Gare du nord, 22h26

Hier soir, j’ai éclaté en sanglots parce que j’avais raté mon train. Je disais au téléphone « je ne peux pas rentrer » et ce n’était pas une affaire de train ou de métro, de longueur de trajet ou d’organisation mais une question de force. J’ai pleuré plus fort parce qu’il y avait de la buée sur les verres de mes lunettes et à côté de moi quelqu’un avait posé un calendrier 2012 de Clara Morgane dans une poubelle papiers de la gare du Nord. J’ai répété « pardon, pardon, pardon. Je n’y arrive pas ». Je me serais allongée par terre, juste pour dormir quelques heures. Tétanisée devant l’escalier du métro, j’avais besoin d’ouvrir les vannes. Je suis de celles qui nourrissent la rivière.

Ce matin, j’ai levé la tête dans la cour. Le ciel était bleu. J’ai pris une photo. Sentiment de départ, c’était l’heure de repartir. J’ai marché seule pendant une heure, je me suis assise sur des marches où je m’arrête parfois, j’ai regardé la rue passante,  admiré une façade, je n’ai pensé à rien. Ce n’était plus trop, c’était bien. Ce matin, plus légère, j’avais de l’avance pour mon train.

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