Mon sage-femme

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Je suis une femme de 30 ans avec 3 enfants, 8 ans de pilule, 2 ans de nuvaring et 2 ans de stérilet derrière mois. Autant dire que j’ai un certain passif avec les gynécologues et les sage-femmes.

Il y a eu ce premier gynéco qui n’a pas hésité, lors du premier rendez-vous de toute ma vie, vers 15 ans, à utiliser un spéculum en métal de taille moyenne (« parce que je n’ai plus la petite taille »), me fâchant avec la profession pendant quelques années. Il y a eu les médecins qui n’acceptent pas de faire des ordonnances de pilules que pour 3 mois (ça fait marcher le commerce). Il y a eu cette gynéco qui s’est permis des réflexions déplacées quand elle a appris que j’avais des relations homosexuelles (pourquoi chercher à se renseigner sur le sujet, franchement, c’est pas comme si c’était son travail). Il y a eu la violence des gestes le soir de mon hémorragie consécutive à une fausse-couche.

Et puis, il y a eu le docteur G. qui a trouvé les mots et le ton pour donner de la légèreté à ma première grossesse. Et il y a eu la sage-femme qui a donné du sens et du corps à ma seconde grossesse. Deux rencontres décisives qui m’ont donné la force et le courage quand j’en avais le plus besoin.

Mais la réalité, c’est qu’il est impossible de s’assurer du soutien d’une de ses « bonnes fées » quand on déménage autant que moi. Je suis arrivée à Lille avec la certitude d’y tomber enceinte à nouveau mais sans savoir si je saurais me faire bien entourer. Je suis une joueuse, j’ai utilisé la même méthode que pour le docteur G., j’ai appelé au hasard le premier numéro trouvé sur les pages jaunes… et je suis tombée sur Jean-Baptiste. Bonne pioche. J’avais rencontré ma troisième bonne fée. Une bienveillance à toute épreuve, un professionnalisme sans faille et une vraie humanité qui touche au coeur.

Avec les épreuves, et même si je n’en ai pas toujours l’air, de l’humanité j’en avais besoin. Jean-Baptiste est venu me voir chaque semaine à la maison pendant des mois. Nos conversations à bâtons rompus étaient des respirations vitales. Et alors que je savais qu’il ne serait pas celui qui m’accoucherait (même si j’aurais adoré), il m’a permis de trouver le courage pour affronter l’inconnu sans angoisse.

Aujourd’hui, c’est tout ce qui me reste. Ces rencontres exceptionnelles, hasardeuses. C’est la preuve qu’on peut encore faire confiance, qu’il n’est pas obligatoire de souffrir pour tout, qu’il n’y a aucune honte à être une femme. Ces rencontres, elles m’ont appris à ne plus subir. Ça a été pour moi de vraies relations, où je me suis impliquée, où je me suis mise à nu, où je me suis permis d’être fragile. Et ils ne m’ont jamais déçue.

Jean-Baptiste, je vais continuer à le voir (s’il me garde une place dans son fichier de rendez-vous). Même si ce n’est pas lui qui m’a aidé à mettre Alba au monde, j’ai l’impression de lui devoir beaucoup plus.

 

2 réflexions sur “Mon sage-femme

  1. Charlotte dit :

    Oui c’est pas facile de trouver la bonne personne et je suis en pleine recherche à Lille d’un gyneco. Celui dont tu parles c’est un gyneco ou un sage-femme ? Si c’est un gyneco, tu pourrais me donner son nom ? Merci :)

    • Lucile dit :

      C’estun sage-femme : Jean-Baptiste Huguet. Je n’ai pas de nom de bon gynéco lillois à te fournir (c’est lui qui fait tout mon suivi).

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