Le soleil

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Un mois et demi et tout tourne autour d’elle. Difficile à dire et à assumer quand on a deux autres enfants qui continuent leurs vies en parallèle. Une mois et demi de vie et déjà un peu plus de deux semaines d’hospitalisation en tout, et le pincement au coeur quand une infirmière fait un constat qui ne m’avait pas effleuré l’esprit : « ils ne l’ont pas tellement vue, encore, vos grands. »

Pourtant on ne parle que d’elle. Difficile de cacher nos préoccupations depuis la naissance, des préoccupations qu’on découvre malgré notre honnête expérience de parents. Il y a son poids et sa température, puis un premier traitement, assez vite la bronchiolite et l’hospitalisation, et puis une double otite qui a nécessité encore un aller-retour à l’hôpital, les antibiotiques, les vaccins qu’il faut faire au plus vite pour s’éviter de nouvelles surprises (2 semaines d’avance pour Alba vs. quelques bons mois de retard pour les plus grands). Pas tellement le temps de s’occuper de ce qui intéresse nombre de jeunes parents, à savoir caler les biberons et les nuits. Pour nous, pour moi, sa présence est plus que jamais un cadeau. Quand je l’ai dans les bras, je ne sais faire rien d’autre.

Adam partage avec moi cette passion de sa petite soeur. Elle doit être là, toujours, à portée de vue et il vérifie sans arrêt si elle a les yeux ouverts, si elle dort, si elle râle ou pleure ou si il faut lui essuyer la bouche. Rien ne le ravit plus que d’aider à changer une couche ou à donner le bain.

Pour Mia, c’est une autre affaire. Celle qui n’exprime rien a éclaté en sanglots à l’école en réclamant sa maman absente. Je sais qu’il va falloir que je lui consacre du temps et de l’attention et j’ai bien l’intention de profiter des vacances pour ça.

Alba va mieux maintenant, et même quand elle a disparu un temps sous des machines bruyantes, je n’ai jamais douté que j’allais à nouveau la serrer contre moi pendant des heures, bien au chaud sous une couverture dans notre canapé. Je n’ai pas encore passé ce stade où je suis prête à m’éloigner. Je m’y suis enfoncée, même. Elle est, pour l’instant, la personne qui me fait me sentir le mieux. J’ai besoin de sa présence, de sentir son poids et sa chaleur contre moi, encore un peu.

Pour moi, l’indépendante, c’est dur d’admettre que ma vie actuellement tourne autour d’une petite personne de 51 centimètres. Mais j’ai déjà tellement cru la perdre que je chéris plus que jamais ces moments sereins. Et je sais comme ça passe vite, surtout. Bientôt il faudra passer à autre chose, laisser ces mauvais moments devenir des souvenirs et la laisser aussi vivre (pas loin, non, mais à une distance raisonnable). Pour l’instant, elle reste mon soleil.

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