Rattrapages

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H-48h avant mon festival de Cannes, on peut dire que je commence à être préparée. Les premières pages du petit carnet sont déjà noircies par le planning de la semaine (32 films en tout sur 7 jours), quelques interviews sont déjà calées, la batterie de rechange, le dictaphone et l’appareil photo sont rechargés et les connectiques sont réunies. J’ai ma bombe de shampoing sec dans mon sac ainsi que la petite dizaine de tenues qui vont m’accompagner. Moins de froufrous et moins de chaussures à talons démesurés et plus de semelles confort et de tenues portables en toutes circonstances, journées comme soirées. Avec l’expérience vient la sagesse.

Mais Cannes, cela fait déjà 2 bonnes semaines que je m’y prépare avec une liste de 16 films à rattraper pour me mettre à jour de la filmographie des réalisateurs présents pendant le festival. Avec les années, cette liste d’indispensables s’atténue (en particulier parce que les noms reviennent régulièrement). Pendant ces semaines de préparation, je me plonge donc dans le cinéma israélien, roumain, allemand ou britannique. Je rattrape mes lacunes et me fait une idée de ce que j’ai peut-être découvrir cette année. Loin de moi l’idée de me vautrer dans une bête politique des auteurs mais bien d’intégrer intelligemment les films présentés en compétition officielle (ou parallèle) dans un cheminement, une histoire. De pouvoir juger cohérences et incohérences avec la filmographie ou les éventuelles évolutions de l’artiste. Et je me laisse toujours l’opportunité d’être surprise en bien ou en mal par un film, tachant de pas me laisser aveugler par mon amour ou désamour initial.

J’ai toujours pensé que même si je ne dois que poser mon fessier dans des fauteuils en moquette et taper compulsivement des lignes sur mon fidèle ordinateur, il était indécent de débarquer sur la Croisette sans bagage. Cette grosse semaine est le privilège de mon travail, la récompense d’années de culture et d’écriture, de milliers de films vus et ce ne sont loin d’être des vacances même pour quiconque possède une carte illimité UGC. Pour ces 4 à 5 films par jour, il faudra garder la tête froide, l’esprit critique affûté malgré le fort sentiment du privilège. Bref, pour cette édition 2016,  je suis plus prête que je ne serais jamais: j’ai coché la dernière case de ma liste de rattrapage. Et même si j’oublie ma valise dans le train, je ne serais pas toute nue.

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