
Hier, dimanche 16 octobre donc, s’est tenu au Parc des Buttes Chaumont un événement qui me tenait particulièrement à cœur : La marche des bébés. Cette marche, organisée par et pour l’association PremUp s’est accompagnée d’une grande vague de dons (410 000 euros) pour la recherche sur la prématurité et la grossesse. Avant de nous raconter notre journée, laissez moi vous étaler un peu quelques chiffres et informations importantes.
La prématurité en France c’est 55 000 nouveau-nés par an (un chiffre qui a grossit de 15% en 10 ans) et 2 250 décès chaque année. La prématurité est aussi la première cause de handicap à la naissance. L’association PremUp se déploie donc autour de grandes (et belles) idées, leur but étant de protéger la santé de la femme enceinte et de prévenir la prématurité en décryptant les mécanismes de la grossesse et de protéger le nouveau-né prématuré en détectant principalement les lésions cérébrales et pulmonaires.
Vous pouvez vous renseigner sur cette association d’utilité publique ici ou directement envoyer vos dons au Service Relations Donateurs, Sophie Laurent, 4 avenue de l’Observatoire 75006 Paris… Croyez moi, votre argent sera bien utilisé.
La prématurité de mon bébé, je l’ai touché du doigt. Allongée pendant presque 2 mois pour éviter l’accouchement prématuré, la vie et la santé de mon bébé ont été ma SEULE et unique préoccupation pendant les longues heures à attendre qu’elle soit enfin viable. Chaque semaine, chaque jour, était barré dans le calendrier par mon médecin et ma sage-femme comme des semaines et des jours de victoire. Et enfin, après beaucoup de repos et un assez lourd traitement, ma fille est sortie de son nid 8 mois et 1 semaine après sa conception. Quelques jours après sa naissance, le fantôme de la prématurité a de nouveau fait surface. Suite à une infection, ma fille a été hospitalisé en service de néonatalogie et c’est entourée de petits bébés (de tout petits bébés) qu’elle a partagé ses 7 premiers jours de vie. Ma fille, petite pour un bébé classique, n’a jamais eu l’air aussi géante et autant en bonne santé (malgré les tubes et les fils qui la reliait à ces atroces machines à bip) et j’ai souffert d’autant plus pour les parents qui passent et passeront plus de 7 jours en ces murs.
Voilà donc pourquoi, la marche des bébés je ne pouvais pas la louper. Même un dimanche matin avec un rendez-vous à 8h30, même avec une demi-finale de la coupe du monde de rugby à la télé (je parle pour le papa de Mia), même si rien ne m’aurait fait plus plaisir qu’une grasse matinée et un croissant au beurre bien luisant.
8h30, réveil de la famille (oui, on a décidé de sciemment arriver en retard), le départ de la maison est prévu pour 9h30. Heureusement que les Buttes Chaumont sont à 5 minutes de l’appartement. Avec les yeux qui collent et la fatigue encore imprégnée sur le visage, la motivation n’est pas au rendez-vous. Dehors, Thomas s’étonne qu’il y ai quelques silhouettes hagardes, il est 9h30 et le froid attaque déjà les multiples couches de vêtements que nous avons eu le bon goût de revêtir. Arrivés au parc, le son d’un mégaphone agressif et la voix d’un animateur (mi boîte de nuit de province, mi camelot de supermarché) nous signale le point de ralliement autant qu’il nous donne envie de déguerpir. Il faut dire aussi qu’on est encore complètement décalqués et qu’aucun de nous deux n’a pensé à remplir une flasque pour se donner du courage.

Un village entier a été dressé dans le parc et c’est dans une ambiance de kermesse (ballon et hystérie collective) que nous pénétrons dans les lieux. Je suis vite à la recherche de mes copines (Marjoliemaman, MèreBordel, et Soprovicious et je fais la connaissance au passage des adorables Madameparle et Monblogdemaman… ainsi que de Marion) puis de mon dossard (le 53) et je laisse Thomas et le bébé grommeler dans un coin. Un coin éloigné de mamans bien sûr… car ces deux là peuvent mordre. Quand le speaker s’arrête de hurler des banalités au micro c’est une fanfare qui prend le relais .. puis une coach qui pendant 10 minutes fera faire à une foule bizarrement très motivée des mouvements aussi joyeux que désordonnés. Nous décidons de faire grève de cette partie et puis de s’échauffer pendant l’épreuve ce qui est tout de même plus logique.

Avec un peu de retard, la bande se met en branle. 2 poussettes (donc 3 enfants…) , 1 papa et 7 mamans, quelle belle équipe recomposée que la nôtre qui converse dans la bonne humeur de tout et de rien, de prématurité aussi, de nos expériences, de femmes et de mamans. Thomas se déride et découvre en fait que les mamans présentes dans notre team sont loin d’être les mamans professionnelles qui l’agacent tellement (vous savez, celles qui savent tout faire, le font et ont un avis sur tout). Ce sont en fait des mamans normales, de chouettes mamans.
Je ne sais pas comment on s’est toutes débrouillées mais prises par nos conversations, nous avons pris l’allée finale à l’envers. Pas d’importance puisque de toute façon, les 4km ont été parcourus. Et que nous étions environ 500. Les chiffres résonnent pour l’association comme pour les participants comme de belles victoires, la promesse de beaux jours pour la recherche et pour cette marche (peut-être la première d’une longue série). Les mamans et les enfants, et Thomas, ont fini la matinée à mâcher du pain d’épice, à échanger des contacts et à se promettre de se revoir vite. Pressés par l’estomac de Mia, nous avons loupé la montée de podium de Marjoliemaman mais aussi celle de Gilbert Montagné… mais nous nous sommes rattrapés en engouffrant des burgers et un petit pot de couscous pour Mia.
Je tiens à remercier particulièrement les donateurs de ma page de don. La famille, les amis de la famille et l’entreprise Néodyme dont la générosité m’ont beaucoup touchée. Votre geste vous vaudra à coup sûr un retour de karma, en tout cas je vous le souhaite vraiment. Je remercie aussi les mamans présentes et que je ne vois pas assez souvent, Mia pour sa patience et Thomas parce que sa présence en tant que rare papa est bien la preuve que de son engagement. La combinaison de tous vos dons, celui de votre présence en pensée ou en acte, a fait de cette marche la réussite que l’on sait maintenant et personnellement, m’a fait tourner la page sur mon traumatisme personnel lié à la prématurité. Car si il y a bien un moyen de mieux le vivre, c’est de s’engager. Merci à tous.

Chroniques d’une mère indigne
Basée sur les célèbres Chroniques d’une mère indigne, le blog de Caroline Allard, la BD de Sophie de Villenoisy et de Anne-Olivia Messana est un condensé de maternité échevelée, de gentilles mesquineries et de fraîcheur enfantine (oui, c’est comme ça qu’on appelle aussi les petites réflexions qui foutent la honte devant des inconnus ou dans les lieux publics). Dans le fond, on sent de vraies anecdotes qui sentent le vécu, les heures de procrastination à cause de l’épuisement et les autres à courir dans tous les sens. Avec ses deux filles, elle cherche autant à réussir l’éducation de ses enfants qu’à ne pas oublier sa féminité et son humanité sans être une wonderwoman et surtout sans une éclatante réussite. Car ce personnage de maman est avant tout une looseuse et c’est la raison principale de son coefficient sympathie.
La couverture, par ailleurs beaucoup plus fluo dans la vraie vie (ma fille a scotché dessus de longues minutes me permettant de finir de laisser sécher une manucure – on notera le double emploi), m’a d’ailleurs étrangement rappelé l’affiche de Mais comment font les femmes, sorti récemment au cinéma. Si vous vous rappelez de mon avis sur ce film, sachez que Chroniques d’une mère indigne développe tout à fait des idées inverses et ne peut donc pas être plus en phase avec la maternité d’aujourd’hui. Celle que je vis, d’abord mais aussi celle que j’imagine que vous vivez (ou vivrez si vous ne vous y êtes pas encore mises). Une maternité faîte de tâtonnements, de concessions, de doutes et de moments pas super glorieux en échange de quelques moments de grands bonheurs ou de supers fou-rires.
Un bémol ? Peut-être pour la volonté de découpage en gags de ces anecdotes du quotidien qui, malgré leurs saveurs, ont parfois des chutes assez faibles (voire inexistantes). C’est en tout cas l’avis de monsieur Le papa de Mia, qui n’est ni une mère ni indigne (et qui est toujours offusqué quand les pères n’ont pas la part belle dans les publications sur la parentalité). Mais n’oublions pas que Chroniques d’une mère indigne, aussi réaliste soit-il, est avant tout un divertissement et c’est donc à ce titre que vous ne devez pas hésiter à l’offrir à vos copines actuellement en galère maternelle ou à vous le faire offrir, pourquoi pas, il n’y a jamais de mal à se faire du bien.
Chroniques d’une mère indigne aux Editions Jungle, 12 euros.