Le temps d’un bivouac avec Daniel Fiévet sur France Inter

 

Ma bibliothèque est peuplée des ouvrages de Jack London, de Richard Burton ou d’Alexandra David-Néel. Mes rêves sont habités par les exploits de Roald Amundsen, de Percy Fawcett, d’Ernest Shackelton ou de Jane Delafoy. Des hommes et des femmes qui sont partis à la découverte d’un ailleurs insoupçonné, fantasmé, espéré. Ils sont allés au bout du monde et d’eux-mêmes pour trouver la source d’un fleuve, gravir un sommet légendaire ou dans l’espoir d’être celui dont l’empreinte demeurerait à jamais comme la première a avoir foulé les neiges du pôle. Ils sont aussi scientifiques, écrivains, photographes, documentaristes et le récit de leurs voyages et découvertes est une source inépuisable d’émerveillement et de fascination.

L’été dernier j’ai découvert sur France Inter l’émission de Daniel Fiévet Le temps d’un bivouac. Une émission qui donne la parole aux explorateurs d’aujourd’hui. Ceux d’hier ne sont jamais bien loin, notamment à travers des sons extraits des archives de l’ina. Pendant une heure, en direct, ils répondent aux questions de Daniel Fiévet comme on raconte une histoire. Ils prennent le temps et, chose rare, le temps leur est donné pour dire leurs découvertes, leurs remises en question, les difficultés de ces expéditions au long cours mais aussi les liens qu’ils ont tissé et ce qui les a poussé, un jour, à partir.

Cet été il a été question d’Antarctique, d’Egypte, de sonde spatiale, de café, de plongées dantesques ou de grottes préhistoriques. Il y eut aussi les peuples autochtones, les parfums, les forêts ou bien la Corée du nord. Balayer notre planète et les confins de l’univers, en refusant de s’imposer des limites et à la lumière de témoignages passionnants, c’est l’essence même du temps d’un bivouac. Avec l’arrivée du mois de juillet j’ai retrouvé mes habitudes. Sur le chemin du retour, après le travail, j’ai suspendu mes lectures et ouvert grand mes oreilles. Ici j’ai appris que la plus grande forêt du monde n’est pas la forêt amazonienne mais la forêt boréale, ruban continu de plus d’un milliard d’hectares le long du cercle polaire. J’ai entendu Sylvain Tesson dire que voyager c’est donner du pays à voir à son ennui. J’ai appris aussi, grâce aux alpinistes du GMHM (groupe militaire de haute montagne), qu’entre l’engagement et l’exposition mieux valait choisir l’engagement, même sur la cordillère de Darwin. Certaines émissions m’ont émue ou étonnée. Toutes m’ont donné envie d’écouter la suivante et surtout, pour reprendre les mots de Nicolas Bouvier, de « repartir ».

Daniel Fiévet a, avec beaucoup de gentillesse et de disponibilité, accepté de répondre à quelques questions. Qu’il en soit ici chaleureusement remercié.

– Êtes-vous un grand voyageur ?

J’ai eu la chance de faire quelques beaux voyages qui m’ont marqué mais comparé aux aventuriers, explorateurs et autres baroudeurs que je reçois dans le Temps d’un Bivouac je suis loin d’être un grand voyageur. L’un des voyages qui m’a le plus marqué est celui que j’ai fait aux îles Marquises. J’étais parti là-bas pour une série de reportages pour la tête au carré (l’émission scientifique de France Inter). Je n’y suis resté que quelques jours mais pendant toute la durée de mon séjour j’étais accompagné par un archéologue, Pierre Ottino. Il vivait sur place et m’a hébergé chez lui. Il connaissait parfaitement l’archipel et ses habitants. Grâce à lui j’ai fait de très belles rencontres. C’était bien mieux qu’un voyage touristique.

– Quand et comment vous est venue l’idée de cette émission ?

Je suis de formation scientifique. J’ai eu l’occasion d’interviewer, pour la radio notamment, bon nombre de chercheurs. Certains d’entre eux m’ont raconté des expéditions qu’ils avaient menées sur le terrain. Un astronaute m’a raconté, des étoiles plein les yeux, le décollage de la fusée qui l’emmenait à bord de la station spatiale internationale. Un océanologue m’a décrit les plongées qu’il avait faites à bord d’un sous-marin dans les grandes profondeurs, un glaciologue m’a expliqué ses expéditions par – 80°C au beau milieu de l’Antarctique… Ces récits m’ont beaucoup plu. J’ai trouvé que c’était un excellent moyen d’éveiller la curiosité des gens et de faire passer la passion qui anime les chercheurs. C’est ce qui m’a amené à proposer à France Inter une émission sur le voyage et l’exploration. De fil en aiguille cette émission s’est ouverte à toutes sortes de voyageurs et pas seulement les scientifiques. Nous avons aussi reçu des photographes, des écrivains, des documentaristes, des journalistes… Bref comme souvent quand on voyage on sait d’où l’on part mais on ne sait pas forcément ce que l’on trouvera à l’arrivée.

– Comment préparez-vous vos émissions ?

Parfois nous avons envie de traiter un thème et nous cherchons LA personne qui pourrait nous en parler. D’autres fois c’est la personnalité ou le parcours d’une personne qui nous donne envie de l’inviter. Tout au long de l’année j’ai noté des noms, des lieux ou des thèmes au grès de mes rencontres et de mes lectures. Début juin l’équipe du temps d’un bivouac a commencé à travailler. Une fois les sujets choisis et les invités contactés, nous nous mettons à la préparation du contenu des émissions. Nous nous aidons des livres ou des films de nos invités (lorsqu’ils en ont fait). Quelques jours avant l’émission les attachés de production, Hugo Struna et Sylvain Guilbaud téléphonent aux invités pour préparer l’interview. Avec l’aide de nos deux stagiaires Claire et Josepha, ils recherchent des sons qui permettraient d’illustrer l’émission. La veille de chaque émission nous écoutons tous les sons qu’ils ont glanés. Nous sélectionnons ceux qui nous semblent les plus intéressants. A partir de cette matière brute, le lendemain matin la réalisatrice (Marie en juillet et Marie-Hélène en août) fait un gros travail de montage et d’habillage sonore pour l’émission du soir. C’est donc à chaque fois une petite course contre la montre et un joli travail d’équipe.

Pour les interviews à l’autre bout du monde en direct, c’est souvent assez rock’n roll en coulisse. Pas évident de joindre ces aventuriers qui se trouvent réellement en expédition à l’autre bout de la planète. La facture de téléphone que nous laisserons à France Inter risque d’être salée. Un peu comme pour les invités de l’émission c’est par relation ou en enquêtant que nous parvenons à entrer en contact avec eux.

– C’est le deuxième été que « Le temps d’un bivouac » a lieu. Quelle a été la rencontre la plus marquante pour vous ?

Impossible pour moi de ne mentionner qu’une seule rencontre. La plupart des invités que nous avons reçus m’ont plu, pour des raisons différentes. Certains m’ont impressionné, d’autres m’ont ému ou amusé. Beaucoup de noms me reviennent en tête.

– Quel est le grand explorateur (mort, vivant, imaginaire) que vous aimeriez interviewer ?

Charles Darwin pour son voyage à bord du Beagle qui lui a permis au fil de ses observations de mettre au point la théorie de l’évolution. Mais tant qu’à rêver pourquoi se limiter à un seul nom? Alors j’en ajoute quelques autres : Antoine de Saint Exupéry, Neil Armstrong, Christophe Colomb, et il y en aurait encore d’autres…

La grille d’été de France Inter prend fin aujourd’hui. Le temps d’un Bivouac fait son paquetage mais ne manquez pas la dernière émission de la saison à 17H00. Vous pouvez également consulter le site de l’émission ainsi que sa page Facebook et surtout réécouter en ligne ou podcaster les émissions.

2 réflexions sur “Le temps d’un bivouac avec Daniel Fiévet sur France Inter

  1. mentalo dit :

    Restée à quai cet été, qu’il a été bon de voyager par procuration avec cette émission! La plupart des invités m’ont impressionnée, j’ai beaucoup d’admiration pour ces petits et grands explorateurs.

    • Esther dit :

      C’est vraiment une superbe émission. Elle va me manquer dans la grisaille de la rentrée !
      Merci de ton commentaire :-)

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