34 semaines d’aménorrhée

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Cette semaine, c’est un craquage. J’ai craqué dans mon bain (l’un des trois endroits de la maison où je passe mes journée) après une série de tweets sur le suivi aux femmes enceintes et surtout cette question : « Est-ce naturel de payer des gens pour nous soutenir moralement et physiquement pendant et après la grossesse (alors qu’on devrait avoir des proches pour le faire) ? ».

Les larmes ont coulé toutes seules alors que ça ne me ressemble pas. J’ai envie de croire que c’est l’accumulation de la fatigue, de la douleur, de la peur et des hormones qui ont provoqué cette petite montée de déprime. Il faut dire aussi que j’ai l’impression d’être loin et seule depuis plus de 2 mois, loin de ma vie, de mes amis. J’ai honte de dire que je suis seule. Thomas est un père et un conjoint présent,  ma belle-mère emmène les enfants à l’école le mercredi pour me décharger et il n’est jamais impossible de demander une garde exceptionnelle si les circonstances l’imposent, j’ai mon sage-femme qui me rend visite chaque semaine pour les examens de routine. Techniquement, je vois des gens.

Mais cette semaine, j’avais envie de voir ma mère pour discuter des heures ailleurs qu’au téléphone et puis de passer du temps en cuisine avec mon père. J’avais envie de ma famille qui est si loin et à qui j’aimerais parfois pouvoir demander des services aussi. Je voudrais autre chose que ce coup de fil hebdomadaire pour échanger des nouvelles chiffrées et des futilités. Et je n’ai personne d’autre que moi à qui le reprocher.

Je paye aujourd’hui (mais j’ai le souvenir d’en avoir souffert aussi lors des précédentes grossesses) mon indépendance. J’ai appris avec les années à ne demander que le minimum vital, à ne dépendre de personne. Et je me rends compte que je n’ai maintenant pas tellement d’opportunité de me laisser aller.

Alors, dans cette baignoire, « je veux ma maman » c’était la somme de tous ces regrets, de cette distance, de ce que je suis. Je suis celle qui se débrouille seule. Et parfois, sans surprise, ça me pèse.

5 réflexions sur “34 semaines d’aménorrhée

  1. Carolina dit :

    Je compatis ! Je vis à des milliers de kilomètres de ma famille et même si mon mari est très investi dans cette grossesse par moments je me sens seule et j’aimerais avoir ma maman « à portée de main »… Des fois je me dis que c’est bête et enfantin mais bon…
    Bon courage!

  2. Cé. dit :

    C’est quand-même une sacré période, la grossesse… Outre le chamboulement normal que représente l’arrivée d’un nouveau bébé, il faut que les hormones s’en mêlent, puis la fatigue et bien souvent les douleurs en effet :( C’est vrai que si il y a un moment ou on aurait besoin d’être dorlotée comme si c’était nous, le bébé, c’est celui-là… Courage Lucile, on ne se connaît pas mais ton récit m’a émue.

  3. Amandine dit :

    Je comprend parfaitement ton ressentit! Mes parents vivent à Paris et moi je suis loin d’eux. Je n’ai vu mes parents qu’une seule fois durant ma grossesse, à 6 semaines pour être exact. Je venais tout juste de l’apprendre! C’est très difficile, surtout lorsqu’on est une fille et que l’on est proche de sa mère. J’ai trouvée cette situation très difficile à vivre et personne ne pouvait comprendre ni même m’apporter une solution. C’est dur et rien n’y changera. Je te souhaite vraiment de passer ce coup de déprime et tes jours à venir seront plus facile à vivre. Rien ne vaut une maman, surtout lorsque l’on le devient soit-même!
    Bises à toi.

  4. Lucile dit :

    Decidement cette derniere grossesse me semble etre bien dure et eprouvante pour toi. Je suis cette aventure a chacun de tes articles et a chaque fois je suis terriblement touchee et emue par ce que tu vis. Je n’ai (pour le moment) vecu qu’une grossesse. Et elle fut ce qu’il y a de plus « normal ». Mais malgré tout je sais ce que c’est que de se sentir seule lorsque toute sa vie on n’a jamais rien demandé a personne et qie sa famille est loin. Courage, le plus beau reste a venir.

  5. Isabelle de Guinzan dit :

    Je comprends parfaitement ce que tu veux dire. Ma grossesse se passe bien, je ne peux pas dire que je ne suis pas entourée, et pourtant j’ai aussi ce sentiment de solitude, le prix sans doute pour moi aussi d’une indépendance que j’ai voulue à tout prix.

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