Roulette Instagram – Épisode 1 : le mur de tags

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AVERTISSEMENT La tenancière principale de ce blog ayant un peu du mal, après une pause estivale bien méritée, à se remettre en selle (rassurez-vous, elle va bien, et même si bien qu’elle a souvent envie de profiter de la vie au lieu de la bloguer), ses camarades viendront lui prêter main forte un peu plus souvent que d’habitude, y compris quelqu’un qui n’est pas une fille (et donc pas une fille électrique), à savoir moi, son mari. J’interviendrai principalement avec cette nouvelle rubrique. Son principe ? Scroller au hasard le long de son flux Instagram et choisir l’une des photographies apparaissant à l’écran afin d’évoquer un souvenir ou un trait de caractère. C’est la (bientôt) célèbre Roulette Instagram.

Une dernière photo de mon mur avant de repeindre…

Une photo publiée par Lucile Bellan (@lucilebellan) le

Des Instagrams de cet ordre, il y en a d’autres plus bas dans le flux de Lucile. Celui-ci date du 1er mars 2016, mais d’autres (celui-ci puis celui-là, qui datent de juillet 2014) ont témoigné de l’avancée de ce projet de décoration. Quand j’ai rencontré Lucile il y a quelques années (mais pas si longtemps : pour des parents de trois enfants, nous sommes encore un jeune couple), je n’ai pas compris tout de suite qu’elle aimait dessiner et qu’elle avait un coup de crayon certain. Son amour du manga ne m’a pas mis la puce à l’oreille, et c’est bien normal : ce n’est pas parce qu’on aime un art en tant que spectateur ou spectatrice que l’on est automatiquement doué·e pour celui-ci.

Un jour, dans notre deux pièces et demie de la rue de Belleville, elle a décidé de décorer notre chambre avec des affiches réalisées avec simplement un feutre Posca noir et du papier Canson blanc. Je me rappelle notamment d’un nuage rempli de pluie, et d’une bibliothèque regorgeant de livres. Objectivement, c’était à la fois minimaliste et séduisant. Juste épatant. Il faut dire que question dessin, j’en suis resté à la case « bonhomme en fil de fer », crayonnant si mal que notre fille de 6 ans est désormais meilleure que moi (ce n’est même pas une blague). Heureusement que dans le cadre de mon job je suis capable de construire des figures géométriques correctes et de tracer des cercles à main levée de façon tout à fait honorable. Mais ne me demandez simplement pas de vous dessiner un dinosaure ou de reproduire l’âne Trotro, même avec un modèle : ils auront l’air d’avoir fait trempette dans un bain d’acide sulfurique après avoir été charcutés par un chirurgien psychopathe.

Quand nous sommes arrivés dans les Hauts de France au milieu de l’été 2014, le grand mur blanc de notre nouvelle et immense chambre a donné à Lucile l’envie de se lâcher de nouveau. En quelques jours, ce mur s’est transformé en une sorte de grande planche de décalcomanies, le genre de dessins simples mais cools qu’on aurait bien envie de se faire tatouer. Même si avait habité cette maison pendant 15 ans, je pense que je ne me serais jamais lassé de les contempler avant de m’endormir. C’est tout le sel du do it yourself quand il est bien fait : c’est original, authentique et ça nous ressemble. Car Lucile, une fois ses propres inspirations dessinées sur le mur, m’a demandé ce que j’avais envie d’y trouver. Un diplodocus, une ampoule, un hot dog (je n’étais pas encore végétarien) : voilà qui me faisait me sentir chez moi.

Quand nous avons acheté la maison d’à côté, ça a été un crève-coeur de recouvrir ces dessins de peinture blanche. Surtout quand nous avons appris quelques jours plus tard que la future propriétaire des lieux aurait bien voulu les conserver (sauf que l’agente immobilière a oublié de faire passer le message). La nouvelle chambre étant plus fonctionnelle (des tas de rangements, presque trop), il n’y avait plus de grand mur à taguer. Dans cette maison où nous habitons depuis quelques mois, nous avons d’abord effectué quelques travaux d’embellissement (sols, peinture), mais je savais bien que Lucile finirait par ressortir son Posca noir pour personnaliser la maison. C’est ainsi que la vitre de la porte du couloir arbore fièrement quelques dessins, qui ne sont pas sans rappeler ceux de la maison d’avant : le cornet de frites, la couronne ou encore le ghetto blaster ont fait leur grand retour. Et même si elle prend son temps, Lucile a bien l’intention d’apposer sa patte dans d’autres endroits. À commencer par le bureau (mais il faudrait déjà en terminer les peintures). Mais je pense que notre chambre finira par y passer aussi : les portes des placards et leurs teintes claires ne semblent attendre que ça. Cela viendra un jour ou l’autre. C’est toujours chouette de savoir que le lieu dans lequel on passe le plus clair de son temps fera tôt ou tard l’objet de modifications pouvant sembler dérisoires mais ne faisant que confirmer, encore un peu plus, que cet endroit est notre chez-nous et que nous nous y sentons tellement bien.

Thomas

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