Pour ma grossesse comme pour mon couple, j’ai souvent fait trop ou très vite. A l’annonce de ma grossesse surprise, la panique a cédé au bonheur, puis est venu le deuil naturel de ma vie d’avant. Poussée par mes amis sans enfants, par la pression sociale, par mes patrons même, je me suis enfoncée doucement dans une dépression molle qu’on appellera ma nouvelle vie de maman. Plus de week-ends en province pour un festival de films décidés à la dernière minute, plus de restaurants surprises, plus de journées de glande, mais des théories sur les couche lavables, le massage de bébé et le maternage proximal. Loin de m’imaginer à l’époque que j’aurais aussi besoin d’une autorisation, ou de conditions très très propices, pour aller pisser. Mais ça, très vite, je m’en suis fait une raison. Comme beaucoup de jeunes mamans, j’ai décider de mener cette nouvelle vie de front et de ne surtout pas oublier les autres.
Ma première résolution, ne pas me laisser aller et remettre le lendemain de l’accouchement, mes fringues d’avant la grossesse et des bottines à talons. Le résultat ? Un mal de dos atroce qui perdure aujourd’hui et plusieurs semaines d’entre deux à souffrir atrocement dans un jean slim en 36 là où la nature aurait voulu que je remettre mes fringues de grossesse. Mais à ça, je pense que personne n’est préparé. Avec les mamans stars à Hollywood et cette toujours foutue pression sociale, personne ne te dit que tu as le droit d’avoir une sale gueule pendant trois semaines et de te balader en jogging partout où ça te chante. Personne ne me l’a dit, personne ne s’est même étonné que j’ai l’air tout à fait normale en soirée trois jours après l’accouchement (ah, le plaisir de n’avoir que des amis sans enfants), je me suis dit que cette souffrance était normale et je le paye encore maintenant.
Ma deuxième résolution (qui va avec la première) a été de perdre mes kilos en trop le plus vite possible. Au régime pendant la grossesse, conseillée par mes médecins et ma famille de ne pas prendre plus de 10 kg, a succédé le régime du post-partum. 1 à 2 repas en moins par jour et une surveillance permanente du moindre apport calorique pour arriver à ça : 7 mois et demi pour perdre 5 kg. Ces 5kg attachés à moi comme le trophée de ma féminité je les ai combattu férocement comme si ma vie en dépendait. Aujourd’hui alors que la bataille est presque gagnée, s’ajoute un fait qui ne va pas améliorer mon moral…
JE NE SERAIS PLUS JAMAIS COMME AVANT.
A trop voir Victoria Beckham et ses 42 kg toute mouillée après X grossesses et plus de 10 ans sur le devant de la scène (ou à coté du moins), on oublie que cette femme n’est pas humaine. Moi à 26 ans, après une grossesse de 8 mois et demi où j’ai pris 11kg alors que je suis au régime perpétuel depuis 1 an et demi, mes seins et mes hanches ont forci, mon ventre ressemble à un paton Francine (le fameux ventre « pâte à pizza ») et ma cellulite déborde de partout à un tel point que certaines positions me sont interdites en lumière directe sous peine de faire fondre les globes oculaires des éventuels spectateurs (aller à la plage ? Pfiouuu… peut-être dans 15 ans). Le 55kg pour un 1m60 est passé d’un bon 36 à un joli 38. Mais non pas sans douleur.
J’ai souvent des conversations avec des mamans amies, des femmes de ma famille qui doucement, comme honteuses, lèvent le voile sur une réalité que tout le monde occulte. Il m’a fallu 10 jours pour poser la main sur mon intimité meurtrie mais finalement j’ai vite retrouvé une sexualité normale. J’ai souffert et je me suis sentie humiliée pendant mes séances de rééducation périnéale et j’ai encore honte actuellement de mon corps. Je pense aux femmes qui, à cause d’une mauvaise épisiotomie, mettent des mois à se laisser toucher par leurs compagnons, celles qui prennent plus de 20 kg et qui voient leurs corps changer à jamais. Je pense à ce qu’on ne nous dit pas. Je pense à ce que certains voudraient voir.Et ne pas voir.
Aujourd’hui, quand je sors de chez moi, je suis maquillée, coiffée, je porte des vêtements sexy ou jolis à regarder et des chaussures pas confortables qui affinent ma silhouette. Aujourd’hui, je me rends compte que je ne le fais pas pour moi mais pour les autres. Parce que, à Paris en 2011 dans mon milieu socio-professionnel, avoir un enfant à 25 ans est un choix qui se revendique et s’assume, une exception. Parce que personne ne sera là pour me tenir dans ses bras ou me rendre un service si je craque, parce que tout le monde s’attend à ce que j’aie encore 25 ans psychologiquement et physiquement (merci la télé et les magazines). Et que tout les jours, des meufs parfaites, des trentenaires actives et épanouies (des connasses, oui) travaillent jusqu’au dernier jour de la grossesse pour reprendre le boulot après les 4 jours réglementaires (un congé maternité ? Très peu pour elles) avec la ligne de leur 18 ans.
Non, un bébé ne vomit pas et ne fait pas caca. Oui, le corps féminin bien entretenu peut avoir l’air d’avoir 14 ans pour toute la vie. Même après 4 enfants. Même si vous sortez tous les soirs en boîte.
C’est ça… on en reparlera plus tard, quand vous aurez sauté le pas.





j’avoue que le côté « tout va bien en société », tu l’as joué à merveille. les quelques fois où je t’ai croisé ces derniers mois, à peine cernée, bien fringuée et pas du genre à geindre. Du coup, c’est bête mais ne vient pas le questionnement « oh mais tu n’as pas changé » ou un truc du genre. c’était presque naturel. Sérieux. Soyons franc, on est carrément con de ne pas y songer, même sans avoir de mômes, on sait très bien ce que ça engendre.
Du coup, je te décerne le césar du meilleur espoir féminin (please ne fait pas de discours sur ta culotte porte bonheur). Promis, si un jour je fais un film avec des espions, je pense à toi. ;)
Le totalitarisme de l’image idéale véhiculée par les magazines féminins et la pub est un poison pour toutes les femmes, mamans ou pas… De surcroit, on fait croire aux femmes qu’elles ont des journées doubles… Je pense que cela va bp plus loin que la crainte du regard du compagnon, du mari, on est engluées ds une société païenne où le narcissisme est devenu une sorte de religion dont les nutritionnistes et les marchands sont les gourous. La plupart du temps, les hommes craquent pour une femme naturelle qui les émeut mais l’horreur de notre corps est devenue si obsédante qu’on s’en fiche ou presque… Ça ne suffit pas, comme on dit… Commentaire un peu long ms ce post me touche particulièrement, il faudrait lancer le droit à ne pas être sexy comme ds les pubs une fois par semaine, non? Genre la journée « moi, d’abord »…
Ton corps a changé, peut-être, mais en attendant, t’es toujours aussi bonnasse. Je suis heureux d’avoir signé pour une vie de 5 à 7 avec toi. Je kiffe ton boule (et le reste aussi).
Ton article est très touchant, plein de pudeur et de justesse…
C’est vrai qu’on change en devenant maman, et même si par chance tu arrives à perdre tous tes kilos rapidement (ce fut le cas pour moi), ton corps ne sort pas indemne d’une grossesse. A des échelles différentes, évidemment, mais on sent bien au fond de soi qu’on ne sera plus jamais la même ;)
Je crois néanmoins que la fierté d’être devenue maman et le fait que notre principal centre d’intérêt soit placé ailleurs que sur notre petite personne peut aider à chasser quelques complexes et se dire « je suis devenue comme ça, mais je suis maman… alors ? ».
Et ton mari t’aime toujours autant, c’est un signe :D
comme ton article résonne en moi…. enchainer 2 grossesses (mes enfants ont 21 mois d’écart), sans avoir tout perdu de la première, je me retrouve aujourd’hui avec 10 kilos de trop…. j’ai l’impression que jamais je n’y arriverais…
Mon ainé est rentré à l’école cette année… et ce qu’on ne nous dit pas non plus, c’est le diktat des mamans… si tu voyais comment chacune scrute l’autre devant le portail de l’école à 16h15…. pfff c’est juste démoralisant…
Et là d’un coup je songe à m’inscrire en salle de sport. Bah ouai, si on doit changer de corps lorsqu’on devient maman (ce qui me parait assez logique soit dit en passant), autant que je sois bonnasse avant.
Petite info comme ça : la mère d’un pote a été élue MILF de l’année par leur bande ; elle fait un bon 40. :)
Ben dites donc c’est la joie dans la famille on dirait.
T’es encore jeune et ne pas céder aux diktats qui sévissent : être belle jeune et mince toute sa vie n’est pas évident sans doute !
Tu analyses bien mais tu ne résouds pas la question qui est : pourquoi le regard qu’on pose sur toi est tellement important ? Il y a de très jolies chaussures plates élégantes et qui ne te bousillent pas le dos http://www.blogtendances.com/wp-content/uploads/2007/11/chaussure-crocs-croc.jpg
entre autre !!!
Et franchement prendre la Beckhy comme modèle…cette meuf est « juste trop » horrible ! Mais elle est maigre, il est vrai, on peut pas lui enlever ça !
Oh ! tu sais, tout va bien quand même. Rob le chat se porte comme un charme et le bébé aussi.
Quant à mon problème d’image, je l’assume. Sans faire de psychanalyse, il est évident que c’est plus compliqué pour moi d’assumer mon choix de changement de vie avec 5 (ou plus) kilos en trop à cause du regard de ceux que j’ai laissé derrière. Bien sûr, cependant, que leur avis ne compte pas. Mais… si c’était aussi simple…
La vérité c’est que même si je n’ai pas réussi à perdre mes kilos 6 ans après (il faut dire qu’après 40 ans c’est dix fois plus dur…) je l’accepte sûrement mieux aujourd’hui (avec des phases de hate myself) que je ne l’aurais accepté à 25 ans… Victoria Beckam c’est qu’une machine et je préfère un sourire rayonnant d’une femme en formes que sa face de morte vivante !
Toutes tes collègues qui attendent leur 35 ans pour faire le premier et le deuxième dans la foulée comprendront encore plus douloureusement le problème. Oui on change de vie, oui on ne pense plus a soi avant tout et c’est pénible, mais tout rentre dans l’ordre avec un peu de patience.
J’adore ce post. Vraiment. Je m’y retrouve completement, sauf que je ne me suis pas forcée à me rhabiller comme avant, de toute facon je ne pouvais plus. J’ai perdu le poids pris pendant ma grossesse au bout de 15 mois, le poids oui, mais pas les formes. Là j’attends le 2eme et j’angoisse sur mon physique (oui je sais c’et nul) mais je sais que je vais en chier.
Merci pour cet article, ca fait du bien de ne pas se sentir seule et c’est très bien écrit.
Merci pour les compliments, ça me touche beaucoup. Pour la deuxième grossesse, je te comprends. Je suis moi-même déjà un peu en train de penser à la deuxième et je crois que ce que j’ai gardé de la première c’est le ras le bol. Je veux dire par là que je me suis trop privée, je n’ai pas profité. Et après pareil. Donc si comme moi, tu as souffert la première fois (des modifications de ton corps, de ton image), fais moi et fais toi plaisir, lâche du lest cette fois ci. Je te parle pas de prendre 40 kilos mais de t’écouter un peu, ça fait du bien aussi.
Et pour les conséquences… hum… tu sais, foutu pour foutu… ;-)
P… ça fout les boules … J’ai pris 4 kg en 1.5an, je ne suis pas enceinte mais quand je le serai … j’ai déjà peur !
En tout cas, bravo !
Maman à 26 ans, avec un homme qui t’aime et tout et tout, c’est beau de nos jours :)
J’ai pris plus de 20 kilos à ma première grossesse, tous partis sans le moindre régime, sans sport ni rien de ce genre, seulement en plusieurs mois d’allaitement ; à 10 mois d’allaitement je pesais 2 kilos de moins qu’avant la grossesse (et je n’étais pas du tout en surpoids avant la grossesse).
Je suis tombée sur ton blog il y a deux jours et depuis je le « feuillette ». Cet article me fait du bien, j’ai accouché il y a deux mois et j’ai du mal à me réapprivoiser avec mes 5 kilos en plus.
Lire ta solitude parce que tu restes à la maison pour t’occuper de Mia et parler de ses couches lavables, ça m revoies à mon quotidien. Je me sens moins seule dans les petites galeres quotidiennes, ça fait du bien :)