Ma rencontre avec Bertrand
Maintenant que je suis une maman modèle qui travaille à la maison tout en s’occupant de sa turbulente (non, j’déconne) fille de 8 mois, les moments de glamour s’espacent. Oui, moi qui avait pris pour habitude de vider les open bar de champagne pour les soirées de sorties de films, de foncer en festivals me faire 5 films par jour, mettre des robes de soirée en plein jour et regarder les stars à quelques mètres de moi d’un œil blasé, je nettoie plus souvent des couches lavables que je n’arpente les tapis rouges. Étonnant, non ?
Pas tellement en fait, vu la belle révolution que représente ma fille. C’est pourquoi je saute sur l’occasion, dès qu’elle se présente à moi, de rencontrer mes artistes préférés, ceux qui font encore vibrer la petite parcelle d’esthète derrière mon costume de femme au foyer. La maison close, c’est un peu chez moi en fait… hahahaha
Bertrand Bonello, j’ai vu de lui Tiresia et Le pornographe. Deux films forts, aux univers en demi-teintes, tragiques, poétiques et surtout d’une beauté époustouflante. L’Apollonide, qui vient de sortir dans les salles, j’ai pu le découvrir pendant le dernier festival de Cannes. Une claque comme toujours, visuelle d’abord. Et puis j’ai été touchée par la douceur du regard du réalisateur, le respect, l’admiration qui transpire de l’écran pour ces femmes.(ma critique du film ici, pour ceux qui le veulent)
Vous imaginez donc mon excitation quand on m’a proposé de rencontrer le fameux Bertrand. Une excitation qui a laissé place à l’angoisse. Un esthète pareil, un puit de culture et un artiste aussi complet ne va t-il pas être dégoûté à la vue du misérable personnage que je suis ? (oui, je suis au top de ma confiance en moi).
Mais j’ai enfilé mon costume de super intervieweuse. J’ai trouvé une garde pour ma fille, enfilé les talons hauts (les très hauts), une robe moulante (mais pas trop) avec un décolleté avantageux (j’ai pas lésiné de ce coté là), essayé de me rappeler de mes bases de maquillage et gratté les multiples taches de nourriture séchée sur ma tenue. Je n’ai pas assorti mon sac à main avec mes chaussures, parce qu’il faut pas déconner quand même, Bertrand ne porte pas tous les jours sa cravate étroite sur chemise blanche.
Cet artiste qui me touche autant, dont je crois avoir percé le mystère de ce qu’il nous laisse à voir de son talent, je n’avais rien à lui demander. A part un autographe… ou un rôle dans son prochain film. J’ai donc décidé de le laisser parler. Parler de lui, de sa passion pour la musique, de son amour du cinéma, de ses projets avortés et futurs. Nous avons papoté ainsi plus de 30 minutes (c’est long en interview). Et puis il a fallu se séparer. J’avais encore tellement à lui demander, et puis envie de partager un verre avec lui, le voir travailler.
Je ne vais devoir que me contenter de m’émouvoir de ses films. Je suis repartie pleine de la grâce et de la beauté de son regard mais sans autographe et sans rôle dans son prochain film.
L’apollonide, souvenirs de la maison close, par Bertrand Bonello. Sortie le 21 septembre 2011
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Les artistes que j’aime et que j’admire, je n’ai pas forcément de questions à leur poser quand j’y pense… parfois tu veux juste te laisser porter par tes propres émotions… sauf à poser des questions techniques ou le choix des acteurs…
C’est tellement ça ! Et puis, quand on sait que ces « petites » questions ont une réponse dans le dossier de presse ou qu’ont va leur poser 150 fois en interview… bah il ne reste plus rien.
Autant parler de la famille, des amis, des passions… même si ça n’intéresse personne d’autre que soi.
ça me fait penser à Toulouse Lautrec :)