Eclaircie entre les gouttes

Ça va, vous ? Ici, ça va pas fort fort. Des soucis de santé, une impression de trop plein et de trop vide, les larmes dans la rue après le dépouillement, la gueule de bois encore, la série-qu’il-faut-obligatoirement-regarder qui a juste augmenté ma consommation de Xanax… Non, ça va pas super. 

On attend les diabolos citron en terrasse, les petites robes qui tournent qui rendent l’esprit léger, les films du Festival de Cannes et tout ce qu’il y a autour. On attend le silence, la respiration, l’après-tempête. On attend les vacances.

Et puis ce matin, alors que ma première sensation au réveil a été la douleur sourde de la migraine dans la tempe gauche, alors que je me suis lavé les cheveux à l’eau trop froide, que le wifi a sauté pendant que je travaillais, que la boîte à thé est vide, que les enfants n’étaient pas coopératifs pour aller à l’école, qu’un chat dont on taira le nom a encore préféré chier à côté de la caisse dédiée plutôt que dedans… ce matin, en plein dans la course du matin, j’ai été chercher la petite fille qui dort au premier. Elle a sauté dans mes bras. Je l’ai habillée, préparée, pour adoucir ses angoisses de la rentrée je lui ai parlé sans discontinuer pendant une heure. Alors qu’il ne pleut que dans ma tête, je lui ai mis son imper bleu. Et alors que la séparation est une torture pour elle et qu’elle avait compris que ce matin encore j’allais la laisser, elle m’a fait le plus beau des sourires.

Un sourire d’Alba, un sourire qui réchauffe. Un sourire de confiance qui veut dire « tout ira bien ». Tout ira bien. Pour elle, je vais affronter les épreuves, me battre, avancer. Pour ce sourire, je suis capable de tout. J’avais pas besoin de plus pour trouver encore un peu de force. Ça va pas fort mais ça ira. Et même mieux que ça, tant que cette petite fille sourira, ça ira bien.

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