288 km/heure

C’est encore une histoire de train. Je m’installe à ma place et cette fois-ci, je ne pars pas le coeur léger. Trop fatiguée, trop absente, depuis trop longtemps… J’ai envie d’être chez moi en pyjama au lieu d’être à nouveau en train d’engraisser la SNCF. Comme un chat, je commence à bouger pour m’enfoncer plus profondément dans mon siège, à le travailler pour qu’il devienne plus moelleux (dans ma tête) pour profiter de ce moment pour une sieste que j’espère réparatrice.

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Les vacances

J’ai cherché dans mes archives une photo de vacances. De vraies vacances d’été. Avec la mer, le sable, les enfants recouverts de crème solaire, les cheveux blondis… Elles remontent à loin nos dernières vacances. C’est un mea culpa personnel parce que je travaille toute l’année. Et puis 2/3 des enfants sont allergiques au soleil de toute manière. Mais même. J’avais l’impression que l’été était une saison particulière quand j’étais enfant. Je me souviens de la sensation des jambes nues, la peau bronzée, tannée presque par le soleil, les cerises et les fruits qui font du jus quand on croque dedans, les glaces à l’eau et les orteils qui s’enfoncent dans le sable (le regretter après quand on remet ses chaussures), les sandales qui scintillent, les méduses, le seau décoré, les coquillages qu’on ramasse et le sable qui reste dans les poches pendant des mois…  Lire la suite

Cannes 2017 : faire le bilan

Feu d’artifice (clôture)

On a beaucoup entendu sur place que cette édition du festival était faible en terme de qualité des films, molle en terme de soirées. Les « c’était mieux avant » ont fusé. Je me demande si, en 9 éditions de festival de Cannes, je n’ai pas entendu ça tous les ans. J’ignore donc à quel « avant » on fait référence. Moi, j’ai trouvé que même si nous n’avions pas vu de film pour lequel j’aurais été prête à vendre ma mère, nous avons vu de très bonnes choses. Et le bilan sur l’état du monde proposé par ces 48 films ne m’a pas laissée indifférente. Il me semble bien que les problématiques liées aux migrants, la peur de la guerre civile, et le questionnement sur les valeurs morales sont des notions tout à fait contemporaines et essentielles.

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Cannes 2017, jour 10 : courir l’aïoli

You were never really here, de Lynne Ramsay

On arrive à ce niveau de fatigue où, avant de quitter l’appartement, je cherche pendant de très longues minutes mon portable. Impossible de remettre la main dessus alors qu’il est pourtant vital. Je me souviens l’avoir débranché et puis plus rien. Rien de rien. Je vide mon sac du jour, regarde dans ceux des jours précédents, ouvre le réfrigérateur, checke les poches de mes vestes et déplace le bordel sur la table. Quand je le dis à vois haute (« merde, j’ai perdu mon portable »), j’ai le réflexe d’avoir les mains qui descendent sur les fesses. Le portable était là, dans ma poche arrière. Cette scène consternante se reproduira plusieurs fois dans la journée, à chaque fois avec un coup au cœur, convaincue d’avoir perdu mon objet transitionnel, doudou indispensable, ici plus qu’ailleurs, pour s’occuper, travailler et garder un contact avec le monde.

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Cannes 2017, jour 9 : recharger les batteries

La Religieuse au caramel, de Jérôme Oliviera (hors compétition)

J’ai enfin pris le temps de marcher sur la croisette. De sentir le soleil sur mon visage, de flâner au lieu de courir, de regarder les gens. En les voyant tous si apprêtés, à l’aise dans cet univers qui m’impressionne encore, à poser pour les photographes de rue ou des selfies devant toutes les marches rouges possibles (celles de la salle Debussy où sont présentés les films d’Un Certain Regard ou celles de la gare de Cannes), on se demande presque ce qu’ils font le reste de l’année. Cette quinzaine, c’est le moment pour certains de voler au quotidien quelques instants dans la lumière et c’est beau, un peu.

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Cannes 2017, jour 8 : tutoyer les sommets

Une femme douce, de Sergei Loznitsa

7h09, le réveil sonne. Quand le cerveau sort du brouillard, on entend distinctement les basses sourdes et les cris de joie des fêtards matinaux. Quand on sort de l’appartement 30 minutes plus tard, en baskets et sweat à capuche (tenue de celle qui a démissionné du tapis rouge et à qui la fatigue rend profondément intolérante à la climatisation) c’est ceux-là même qu’on croise dans la rue, totalement éméchés, robes longues et brillantes, veste de smoking sur les épaules ou chemise ouverte à tituber sur le trottoir. Un regard. Et la différence de nos tenues, de nos expérience de Cannes nous fait sourire. Je suis de ceux qui s’acharnent à voir des films.

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Cannes 2017, jour 7 : descendre la pente

Vers la lumière, de Naomi Kawase

Jour 7, chaque jour suivant à Cannes est donc le dernier pour cette édition. Il n’y aura pas ici de mardi suivant, de mercredi suivant, de jeudi suivant… Le festival se clôt dimanche soir et les deux derniers jours auront un rythme beaucoup moins soutenu. Déjà, on embrasse les collègues qui repartent vers Paris, on arrive plus tard dans les salles moins prises d’assaut (une très bonne nouvelle quand la première projection est à 8h30 et qu’il fallait se présenter aux portiques de sécurité autour de 7h30 en début de festival). C’est le début de la fin : les cernes sont bien installées, l’ambiance colonie de vacances est à son paroxysme. Si j’avais le mal du pays il y a quelques jours, je me laisse tranquillement envahir par une douce nostalgie.

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