Des chiffres

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Depuis le mois de juin, j’ai 30 ans. Je pensais que ça me ferait vraiment quelque chose, mais en fait non. Peut-être rapport au fait que quand, à 30 ans, tu as déjà été divorcée, remariée et avec un troisième enfant en route, ce n’est finalement plus l’âge qui compte. En début d’année, on passe une nouvelle étape : l’achat d’une maison.

Cette étape là, je pensais qu’elle n’était pas pour moi. Juste parce qu’après 10 ans à Paris, l’immobilier a des airs de suprême luxe et aussi parce que je ne me suis jamais sentie capable d’avoir l’air assez fiable et mature pour qu’une banque accepte de réunir pour moi une somme à 6 chiffres. Drôle d’étape, celle de compiler les dernières années de sa vie dans les moindres détails dans un dossier orange (c’est monsieur qui a choisi) et de le voir passer de main en main en espérant qu’il paraisse sympathique à quelqu’un.

C’est par cette étape que je me suis vue devenir vieille. Sûrement parce qu’elle évoque implicitement le couple que nous serons dans 20 ans avec Thomas, à la fin du fameux crédit. Et aussi qu’elle appelle pour la première fois de ma vie des questions aussi incongrues (mais essentielles) telles que : comment casser un mur ? comment installer des portes coulissantes ? ou encore comment optimiser sa salle de bain ?

C’est une histoire de chiffres. Ceux qui comptent ne sont pas ceux qu’on croit. Ou ceux que je croyais, ce qui revient au même. Il y a les chiffres tristes (le nombre de kilomètres entre nous et les amis ou la famille et le nombre de jours/mois/années sans se voir) et les chiffres gais (notre famille de 5, les jours qui nous séparent de la signature définitive pour la maison, les années passées ensemble qui s’ajoutent).

J’étais déjà devenue vieille (enfin, un peu), me voilà adulte. Je n’ai rien fait pour mais je découvre comme ça fait du bien. Et les gros chiffres ne me font plus peur.

Une réflexion sur “Des chiffres

  1. Cécilia dit :

    Bonjour Lucile,

    Je me retrouve bien dans ta dernière publication. J’ai eu trente ans en février dernier et, pareil, ça ne m’a strictement rien fait. C’est plus mon entourage que ça a touché. Mes parents se sont pris un « sacré coup de vieux » et je ne te parle même pas de mes arrières-grands-parents !

    C’est le regard des autres qui a changé, pas moi. Je me rappelle de la réflexion d’une collègue un jour où je me réjouissais d’aller danser avec des amis un samedi soir (je ne l’avais pas fait depuis des lustres) : « Mais, Cécilia, tu es trop vieille pour aller en boîte! » C’est drôle, comme, subitement, on devient trop vieux pour tout et n’importe quoi et, parallèlement, la société te matraque la face à coup de publicités pour des crèmes anti-rides, anti-cellulite, anti-vergetures, anti-tout.

    Alors, j’ai conscience que pour certaines personnes, mon côté un peu fantasque peut passer pour de l’immaturité. Mais ça m’a sauvée de bien des prises de tête. L’important, je pense, c’est d’avoir toujours des projets, des idées, des envies qui te portent tout au long de la vie.

    En ce qui me concerne, c’est quand je me pose et que je n’ai plus d’envies que je me sens « vieille ».

    Nous venons de passer par la phase achat de maison, nous aussi, et je vous souhaite le meilleur lors de cette nouvelle étape dans votre vie de famille.

    C’est toujours un plaisir de te lire!

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