L’équilibre

Je fais partie de ces gens qui ne savent pas dire quand ça va bien, quand c’est l’équilibre, quand malgré les petits ou les gros tracas du quotidien, la vie est douce. Je sais m’épancher pendant de longs paragraphes mélancoliques (vous en savez quelque chose). Je sais me taire et m’épuiser dans le travail. Mais le bonheur, dire son bonheur, ça je ne sais pas. 

Il y a eu quelques semaines difficiles, le corps qui lâche après le projet marathon. Et il y a eu des doutes et l’épuisement nerveux. La structure qu’il a fallu réinventer encore, et dont la précarité me donnait l’impression qu’elle pouvait s’effondrer à n’importe quel moment. L’impression d’être toujours en partance, les sms de la SNCF comme un rappel de tout ça, et de ne jamais vraiment profiter de là où j’étais. Les migraines aussi.

J’ai pris quelques jours pour moi. Pas les vacances que je voudrais mais quelques jours sans écrire, sans penser à l’un ou l’autre des projets, le travail entre parenthèses. Je me suis rendue à un cours de yoga, je suis allée seule à un concert qui me faisait tant envie, étape après étape au quotidien j’ai essayé de reprendre les habitudes d’une bonne hygiène de vie que j’avais reléguée au second plan.

Je suis heureuse. Parce que je suis bien entourée, parce que rien n’est aussi précaire dans ma vie que ce que je voulais croire. Parce que ça va aller. Parce qu’il reste de belles choses à vivre, à voir, à entendre et à écrire. Tout n’est pas parfait. J’ai un découvert équivalent au PIB d’un pays de taille moyenne et j’endors mes douleurs de règles sous une bouillotte (avec un taux de réussite très décevant), j’ai atteint un niveau tout à fait ridicule en gestion d’urgence des attaques de parasites (avec 3 chats et 3 enfants en même temps…), la voiture est au garage et le lave-vaisselle est en rade. Bref, ne cherchez pas chez moi une perfection qui n’existe pas. Pourtant je suis sereine. Malgré les cernes j’ai le sentiment d’être reposée, apaisée. Peut-être que ça ne va pas durer, que le bliss va m’échapper encore ou que c’est moi qui vais donner un coup de pied dedans, par bêtise ou par peur, comme je sais si bien le faire.

En attendant, c’est doux.

4 réflexions sur “L’équilibre

    • Lucile dit :

      Oh ! C’était Peter Von Poehl et Mathieu Boogaerts au Grand Mix ? Parce que c’est vrai que c’était beau et que ce genre de moment porte toujours bien après que la musique s’arrête :-)

      • BettyLoutre dit :

        oui c’est ça, et d’après la photo, j’étais à l’exacte opposée de la salle :)
        cela dit, j’ai jamais autant ri à un concert, peut être qu’on m’a entendu de loin ;)
        le mouvement de fesse de Boogaert est irrésistible

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