Changement d’icônes

Avant, je voulais être une mère comme Mary-Louise Parker dans Weeds, et précisément dans cette séance photo où elle prépare tarte aux pommes et cookies. J’avais en tête l’image d’une femme forte et glamour qui gère sa maternité au jour le jour et arbore accessoirement un cul que même dans ma prime jeunesse je n’ai jamais eu. Avec beaucoup d’espoir et de mépris, je me disais que je n’étais pas comme les autres et que vergetures, cellulite et traces de vomi sur les vêtements ne passeraient pas par moi…

Dans un sens, ça a été le cas. J’ai échappé aux plus graves et irréversibles des modifications corporelles, je ne sens pas le lait caillé et depuis quelques temps je mets un point d’honneur à afficher une manucure parfaite que j’entretiens non sans mal sur mon temps libre.

Et pourtant j’ai changé. Peut-être plus consciente des responsabilités et de la valeur des choses, peut-être plus vieille. En tout cas, je ne fantasme plus sur une hypothétique séance photo sexy de moi dans la cuisine en train de préparer des cookies, mais davantage sur l’image que je laisserai de moi à ma fille. Ma maman référence est donc devenue la réalisatrice et comédienne Valérie Donzelli.

Autant vous le dire tout de suite, je ne la connais pas du tout dans la vraie vie, je ne sais pas comment elle donne le biberon et je ne connais pas son avis sur les couches lavables. Mais j’aime cette idée d’être une artiste, une femme naturelle et belle, un peu naïve et créatrice.

Pour couronner le tout j’ai eu la chance de voir son film La guerre est déclarée, basé sur son expérience personnelle de mère face à la maladie (sortie dans les salles fin août) et je suis tombée définitivement amoureuse de ce personnage, de cette image de la maternité qui me ressemble plus et qui se résume juste par ces simples phrases : « je veux vivre » et « j’aime ».