Complices

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J’écrivais en août dernier que les enfants se rapprochaient. Entretemps et pour entériner cette complicité naissante nous les avons installés dans la même chambre, Mia dans son lit surélevé et Adam à l’autre bout dans son « lit de grand » (c’est à dire sans barreaux). C’était un essai optimiste que nous avons parfois regretté ces derniers mois.

Trop de changements trop vite, pour Adam, ont eu raison de son bon comportement et il a eu bien souvent du mal à s’endormir dans son lit. Excité par la présence de sa soeur, libéré des barreaux qui canalisaient ses angoisses et lui permettaient de trouver la paix pour s’endormir, Adam s’est levé (se lève encore), une, deux, dix fois après le coucher pour des raisons parfois justifiées mais aussi parfois complètement absurdes. La venue du bébé n’y est pas pour rien. Mon garçon a commencé à avoir une vraie peur du noir et de l’abandon. Pour espérer l’apaiser, il faut désormais laisser toutes portes ouvertes et toutes lumières allumées. Il doit sentir sa grande soeur pas loin, et nous entendre continuer notre journée deux étages plus bas.

Dans la nouvelle configuration de notre famille, Adam a été un peu perdu. Et la seule personne à en payer le prix a été Mia. D’une part parce que son sommeil en a été considérablement amoindri. D’autre part parce que ses accès de rébellion ne sont tournés que vers elle, d’un « caca pipi ! » scandé sans aucune raison (et qui la vexe toujours à l’excès) aux tirages de cheveux impromptus (la constante de ces attaques étant toujours l’effet de surprise).

Ils sont entrés en conflit donc, au moins pour un temps. Mia en a eu de nouveau marre de son petit frère et celui-ci ne sait plus quoi faire pour se faire accepter. Ils existent, pourtant, ces moments de grâce, de jeux et de rires partagés. Autour de leur petite soeur, ils sont unis. Et ils rivalisent de câlins et de chansons pour la séduire. Généreux, ils n’oublient jamais l’autre. Et ces délicates et fragiles attentions, j’en suis le témoin privilégié et la première émue. Ce qui les sépare n’est qu’un défaut de communication qui s’atténuera sans doute avec le temps. Au fond, ils partagent tellement, et ils s’aiment, à n’en pas douter. Complices dans les rires comme dans les cris.

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