Lectures du mois de février

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 Un mois court et une pile de livres à lire qui s’allonge, s’allonge, s’allonge. Pour que ça reste un plaisir et prendre réellement le temps de profiter de mes lectures, je me cantonne à 4 livres par mois. Mais la vérité c’est que la pile pour le mois suivant en compte déjà 5 ou 6. Comme pour tout, cette activité prend des allures boulimiques. Et j’aimerais avoir, au quotidien, plus de temps pour déconnecter mais c’est de de plus en plus difficile. Je me donne donc le chiffre 4, comme une obligation et canaliser à la fois les impératifs du quotidien et mes envies.

Terrence Malick et l’Amérique par Alexandre Mathis – Ce livre est un particulier pour moi. C’est le premier livre des éditions Playlist Society. Édité, donc, par un ami et écrit par un ami. Des gens bien qui croient encore au papier et à la critique, à la puissance et à l’intérêt de l’essai. Mais, en tant que critique de cinéma, je n’aime aucun des films de Terrence Malick que j’ai pu voir. C’est un langage qui ne me parle pas. C’est comme ça. Pourtant, je me passionne toujours sur ce que ces films disent sur leur auteur et la société dont ils sont issus. C’est ce Terrence Malick et cette Amérique dont parle avec délicatesse et sensibilité Alexandre Mathis. Et il ouvre des portes de compréhension pour un futur visionnage, a même crée chez moi l’envie de revoir certains films. C’est le véritable sens aujourd’hui des textes théoriques sur le cinéma, apporter des clés de compréhension et donner envie. En ce sens, c’est un livre très réussi. Et le travail d’édition qui a été fait par l’équipe est exemplaire, les amoureux du papier (comme moi) apprécieront.

La condition pavillonnaire de Sophie Divry – Je dois cette lecture à Sabrina et Alexandra (et donc je les remercie vivement). Il y a comme un air de La vie domestique dans cette condition pavillonnaire. Malgré le décalage de génération évident, on retrouve les mêmes rêves déçus, les mêmes angoisses, le même étouffement dans un supposé confort matériel. Et puis ce sont des voix et des regards de femmes. Et ça, ça compte. Je dois confesser que c’est une peur que j’ai, celle de regarder un jour en arrière et de m’y voir écrasée dans une zone de confort, sans but que de survivre dans cette zone. Je me plains souvent de la précarité de mon statut, du stress et de la fatigue, des détails qui ne vont pas et font de mon quotidien une mécanique rouillée qu’il faut forcer sans arrêt. Mais je chéris aussi cette particularité qui, en me faisant prendre le risque de tomber si bas, me donne aussi l’opportunité de monter si haut. Pour l’instant, j’échappe à cette condition pavillonnaire. Elle est encore loin. Et ne pas oublier qu’elle existe, par le biais du roman de Sophie Divry, me conforte dans mes choix. J’imagine que certains n’y voient pas le drame qui me terrorise. En tout cas, avec ces mots, le drame est total autant qu’il est brillamment dépeint.

Calibre 45 de Martin Malharro – Je me suis mise à lire des polars argentins. Je ne sais pas pourquoi, c’est venu comme ça. Moi qui ne parle pas espagnol, qui n’ai pas de sympathie particulière pour le cinéma de ce pays, j’ai commencé à m’intéresser à sa littérature. J’ai trouvé du sens à Buenos Aires, une résonance particulière à sa musique qui me fait commencer à l’aimer. Et pour m’aider, j’ai la chance d’avoir le très sérieux travail de l’éditeur La dernière goutte. Rien de ce que j’ai lu de leur catalogue ne m’a déçue à ce jour. Calibre 45 est un roman noir, classique dans sa construction et pourtant riche. Riche de son décor argentin et de son contexte historico-politique. C’est un roman à déguster entre chien et loup. J’ai essayé de définir plus longuement les sentiments qu’il a généré chez moi sur Playlist Society. Et j’ai pris plaisir à mettre des mots sur cette lecture, autant qu’à suivre l’enquête et puis tomber doucement amoureuse de Mariani. Avoir envie, goutte après goutte, mot après mot, de mettre enfin les pieds à Buenos Aires.

Mr Mercedes de Stephen King – C’est une histoire qui dure. De mes premières lectures choisies, empruntées à la bibliothèque municipale, des exemplaires épais comme des dictionnaires avec leurs grosses couvertures cartonnées et plastifiées, aux romans que je garde précieusement dans mes étagères, malgré les déménagements (La petite fille qui aimait Tom Gordon, Rose Madder), je ne rate jamais un Stephen King. Celui-ci est le commencement d’une série (second volume à sortir début juin). Et ce que j’aime avec Stephen King, une nouvelle fois encore avec Mr Mercedes, c’est que je ne suis jamais perdue. Il raconte le monde dans lequel nous vivons, des personnages qui font partie de l’air du temps. C’est une plongée aussi glaçante qu’enivrante. Les dernières lignes du roman laissent le duel en suspens, j’attends, avec impatience, la suite.

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