La guerre est déclarée
Un couple, Roméo et Juliette. Un enfant, Adam. Un combat, la maladie. Et surtout, une grande histoire d’amour, la leur…
Voila comment sont résumés 1h40 de bonheur en barre, de vie qui lutte et qui gagne, d’amour qui bouillonne et qui mute. Valérie Donzelli, je vous en ai déjà parlé ici, je la suis depuis son premier long métrage, La reine des pommes où la réalisatrice/comédienne faisait déjà preuve de beaucoup de courage, beaucoup d’humour et surtout beaucoup de créativité à mettre en scène la rupture amoureuse. Dans La guerre est déclarée, c’est sa propre histoire qu’elle raconte, celle qu’elle a vécu avec Jérémie Elkaïm, le père de son enfant et acteur principal du film. A 18 mois, leur fils est donc atteint d’une tumeur au cerveau et le couple, jeune, vivant et beau, décide de se battre, de mener sa guerre contre la maladie et contre ses dommages collatéraux.
Pas de larmes ici, autres que d’émotion. Pas de pathos surjoué, de médecins dramatiques, de monstre médical, mais les aventures d’un couple moderne qui ne refuse rien d’autre que de se perdre dans la maladie. Une leçon involontaire de vie et de courage, de légèreté aussi. Et une leçon de cinéma surtout. Car sans se laisser submerger par ses émotions personnelles, le couple cherche avant tout à raconter une histoire, l’histoire universelle de la vie en marche par le biais d’artifices visuels, de chansons (dont une particulièrement est d’autant plus touchante qu’elle est interprétée par les acteurs), de ces petits riens qui rendent la vie, et le cinéma beau… une lampe, une fête foraine, un sourire, un baiser.
J’ai eu l’opportunité de voir La guerre est déclarée pendant le festival de Cannes, alors que le buzz n’était pas monté, que j’étais vierge ou presque de tout renseignement sur le film. Très vite, je me suis laissée submerger. J’ai pleuré, beaucoup. J’ai reconnu le service de néo-nat où j’ai passé mes premiers jours de maman, les blouses horribles avec les liens qui craquent, les vestiaires où trônent toujours quelques photos de gamins qui s’en sont sortis (jamais plus d’une dizaine, ce qui n’est pas très rassurant), les portes blindées et les interphones au fond d’un couloir toujours vide. Je ne me suis pas battue pendant des années contre un monstre invisible et mortel. Ma fille non plus. Mes 5 jours de cauchemar, mes 5 premiers jours de maman, m’ont quand même permis de comprendre la passivité obligatoire d’une telle épreuve, l’impuissance même, et le temps qu’il faut occuper pour ne pas devenir fou. J’ai entendu aussi les mamans appeler ce même service pendant la nuit pour savoir si tout allait bien et passer des heures dans un fauteuil à ne rien faire d’autre que compter les bip.
Même si ce film a la force de parler à tous, des personnages si beaux qu’ils touchent le public dans sa globalité, La guerre est déclarée est un film nécessaire à toutes les mamans (et les papas) actuels et en devenir. Une leçon de parentalité dans son ensemble, de remise en place de la valeur du couple et de la personne, de l’importance des choix égoïstes au quotidien, et de cette troisième personne, qu’on connaît à la fois tellement et si peu et qui nous dépasse parfois.
Et c’est aussi tellement plus, tellement de poésie, tellement d’amour. Que ce serait un crime de manquer ça au cinéma.
La guerre est déclarée, un film de Valérie Donzelli avec Valérie Donzelli et Jérémie Elkaïm. Sortie dans les salles le 31 août 2011
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Suite à ce billet émouvant je ne peux faire autrement que d’aller le voir.
J’avais déjà prévu d’aller le voir, mais tu as enfoncé le clou ! Si tu aimes Valérie Donzelli, tu peux guetter le film L’art de séduire avec Mathieu Demy. Elle tire totalement le film vers le haut et je l’ai troué fascinante dedans.
J’avais aussi prévu d’aller le voir et avec ce joli récit que tu en fais, je ne vais plus tarder à y aller!