Lost In Barcelona

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Cet été pour mon anniversaire, mon amoureux m’a offert un très chouette cadeau : un voyage à Barcelone. Moi qui rêvais depuis des années de visiter la capitale catalane… Petit hic lorsque j’ai découvert qu’il m’offrait ce voyage sans lui.

A cause de mon TPB, je suis pétrie d’angoisse à l’idée d’être seule. Mais devoir repousser mes limites fait aussi partie de ma thérapie, me pousser dans mes retranchements, me tester, m’obliger à sortir de ma zone de confort pour pouvoir avancer.

Je suis donc partie seule, à la fois excitée et angoissée.

Barcelone est telle que je l’imaginais, vivante, chaleureuse et culturellement riche. J’ai été enchantée par l’architecture, tant gothique que moderne, j’ai enfin pu voir de mes propres yeux l’univers de Gaudi qui me fait rêver depuis que je suis gosse. Je n’ai pas besoin de vous raconter combien les visites du Park Guell, la Sagrada Familia, la Catedral, les casa Batllo et Mila (La Pedrera), et tous les autres sites culturels que j’ai pu visiter m’ont ravie. Respirer les embruns marins m’a fait grand bien, même si le quartier de Barceloneta m’a moins plu et que les plages de Barcelone ne sont pas spécialement fantastiques. Je ne suis pas non plus fan des grandes artères comme le Passeig de Gracia qui ressemble à nos Champs Elysées, bondé, des boutiques de luxe partout. La Rambla est sympa, mais ce n’est pas non plus mon truc, j’ai nettement préféré le Barri Gotic, malgré le grand nombre de touristes. S’égarer dans La Boqueria a été aussi une chouette expérience olfactive et gustative.

J’ai surtout aimé découvrir les différents quartiers, notamment le dimanche quand les barcelonais sont eux aussi dehors et reprennent possession de leur ville. J’ai adoré me perdre dans les quartiers de la Viela Ciutat, la Ribera, El Born, alors que les barcelonais sortaient de la messe en famille, prenaient un verre en terrasse entre amis, mangeaient des tapas avec leurs enfants partout. Ces quartiers familiaux sont moins touristiques, plus authentiques. Je me suis bien évidemment perdue le premier jour, j’ai vite trouvé des repères le second et j’étais suffisamment à l’aise le troisième pour me passer de plan et me laisser porter par le vent. J’ai marché au gré de mes envies, de ce que je voyais, découvrais et j’ai profité. 42 km parcourus en 3 jours, pour m’occuper à tout prix. D’abord pour profiter du voyage en lui-même et de tous les trésors de la ville, mais aussi et surtout pour ne pas cogiter.

Il est très difficile pour moi d’être en tête à tête avec moi-même. Je passe mon temps à ressasser et c’est exténuant. Je ne sais pas débrancher mon cerveau et ça m’épuise. Alors il faut que je m’occupe. Des gens qui me rencontrent pour la première fois ou ceux qui ne me connaissent pas vraiment ont tendance à penser – à tort – que je suis une pile électrique, que je ne m’arrête jamais, que j’ai une énergie folle. En fait, je cache mes angoisses et tente de repousser mes pensées en étant tout le temps occupée. Car ne rien faire, c’est laisser la place à mes pensées, laisser mon cerveau s’emballer et mes angoisses prendre le dessus.

Alors j’ai marché, marché jusqu’à l’épuisement. J’ai eu de gros coups de cafard, le spleen m’a parfois envahi, j’ai même pleuré à chaudes larmes dans une ruelle déserte.

Etre seule est l’une de mes pires angoisses. Les moments des repas étaient des épreuves terribles. J’ai souvent mangé en marchant, un sandwhich, un cornet de jambon ibérique et de fromage, des fruits… mais parfois, j’étais bien obligée de me poser, ne serait-ce que pour me reposer ou aller aux toilettes. Les deux fois où je me suis attablée dans un restaurant, j’ai éprouvé un grand malaise. Je ne sais pas gérer la solitude, je ne sais pas comment font les gens qui déjeunent ou dînent seuls. A quoi pensent-ils ? Moi je me fais des films, je psychote, je fais de la parano. J’ai du mal quand je suis stressée à trouver du positif dans mes analyses, je ne vois que le négatif. Pourtant tout se passait bien, j’aurais dû être capable de faire des bilans positifs comme je l’ai fait plus haut dans cet article. Mais sur le coup, je suis bien trop dans l’émotion et le ressenti pour rationnaliser.

Je vous avoue sans honte que je me faisais pitié, à manger seule, à boire seule, à marcher seule… Oui, voilà ce que je ressens quand je suis seule. C’est moche, hein ?!
J’ai encore sacrément de travail avant d’atteindre la sérénité de ceux qui trouvent agréable de se retrouver seul pour voyager, qui trouvent que c’est plus serein et facile. J’en suis très très loin.

Tout cela évidemment est lié à ma peur de l’abandon et du rejet. J’ai tellement encore du mal à maîtriser mes phobies et à me passer de mon objet contraphobique. Je sais que je suis tout même sur la bonne voie. J’ai dorénavant bien plus confiance en moi, et suffisamment pour arriver à partir seule, mais il faut désormais que je puisse contrôler mes peurs pour alléger la souffrance qu’elles engendrent dans des situations inhabituelles comme celles que je viens de vivre.

Ça viendra, je le sais, ça viendra…

5 réflexions sur “Lost In Barcelona

  1. Fanny dit :

    Moi qui adore voyager seule, j’ai une astuce pour les repas en solo (qui sont parfois très chiants et très déroutants quand on est entouré de gens pas seuls), c’est de prendre un bouquin. J’adorais faire ça au Canada, manger tranquille avec vue sur le lac et un livre à lire pendant l’attente des plats.
    Tu as été courageuse de relever ce défi, bravo !

  2. letizia dit :

    oh tu aurais du m’ecrire on aurait pu se rencontrer ou manger ensemble! moi j’habite à Barcelone depuis 8 ans et je mange souvent seule le weekend, pas plus tard que vendredi midi et bien figures toi que tout le monde s’en fiche, des gens qui mangent seuls à barcelone y’en a plein, on me regarde pas, et puis j’aime bien ma propre compagnie ahah. Je pense que c’est une question d’habitude. En france culturellement on a un problème avec ca.
    Je t’embrasse et j’espere que tu as aimé barcelone quand meme!

  3. Morgane dit :

    Waw, alors je n’ai jamais été diagnostiquée Borderline mais je me retrouve tellement dans tes « pensées ». Moi aussi je passe mon temps à me demander ce que les gens pensent de moi, si ils me trouve pas « bizarre » à être seule comme ça, si je ne leur fait pas pitié… Moi aussi, je ne sais pas restée sans rien faire sans me mettre à cogiter comme pas possible…

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