Cannes, jour 5 : babugeri de bon coeur

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Il y a un phénomène étrange et récurent typique du festival : c’est celui de trouver dans les films présentés dans les différentes compétitions, des motifs, comme des tendances qui pourrait être lié au pur hasard si ils n’étaient pas de petits signes d’un air du temps. Cette année, le parallèle improbable et inratable est le costume bulgare de babugeri, qu’on retrouve dans Toni Erdmann, film de Maren Ade en compétition officielle et dans Apnée, film français en sélection de la Semaine de la critique.

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Lundi, c’est donc une journée que j’ai réservé à la Semaine de la critique. Parce que cette sélection est aussi pointue qu’excitante et parce qu’en faisant le choix de ne présenter que des premiers et seconds métrages, elle joue le rôle de découvreur de talents (dont les réalisateurs Nadav Lapid ou Jeff Nichols). Le matin, j’interviewe Charles Tesson, délégué général de la Semaine de la critique depuis 2011. Le midi, je me délecte d’un déjeuner gourmand à la plage Nespresso (plage officielle de la Semaine), l’après-midi je retourne dans les salles. Ou plutôt dans une salle en particulier : l’espace Miramar. Une salle moins prestigieuse que celles du palais des festivals mais surtout plus conviviale, moins aseptisée. L’après-midi cinéma commence avec Apnée, film français (que Charles Tesson présente comme hilarant) de Jean-Christophe Meurisse. L’humour politiquement incorrect, parfois surréaliste, du film est en effet dévastateur. Je ne me souviens pas de la dernière fois où j’ai ri d’aussi bon cœur sur la Croisette (traditionnellement, les films sont plutôt plombants). L’humour n’est pas gratuit et la comédie déconstruit avec malice et intelligence les travers de notre société : religion, société de consommation, schéma préétablis, construction de la famille… tout y passe.

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S’ensuit Mimosas. Mimosas est un film espagnol d’Oliver Laxe. Après une exposition assez classique, le film change de visage et lorgne du coté de la fresque, quelque part entre Don Quichotte et les récits des chevaliers de la table ronde. Modeste, beaucoup plus audacieux qu’il n’y paraît au premier abord, c’est un coup de cœur.

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Dîner à la Môme (où on croisera Vincent Perez ainsi que la réalisatrice Alice Winocour), comme une respiration, une échappatoire à la croisette à base de poulpe grillé et de burrata à la truffe. Minuit et, à l’opposé de Cendrillon, je me rends à la soirée Apnée sur la plage Nespresso. Le lieu, où nous avons déjeuné plus tôt, a changé de visage : plusieurs bars thématiques, un DJ survolté et des fêtards qui s’éclatent jusqu’à 2h du matin… Un horaire raisonnable pour le festival (et qui n’empêche personne de continuer la fête ailleurs). Princesse d’une journée, je file à l’hôtel pour une courte nuit réparatrice. La Semaine de la critique et Nespresso m’ont permis de profiter d’un autre visage du festival, léger comme une bulle, chic et délicieux. Un moment de cinéma, tout de même… Evidemment.

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