Paulina, l’héroïne féministe de l’année

Paulina

Dans 2 jours, je fêterai un anniversaire un peu spécial, et particulièrement cher à mon coeur : ce sera la première bougie de mon premier livre. Un essai sur le nouveau cinéma argentin, courant cinématographique cher à mon cœur, que j’ai eu le bonheur de voir publié aux éditions Playlist Society, et qui semble avoir séduit ses quelques centaines de lecteurs si j’en crois les retours (oui, question nombre de ventes, je suis encore un peu loin de JK Rowling). À ce titre, il n’est désormais pas rare que je sois convié çà et là afin de parler du cinéma argentin en général ou d’un film en particulier. Ce sera par exemple le cas lors du dernier week-end d’avril, où j’aurai la chance de me rendre dans plusieurs cinémas de Gironde afin d’y présenter Paulina. Si par le plus grand des hasards vous habitez non loin d’Eysines ou de Sainte-Foy-la-Grance, n’hésitez pas à venir voir le film et me rencontrer.

Paulina est le deuxième long-métrage d’un réalisateur trentenaire nommé Santiago Mitre, qui avait réalisé il y a quelques années un chouette film nommé El Estudiante, qui se déroulait dans le milieu des syndicats étudiants. C’était à la fois super instructif, avec un petit côté post soixante-huitard assez passionnant, et très accessible grâce à une construction pleine de jeux de dupes et de suspense. Paulina, qui est sorti dans les cinémas français ce mercredi, est nettement plus dur : c’est un film extrêmement courageux et osé qui ne peut pas laisser qui que ce soit indemne.

J’avoue être assez étonné (en bien) que le film ait reçu le prestigieux Grand Prix Nespresso de la Semaine de la Critique, succédant à des films comme Amours chiennes d’Alejandro González Iñárritu ou Take shelter de Jeff Nichols, pour ne citer que les plus populaires. Paulina est un film fait pour diviser, pour s’engueuler à la sortie de la salle, pour s’interroger pendant des semaines voire des années sur ce que chacun (et surtout chacune) aurait fait à la place de l’héroïne. Sans vouloir tout révéler de l’intrigue, il s’agit de l’histoire d’une jeune et brillante avocate, fille d’un magistrat renommé, qui décide de tout plaquer pour aller se rendre utile auprès de jeunes gens défavorisés à qui elle va notamment faire l’école. La vie de Paulina bascule au cours d’une nuit durant laquelle elle trouvera sur son chemin une bande de jeunes hommes armés de très mauvaises intentions.

La suite est extrêmement surprenante : traumatisée par les événements de cette nuit-là (appelons un chat un chat, elle est victime d’un viol), Paulina décide de n’écouter qu’elle-même et de rester sur place pour continuer le travail engagé… y compris auprès de certains de ses agresseurs. Je suis loin d’avoir révélé l’intégralité de l’intrigue, mais tout le film est régi par des questions morales hyper fortes. À plus d’une reprise, on se demande pourquoi Paulina agit de telle ou telle façon, pourquoi elle ne prend pas ses jambes à son cou pour retourner dans le milieu feutré d’où elle vient, pourquoi elle ne semble pas obsédée par la condamnation de son violeur et des complices de celui-ci… C’est extrêmement perturbant, ce qui était tout à fait l’objectif de Santiago Mitre et de son co-scénariste Mariano Llinás (un autre type très doué et assez fou, dont vous pourrez entendre parler si vous lisez mon livre). Mais la réponse est au final assez simple : Paulina agit comme cela parce qu’elle en a le droit, parce que c’est son histoire, son ressenti, son vécu. Et que personne n’a le droit de décider à sa place comment gérer l’après-viol. Bref, c’est un film à ne pas mettre entre toutes les mains, mais c’est encore une fois aussi accessible (n’ayez pas peur de l’étiquette « film d’auteur présenté au festival de Cannes ») qu’intelligent. J’ai eu la chance de voir ce grand film féministe il y a un an, avant même sa présentation à Cannes (petit privilège), et il me poursuit aujourd’hui encore.

À ce propos, je vous propose grâce à Nespresso de faire gagner à 10 d’entre vous 2 places pour aller voir Paulina en salles. Le film est sorti hier et il est projeté dans de nombreuses salles. Pour participer, il vous suffit de vous manifester dans les commentaires, en prenant bien soin d’inscrire votre e-mail dans le formulaire. Dimanche soir à minuit, je tirerai au sort 10 personnes parmi celles qui auront commenté au bas de cet article, et elles seront vite contactées afin de recevoir leurs places pour aller vite découvrir le film. Participez, vous ne serez pas déçu-e-s.

9 réflexions sur “Paulina, l’héroïne féministe de l’année

  1. Rougeyres dit :

    Bonjour, vous reste-il des places ? J’ai l’impression que moins de 10 personnes ont répondu ! Merci beaucoup :)

  2. ines benmt dit :

    Bonjour,
    Ne connaissant pas le cinéma argentin, gagner ces places serait une chouette occasion de le découvrir ! :)
    Je tente donc ma chance !

  3. Mistigriffe dit :

    Bon j’habite loin de Cannes et c’est de toutes façons passé mais je retiens ta critique super positive sur un beau et grand portrait de femme, tout ce que j’aime…

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