La grande aventure immobilière : épisode 2

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Résumé de l’épisode précédent : On nous a proposé d’acheter une maison. On s’est dit « pourquoi pas ? ». On a finalement décidé d’acheter la maison d’à coté. On nous refuse un premier crédit. 

Nous voilà donc fin août. La maison est là, juste à côté. La voisine est d’accord pour nous la vendre (c’est quand même elle qui est venue nous chercher). Je suis enceinte de 6 mois, je connais la difficulté des déménagements pendant la grossesse mais je ne m’en soucie pas. Je VEUX cette maison. Je VEUX cette vie et cet avenir qu’elle représente.

Au vu de notre dossier, il est vite apparu que nous ne pourrions pas nous débrouiller seuls pour trouver un crédit immobilier. Enfin, on pourrait certainement mais ce ne serait pas tellement à notre avantage. Grâce à Twitter (en 5 ans, Twitter s’est montré aussi utile qu’efficace pour nous trouver une babysitter/une catsitter/un plombier au black/du boulot et même des amis), j’ai les coordonnées d’une agence de courtier immobilier dans la métropole lilloise. Le courant passe bien mais le résultat du premier rendez-vous est sans appel : telle quelle notre situation bancaire ne nous permet pas de postuler à un crédit immobilier. Il faut se donner quelques mois pour assainir tout ça et réunir les fonds pour notre apport.

On temporise avec la voisine, une femme décidément très conciliante. Et on s’attèle à avoir des comptes dignes de la famille modèle. Je reste freelance puis en congé maternité mais au moins nous réussissons à garder nos comptes toujours au vert.

Fin novembre, j’ai accouché, notre trésorerie est exemplaire et l’apport est réuni et bien au chaud sur un compte épargne. La voisine nous relance pour entamer la procédure d’achat. Un peu échaudée par le non sans appel de notre premier essai à la banque, j’essaye de temporiser encore un peu. Le rendez-vous pour la signature du compromis de vente chez le notaire est fixé au 16 décembre. Le courtier immobilier précise qu’il nous faut demander 60 jours de clause suspensive (60 jours qu’il utilisera pour nous trouver un crédit). Nous signons donc le 16, la veille de notre départ en vacances pour les fêtes. Et nous laissons notre dossier faire sa vie, passer entre les mains des acteurs financiers qui vont décider de nous laisser au bout de l’aventure ou pas.

Entretemps, je bataille pour que mon nom apparaisse sur chaque document que je signe. Et croyez-moi, ce n’est pas une mince affaire. Tout le monde semble vivre dans un monde simplifié (enfin, uniquement sur les détails dont ils décident qu’ils sont de moindre importance) où les épouses portent le nom de leurs maris. Leur monde est aussi peuplé de gens en CDI dans la même entreprise depuis minimum 3 ans. Je peux vous dire qu’ils tombent souvent de haut. Je passe peut-être pour la dernière des chieuses mais il y a deux choses que je ne digère pas : signer un document qui stipule que je ne gagne rien, zéro, nada (freelance : situation trop compliquée à expliquer, trop de papiers à présenter donc on préfère me coller l’étiquette mère au foyer) et signer un document sur lequel est écrit un nom que je n’ai jamais porté, c’est à dire celui de Thomas.

Le courtier est rassurant, nous partons en vacances l’esprit léger. On se renseigne de temps en temps et on nous répond que « ça suit son cours ».

30 jours plus tard, au milieu de la fameuse clause suspensive, je commence à sentir le stress monter. Un stress écrasant qui s’accentue avec le silence du courtier. Le poids sur mes épaules pèse de plus en plus. On n’en parle pas mais ce silence et cette attente nous minent.

26 jours avant la clause suspensive, le courtier est moins optimiste. Il m’annonce qu’il doit se concerter avec sa collègue pour définir un nouveau plan d’attaque. Je me liquéfie au téléphone mais il me rassure : il reste des cartes à jouer et il va tout tenter pour que nous devenions propriétaires (à ce moment là, dans ma tête c’est un superhéros avec une cape… dans la réalité, il ne faut pas oublier que le mec se paye sur la réussite de notre projet) .

Pour moi comme pour vous… suite au prochain épisode

15 réflexions sur “La grande aventure immobilière : épisode 2

  1. Veraverte dit :

    Pusillanimité, étroitesse d’âme, trivialité, matérialisme… Que votre quotidien est terne, que vos désirs sont mornes… Quand « la grande aventure » c’est remplir des formulaires et un compte d’épargne… Vous vendez du rêve à la pelle. Bon enterrement. Pardon, emménagement.

    • Lucile dit :

      Il me semble bien avoir dit que le désir de possession immobilière n’avait jamais été le moteur de ma vie. Par contre, il est devenu le symbole d’un stabilité possible pour notre famille (après 4 déménagements en 5 ans). Excusez moi de ne pas y voir un simple matérialisme crasse. Par contre, j’admire votre capacité à juger mon quotidien (mon emploi du temps est un sujet que je n’aborde jamais ici) ou mes désirs (qui heureusement, sont aussi mon jardin secret). J’ai beaucoup de défauts, mais ceux que vous m’attribuez sont complètement fantasmés.

  2. Gina dit :

    haha, je ne commente jamais, mais après un commentaire si méchant de Veraverte, je ne peux que m’y mettre… A ton ton, j’ai l’impression que l’histoire finit bien, c’est ce que je te souhaite parce que quand même c’est mal barré ! Mais on y croit !

  3. Veraverte dit :

    Votre quotidien (des achats de housses de couettes aux listes de tâches en passant par vos principes éducatifs et la publicité d’objets) me semble pourtant le sujet principal de votre prose matinale (comme d’autres vont aux toilettes). Je ne m’en priverais pour rien au monde. Avez-vous lu « Les choses », de Georges Perec ? Rien ne m’amuserait tant que votre fiche de lecture.

    • Lucile dit :

      J’imagine que puisque vous êtes si prompt à critiquer quelqu’un qui achète une housse de couette (chose qui n’arrive que tous les 2 ans et qui prend environ 30 secondes sur internet), vous menez une vie délicieusement affranchie des contingences matérielles. Bravo à vous.
      Je vous rappelle qu’une journée fait 24 heures. Vous n’avez donc pas la moindre idée de quoi est fait mon quotidien.
      Quant à la « publicité d’objets » cela fait plus d’un mois que je n’ai pas publié d’articles dans ce sens et c’est volontaire (ce qui ne veut pas dire non plus que vous devez vous fatiguer à m’attendre au tournant, ça arrivera probablement de nouveau).
      Enfin, merci pour votre conseil lecture. Oui, j’ai lu Les choses. Non, je n’ai pas besoin de le commenter. Ce n’est d’ailleurs pas la seule oeuvre qui porte un regard critique sur le consumérisme qui existe. Et non, je ne pense pas que les objets que je possède (assez peu en réalité, j’ai viré beaucoup de superflu il y a quelques années déjà) me définissent ou me donnent plus de valeur. Encore une fois, je vous laisse croire ce que vous voulez via le petit bout de la lorgnette que je donne à voir. La somme de tout ce que j’ai publié dans ma vie (critiques, articles sur des sites, billets de blogs, interviews, photos, vidéos) ne donne qu’un aperçu tronqué de ce que je suis, ça me parait être une évidence. Parce que si je vous juge sur les données que j’ai sur vous (une fausse adresse mail et 10 lignes de commentaires acides), vous êtes une personne particulièrement hideuse. Seulement je ne me permettrais jamais un jugement pareil (à moins que vous n’achetiez aussi des housses de couette… si c’est le cas, je suis au regret de vous dire que vous êtes vraiment une grosse merde). Et bon lundi à vous aussi !

  4. Veraverte dit :

    (Oh j’oubliais Lulu, une clause est un alinéa dans un texte, qui pose une condition dans un contrat. On ne se retrouve pas « au milieu d’une clause » (on a de trop grands pieds), ni « 26 jours avant » (elle ne vit pas dans le futur). « Date limite pour l’obtention d’un prêt » c’est moins enflé, mais c’est du français. À votre service !)

  5. Apolonia dit :

    Mais pourquoi lui répondre….
    J’espère que vos projets vont se concrétiser et que le courtier va assurer!
    J’attends avec impatience la suite!

  6. Gallïane dit :

    Ben nous, on n’a pas eu les couilles d’acheter. Trop de pression, trop de paperasses, trop de taux d’endettement… Des fois je me dis que nous le regretterons peut être et puis des fois je m’en fous, je me dis que c’est pas le plus important.
    Personnellement, j’admire ceux qui se lancent dans cette aventure tellement je ne me sens ni mûre, ni prête, ni assez stable financièrement pour un tel projet.
    Du coup à la place d’une maison, je continue d’acheter des housses de couettes et autres objets consuméristes pour assouvir mon besoin de possessions triviales et matérialistes.
    Et en plus, j’ai des cheveux violets maintenant !

  7. jiji dit :

    j’espère que vous parviendrez à acquérir cette maison, et que les commentaires mesquins ne vous affectent pas trop. Bonne journée

  8. brussias dit :

    Que le quotidien de certaines personnes doit être bien triste au vu de leurs commentaires! A l’affût de tes propres parutions, tel un chien qui cherche un os à rogner….Si elles y trouvent de la jouissance (encore faudrait-il qu’elles l’aient déjà connue! ;-) , l’anonymat qu’elles ne sauraient mettre de côté par bravoure leur permet de se procurer quelques instants orgasmiques (aaaah ouiiii, elle me répond!) que tu leur offres plutôt que d’ignorer cette bile sans intérêt!

  9. Totote dit :

    Lucile, meme cas de figure avec moi ou quasi: freelance, dossier compliqué, courtier confiant au départ qui ne se manifeste plus, stress qui monte car dossier qui ne rentre pas dans les cases, vendeur qui vient aux nouvelles et moi qui ne sait pas quoi dire… Le courtier ne m’a jamais eu mon emprunt. Je m’étais mise complètement entre ses mains et quand le verdict je me suis sentie depossedee non seulement de cette maison dans laquelle je m’etais projetee, mais aussi completement impuissante face a cette demande que je n’avais pas deposee moi meme. Faire appel au courtier c’etait une solution de facilité car débordée de boulot, et aussi par ma vie de famille, et habitant a l’etranger je me voyais mal faire autrement. Bref, je n’ai pas eu mon emprunt a la fin de la clause suspensive…. J’ai supplié le vendeur de me laisser une deuxieme chance, j;ai remonté le dossier toute seule ce qui representait une montagne pour quelqu’un comme moi qui n’avait jamais mais alors jamais fait ca de sa vie, tappé à la porte des banques en été quand personne ne répondait pas. J’ai eu mon emprunt… Moralité: meme si vous faites appel à un courtier, je connais trop de cas de deception, il faut que vous fassiez des demarches vous meme ne serait-ce qu’en parallele de votre travail avec le courtier. Il ne se battra aussi bien que vous pour avoir la maison de vos reves.

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