Et puis il y a eu la Bretagne

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Et puis il y a eu la Bretagne. Et la maison aux murs fissurés engloutis par le lierre. J’aime ces fissures. Je les ai regardées longtemps, avec l’air concentré qui me creuse le front et me plisse les yeux. J’ai cru y voir la preuve d’un mouvement juste perceptible. Un mouvement que rien ne peut empêcher, pas même les murs de pierres construits par l’homme. Comme les vagues ou la course des nuages.

29 ans sans avoir jamais mis les pieds en Bretagne. À regarder d’un air soupçonneux une certaine forme de régionalisme fanatique entre terrorisme gentillet et fiers autocollants de voiture. Je ne veux pas croire que tous ceux qui abordent le « à l’aise breizh » sont bretons.

Et me voilà aujourd’hui, à tomber amoureuse de la lumière (peut-être la même que dans mes souvenirs d’Écosse ou d’Irlande), de la nature qui colonise tout, d’une étoile filante sur le chemin dans la nuit noire après une pinte de Guinness dans un pub de bikers qui ne sert que des habitués.

Je regarde longtemps la carte des alentours qui trône dans le salon de la maison « exactement sur le même modèle que celle d’Abraracourcix ». Nous sommes sur une presqu’île, il y a des îles autour, la mer que je ne vois pas de la fenêtre, qui semble si loin et qui, pourtant, boucle mes cheveux. Il y a ces noms qui laissent rêveuse et puis ces points sur la carte où j’imagine qu’il se cache de vrais décors de cinéma.

Je me sens si loin. Plus proche de moi. Ils me manquent mais je suis désormais habituée à vivre avec un manque dans mon coeur.

Je suis loin et c’est le début des vacances.

Une réflexion sur “Et puis il y a eu la Bretagne

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