29 semaines d’aménorrhée

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 On y est : la première étape. Celle qui me permet d’être sûre que, quoi qu’il arrive, je vais enfin accoucher dans l’hôpital que j’ai choisi. Cette grossesse est compliquée. Beaucoup moins, bien sûr, que d’autres médicalement (oui, je n’arrive toujours pas à me tenir éloignée des forums de mamans) mais très sérieusement à titre personnel. Je n’arrive pas à m’arrêter, je suis épuisée par les petites tâches de la vie qui s’imposent, essoufflée par les enfants qui, à raison, en demandent beaucoup.

Puisqu’il faut s’organiser, nous avons mis en place avec Thomas un système de listes via une application mobile (wunderlist pour ceux que ça intéresse). Il y a la liste de courses, la liste des achats pour le bébé, la liste des choses à faire ce mois-ci, la liste de la valise de maternité. Chacun de notre coté, nous cochons des cases. Mes sorties, aussi, sont maintenant réglées comme du papier à musique. Une organisation militaire me permet d’en faire le moins possible (le problème n’étant pas tellement le fait de prendre l’air que celui de devoir porter mon fils). Mais j’en fais toujours trop.

Chaque semaine, je vois mon corps ne plus supporter la moindre charge physique ou émotionnelle. Chaque action se paye. Il y a donc les contractions de la journée, légères et monotones. Et puis les contractions du soir, qui me font me tordre de douleur dans le lit ou sur le canapé pendant de longues minutes. À 29 semaines, j’en appelle déjà à mes connaissances en matière de respiration et de chants prénataux (oui, c’est ridicule… mais ça marche). J’attends le signal qui, clairement, m’annoncera le point de non retour.

De son coté, ma fille se porte comme un charme. Avec la délicatesse d’une bucheronne, elle rappelle sa présence à intervalles réguliers (et maintenant parfois toute la nuit). Je sais qu’elle va bien. C’est la seule constante, le seul rempart à mon inquiétude (et qui peut parfois me faire passer pour plus légère que je ne suis). Sa force me rassure, je sais qu’elle s’étoffe. Sa vitalité n’est pas un signe de détresse. Contrairement à moi, elle n’a pas peur.

La maison est devenue en quelque sorte ma prison. Les quelques sorties qui me sont autorisées (en grande majorité par la force des choses) le sont sur un périmètre restreint et je ne me défais pas de l’impression désagréable de porter de bracelet électronique. Je n’avais pas une totale conscience de l’importance de mes déplacements à Paris ou ailleurs. Je sais maintenant qu’ils sont mon oxygène. J’ai besoin d’être libre. Et je n’arrive surtout pas à ne rien faire (une phrase à laquelle je m’entends souvent répondre : « tu ne fais pas rien, tu couves »). Plus que tout ça, je crois que c’est le fait d’être astreinte aux limites de mon corps qui me désole. Ce sentiment, qui a été très fort pendant l’allaitement, de ne devoir plus que me focaliser sur des fonctions primaires et animales, sans marge de manoeuvre, sans négociation ni triche possible, je ne le supporte pas.

Mais je vais trouver le courage : dans un mois pile, on étend mon périmètre. Dans un mois, le sage-femme (d’une grande aide, vraiment) arrête ses visites à domicile.  Dans un mois, c’est à l’hôpital que je ferais mes derniers rendez-vous (anesthésiste, vidéo d’information sur tout et rien, consultations) avant la grande rencontre. Plus qu’un mois à tenir dans ces conditions (plus un mois supplémentaire, mais plus cool, pour assurer le coup)… J’y pense chaque jour tandis que l’espoir grandit d’avoir un bébé en parfaite santé.

4 réflexions sur “29 semaines d’aménorrhée

  1. Lorelei dit :

    Prends bien soin de toi surtout! Je sais comme c’est difficile de se sentir prisonnière de son canapé, je l’ai été pour mes deux grossesses pendant quelques semaines
    Courage et bisous

  2. P'tite Poulette dit :

    Je me retrouve dans tes mots… (actuellement hospitalisée depuis 15 jours, je suis à 33 sa + 2) et l’unique mot d’ordre est : alitement. Pour une hyper active, je ronge mon frein. Mais marche à la méthode Coué : « bientôt, tout ça ne sera plus qu’un lointain souvenir ». Courage ma jolie. P’tite POULETTE

  3. Anne dit :

    J’ai connu 1 mois d’alitement (dont 2 semaines en maternité) à 7 mois de grossesse et je me retrouve aussi dans tes mots, la maison prison, le besoin de liberté, aussi ressenti pour ma part dans l’allaitement… Courage !

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