de naissance, en plateau technique. Les mentalités évoluent et j’ose croire que nous sommes aujourd’hui de mieux en mieux informées. Même si les sages-femmes qui pratiquent l’AAD ne sont pas assez nombreuses, même si les maisons de naissance se comptent pour l’instant sur les doigts d’une main. Mais je trouve dommage que nous en soyons encore à juger la manière dont les autres femmes donnent la vie. Et je ne peux m’empêcher d’être agacée lorsque je lis qu’on « plaint » les bébés nés à l’hôpital. L’hôpital, où il serait bon de rappeler que tout n’est pas que violence et non-respect du corps des femmes. Et je suis d’autant plus à l’aise pour le dire que je pense justement ne pas avoir été respectée lorsque mon fils est venu au monde. Mais j’avais besoin de me sentir en sécurité et oui, je me sentais plus « à l’aise » dans une chambre d’hôpital que dans mon salon. Même si aujourd’hui, j’évolue vraiment sur cette question et pourrais envisager l’option d’un accouchement en maison de naissance.

Il est surtout dommage que la bienveillance soit à ce point absente des débats. Oui, les femmes accouchaient chez elle il y a encore 60 ans. Devons-nous pour autant toutes faire la même chose ? Je n’en suis pas certaine. Surtout, ce choix appartient à chacune et il doit être respecté.  Comme doit l’être celui d’une femme qui veut accoucher  à l’hôpital sous péridurale. Je suis aujourd’hui mille fois mieux informée qu’il y a 4 ans et je sais qu’il reste beaucoup de choses à améliorer. Je voudrais juste que plutôt de se regrouper en cercles de « pro » et « d’anti », nous fassions profiter les autres de nos expériences et soyons capables d’entendre avec bienveillance le récit de ces naissances si différentes et pourtant si semblables.

Mais il est une chose certaine. Lorsque mon fils a poussé son premier cri et que je l’ai serré contre moi, lorsque j’ai senti sa chaleur et vu son visage pour la première fois, c’était une expérience à la fois surnaturelle et bouleversante. Il y a pourtant eu des gestes inacceptables, des silences, et au-dessus de moi, un néon aveuglant. Mais ce jour-là j’ai donné la vie. Comme elles, comme vous. Et mon miracle n’avait pas moins de prix.

Haut les coeurs

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Il y a quelques heures j’ai croisé la mauvaise personne dans le métro. Un concours de circonstances comme ça arrive tous les jours, partout, pour des milliers de femmes. Un homme qui a pris des libertés sur mon corps, qui m’a terrifié pendant quelques minutes avant de me laisser tremblante sur le quai du métro. Je ne veux pas parler de ce qui s’est passé, parce que c’est tristement banal. Mais je veux parler de ma réaction.

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Petite personne

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Je raconte souvent cette anecdote du soir où un type, ami d’ami, était rentré dans la chambre où Mia, encore tout petit bébé, dormait par inadvertance pendant une soirée, et m’avait dit ensuite « c’est incroyable, on dirait tout à fait une petite personne ». Alors que je n’ai jamais eu de passion pour les nourrissons, j’avais été choquée par cette phrase et par son étonnement. Parce qu’à quelques semaines, il m’apparaissait déjà clairement que Mia était une petite personne avec son caractère affirmé.  Lire la suite

Mère et fille

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J’avais promis à la fin du mois d’août, une journée rien que pour elle et moi à Paris. Avec la rentrée, les emplois du temps compliqués, cette journée a fini par se faire au mois de novembre. Et finalement, ce ne fut même pas une journée complète. Pourtant, dans le train pour Paris, au moment du déjeuner, Mia était folle de joie comme si on partait en vacances deux semaines dans l’endroit le plus fou et le plus beau du monde.  Lire la suite

Du temps pour nous

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Avoir trois enfants, du travail, une vie sociale, c’est aussi avoir peu de temps pour nous, nous deux, en tant que couple. Il y a eu cette semaine en août et depuis ? Quelques heures volées par ci par là malgré l’emploi du temps particulièrement sympathique de Thomas cette année scolaire qui nous offre quelques moments de partage dans la semaine, en journée. Parce qu’il faut bien le dire, les heures du soir, celles où on débriefe, celles où le stress redescend, celles où il faut quand même penser à l’organisation du lendemain et aux milles bricoles du quotidien pour faire tourner une maison et une famille nombreuse comme la nôtre, ces heures là elles ne nourrissent pas notre couple.

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