Les histoires

Ceux là s’entendent comme chien et chat. Ils s’exècrent autant qu’ils s’adorent. N’hésitent pas à se faire de grandes déclarations en public mais n’aiment rien tant que se faire pleurer l’un l’autre.je n’ai jamais été proche de mon frère et de ma soeur, et je me réjouis de voir ces deux là, avec leurs deux ans de différence, leurs caractères aux antipodes, s’aimer comme ils le font. 

Toutes la journée, ça fait des histoires. Des histoires de monstres et de princesses, de carottes pourries, de qui a fait quoi, de « tu mens ! », de peluches à qui on a oublié de dire bonne nuit, de copains de l’école avec qui on est copains à la vie à la mort et puis plus du tout le lendemain. Ils crient, ils se bagarrent, ils se boudent et puis ils ne peuvent pas s’empêcher de se coller sans arrêt, de se faire des dessins, de partager les bonbons et les goûters, de donner à l’autre le dessert qu’il préfère quand il n’en reste plus qu’un dans le réfrigérateur.

C’est une relation passionnelle et je crois qu’ils se construisent aussi à travers le regard de l’autre, pas seulement en opposition comme j’ai pu le vivre dans mon expérience personnelle. J’ai dit pendant des années que j’aurais voulu être fille unique (oui, j’étais une enfant très agréable) mais je ne crois pas qu’aucun de ses deux là ne pense une chose pareille.

J’espère que d’ici quelques années, quand la vie les aura fait grandir et prendre des chemins différents (une évidence), ces années à se chamailler et à s’aimer, à dormir, chanter et danser ensemble auront de la valeur pour eux, et qu’ils se retrouveront, bien que différents, à parler le même langage, à partager les mêmes souvenirs et les mêmes valeurs.

Nous n’avons jamais eu des enfants rapprochés par calcul. Nous avons même toujours banni toute forme de calcul dans le processus d’agrandir notre famille. Je ne me suis jamais dit « ils vont avoir deux ans d’écart, ils vont être proches et vraiment grandir ensemble ». Je crois que c’est une question de personnalité, de contexte familial, de toute un tas de choses un peu hasardeuses, comme une rencontre. Ces deux là se sont rencontrés et ils se sont trouvés. Ils mettent des cris, des pleurs, des rires dans la maison. Ils mettent de la vie. Et ces petites histoires permanentes écrivent, au final, une belle histoire.

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