Rester une femme

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Depuis que la première grossesse, mes seins n’ont fait que changer. De forme, de taille, de texture, de couleur. Un vrai festival. Et une acclimatation pas toujours facile ni possible. J’ai appris à vivre avec des parties de moi en mutation, comme si mes évolutions intellectuelles et sentimentales avaient une incidence directe sur mes formes. Une incidence en temps réel.

Après l’accouchement d’Adam, comme j’avais décidé d’allaiter, j’ai découvert sur 3 jours la montée de lait et mes seins sont passés d’un bon 90C à un énorme 90F. Je me suis réveillée un matin comme ces femmes qui se font opérer de la poitrine, avec une douleur insupportable aux aisselles et aux seins, et des obus à la place de ceux-ci. Des masses veineuses douloureuses que rien, à part les couches pour bébé mouillées et passées au congélateur, ne semblait soulager.

Ces seins que j’avais toujours aimés, j’ai appris à les détester. À ne pas savoir quoi en faire, à ne pas aimer la silhouette qu’ils me faisaient et le regard des autres sur moi.

Après tout ça, mes seins ont une nouvelle fois changé. Ils sont devenus plus moelleux (heureusement, ils tiennent encore) et moins réguliers. J’ai désormais des seins de maman.

Ils ont retrouvé leur taille originelle mais leur forme et leur texture m’empêche de les mouler confortablement et aussi souvent que je voudrais dans de la lingerie fine. Je ne suis plus à l’aise avec tout. Et maintenant j’aime être à l’aise, avant tout.

Pour me sentir quand même un peu sexy, je joue sur des détails, je maximise mes effets et surtout, comme je peux encore me le permettre, je ne mets pas toujours de soutien-gorge. Parce que j’aime la liberté que ça me procure et que, couplé avec un vêtement adéquat, ça peut se révéler assez séduisant. Je fantasme toujours aussi un peu sur le site Orcanta, pas encore désespérée de trouver un jour le temps et la motivation pour ne plus m’habiller qu’en fonctionnel.

Le plus compliqué avec ces histoires de seins, c’est de rester une femme. La femme que je suis et celle que je veux être. J’ai passé des années sans questionner mon physique et je me suis retrouvée du jour au lendemain à avoir les facultés d’un Barbapapa. Enfin, aujourd’hui, mon état se stabilise. J’apprends à aimer de nouveau mon corps, ou à aimer tout court mon nouveau corps. Je pense que je vais bientôt me faire prendre les mesures histoire de savoir vraiment où j’en suis. J’ai changé, c’est indéniable. Peut-être que je suis tout simplement devenue une femme et que j’ai compris la valeur que ça avait (et le prix à payer). En tout cas, je vais tout faire pour assumer et le rester.

2 réflexions sur “Rester une femme

  1. MamLucile dit :

    Et c’est sans compter sur les vergetures, les hanches élargies et le ventre qui ne sait redevenir aussi plat.
    Mais comme tu le dis on s’y habitue et nos loulous le valent bien ;)

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