Festival de Cannes 2016, le temps du bilan

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C’est la dernière carte postale. Cannes, cette année, malgré le temps plutôt clément et de bons films, aura été en demi-teinte.  Une forme de paranoïa s’est emparée de la croisette et la sécurité est devenu le sujet numéro des conversations, activité numéro deux des journées après le cinéma. Des rues entièrement bouclées aux dizaines de contrôles, des bips de badges (si avant c’était une mesure évidente pour savoir combien de places il restait dans les salles, là il apparait que c’est surtout pour savoir combien de personnes se baladent dans le building, et qui), des snipers sur le toit à la quantité ahurissante de cars de CRS postés près du palais (les mecs, pas surbookés, se sont d’ailleurs permis quelques réflexions désagréables sur le physique des dames de passage). On a entendu toute la semaine les chauffeurs Uber se plaindre des contrôles sauvages, même en pleine course. Et globalement, tout le monde a noté que la croisette et les soirées étaient plus calmes cette année.

Pourtant, c’était un bon cru. Et puisqu’on en est à l’heure du bilan, voici mon palmarès personnel pour cette édition 2016.

Palme d’or : Toni Erdmann de Maren Ade

Grand Prix : Rester Vertical d’Alain Guiraudie

Prix du Jury : American Honey d’Andrea Arnold

Prix de la meilleure interprétation féminine : Sandra Hüller dans Toni Erdmann

Prix de la meilleure interprétation masculine : Adrian Titieni dans Baccalauréat de Cristian Mungiu

Prix du scénario : Baccalauréat de Cristian Mungiu

Prix de la mise en scène : Personal Shopper d’Olivier Assayas

Dans mes coups de coeur, toutes sélections confondues, il y a eu l’irrésistible et politique Apnée (semaine de la critique) de Jean-Christophe Meurisse, le puissant et féministe Voir du pays (Un certain regard) de Delphine et Muriel Coulin et l’épique Mimosas (semaine de la critique) d’Olivier Laxe.

Une fois encore, le festival de Cannes a confirmé sa suprématie en terme de cinéma au niveau mondial. C’est là où tous se retrouvent : cinéphiles, passionnés, acheteurs, producteurs, artistes et critiques. Là, où toutes les professions du cinéma se frottent et se confrontent. Là où est jugé le cinéma d’aujourd’hui et où s’écrit le cinéma de demain. Et, plus que tout, Cannes reste un festival généreux. Généreux en genres, en styles, en nationalités, en talent. Presque accessible à tous, avec un peu de débrouillardise. Chacun est invité à prendre son petit bout de Cannes. J’ai eu ma dose pour cette année. 7 jours intenses, 30 films, une grosse dizaine d’articles et de critiques publiés sur 3 sites différents. Des soirées, de la bière, des vodkas tonic, une piscine d’iced macchiato Nespresso et beaucoup trop de pizzas. Plusieurs balades sur la croisette, de très belles rencontres. Cannes, qui traditionnellement était une bulle s’est petit à petit laissé contaminé par la société. Mais le festival n’en reste pas moins un privilège, une chance et un plaisir. Et si, après pour la dernière montée des marches rouges de l’année, il sera temps de tourner la page sur cette édition, je pense déjà à celle de l’année prochaine.

Cannes 2016, jour 1 : rester verticale 

Cannes 2016, jour 2 : Paradis, espoir

Cannes 2016, jour 3 : Mademoiselle sent-bon

Cannes 2016, jour 4 : mini Driver

Cannes 2016, jour 5 : babugeri de bon coeur 

Cannes 2016, jour 6 : the limits of contrôle 

Cannes 2016, jours 7 et 8 : les pores de l’angoisse 

3 réflexions sur “Festival de Cannes 2016, le temps du bilan

  1. FredMJG dit :

    Pas vu le Toni (j’ai hâte) ni le Bac’ (j’ai moins hâte) et pour cause. Mais je ne vais pas me plaindre, Cannes à Paris, c’est quand même drôlement bien.
    Je te rejoins sur tes enthousiasmes sur Assayas, Guiraudie (c’te fin !) et Arnold :)

    • Lucile dit :

      On en parlait avec Thomas, c’est vrai que ça fait bien envie Cannes à Paris. Baccalauréat est pour moi une surprise dans le sens où je n’ai jamais été fan de Mungiu mais là il éclaire vraiment son film (et son cinéma) d’une vraie note d’espoir. Je ne pensais jamais écrire que le mec avait délivré un film solaire… comme quoi.

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