Devenir mère 7 ans après

J’ai eu l’impression pour la première fois hier que j’étais bel et bien mère, 7 ans après avoir porté mon premier enfant. J’exagère évidemment en disant ça. Mais ceux qui me connaissent vraiment savent que j’ai un goût particulier pour les superlatifs et les affirmations définitives.

C’est juste que je rentrais dans la voiture et Thomas était en train d’attacher Alba à l’arrière. Les deux grands sont au centre de loisirs pour quelques jours, donc nous profitons d’une semaine avec un seul enfant à charge en journée. C’est doux et calme. Comme des primipares, on prend le temps de s’extasier sur les moindres évolutions de notre fille. Et puis, je ne sais pas, c’est sorti tout seul. « Je crois que j’aimerais bien m’occuper plus d’Alba en journée ». Ça veut dire que pendant quelques secondes, mon envie de profiter de la petite dernière a été plus forte que mon envie de travailler, d’avoir une carrière, de faire quelque chose de ma vie. Ça veut dire que pendant quelques secondes, je ne me suis pas dit que la place en crèche pour laquelle on s’est battu pendant des années, était une incroyable chance.

Sur le moment, j’ai revu dans ma tête les 3 ans passés enfermée chez moi à m’occuper de Mia et Adam. Je n’avais pas le choix. J’étais une ombre. Et je pleurais probablement trop pour être vraiment une bonne mère pour mes enfants. J’avais ce sentiment de sacrifice qui effaçait tout.

Maintenant que ma vie est plus heureuse, aussi parce que j’ai le temps de travailler et de vivre pour moi, je ressens ce besoin de les voir grandir. De profiter des premières années d’Alba comme je n’ai pas profité de celles de mes deux grands. Je me dis que j’ai peut-être été trop vite, que si cette envie apparait maintenant j’ai vraiment été une mère en carton ces dernières années. Mais je crois que c’est plus un sentiment de complétude. Je suis heureuse alors je profite enfin d’eux. Ce qui peut paraitre bizarre puisque je suis aussi plus absente et plus occupée que je ne l’ai jamais été. Mais je les aime aussi plus fort que jamais. Je ne compte pas tout arrêter pour regarder Alba grandir, refaire la même erreur une fois encore. Mais dans la voiture, après avoir parlé si vite, et pensé à toute allure, je me suis promis de trouver le temps l’année prochaine pour chacun d’eux séparément. Du temps rien que pour eux et moi.

2 réflexions sur “Devenir mère 7 ans après

  1. MarieLucarne dit :

    Comme je te comprends. Nos parcours diffèrent et pourtant se rejoignent sur de petites choses.
    Depuis que je suis inscrite en fac de cinéma, que je sais que je me dirige vers la recherche… c’est comme si l’urgence à vivre & à me sentir exister en dehors de la maternité avait disparu. Légitimitée dans mes compétences, je peux à nouveau aimer vivre cette parentalité qui était sacrificielle. Trouver l’équilibre ne sera pas plus facile mais sûrement plus serein.
    Je t’embrasse

  2. Claire dit :

    Une sensation que je reconnais et qui est plus largement partagée qu’on pourrait le croire.
    Avec ma fille aînée j’étais comblée en travaillant à 80%.
    Puis j’ai eu sa sœur quand elle avait 2 ans et je suis restée en congé parental pendant près d’un an. Ce n’est qu’en reprenant le boulot à 80% que j’en ai vraiment profité.
    Avant, j’étais accaparée par le matériel (un bb et un enfant très jeune), isolée (pas de boulot, un conjoint qui rentre tard). .
    On a travaillé avant d’avoir des enfants et malgré tout le mal qu’on peut dire de notre travail (pour ma part en tout cas) il est aussi vecteur d’épanouissement, de liberté et d’émancipation. J’ai découvert que mon job ne m’apportait pas seulement de l’argent. Et notre génération « exige » un épanouissement personnel que nos grand-mères d’avaient pas forcément et qui n’est pas apporté par la vie de famille.
    Et puis aussi, des enfants en bas âge c’est quand même fatigant, beaucoup de tâches matérielles, surtout quand elles ne sont pas partagées, des tracas, une certaine solitude. Mes filles grandissent, la petite dernière est de moins en moins un bb. C’est triste parfois mais en toute franchise j’y trouve un certain soulagement.
    Voilà pourquoi il n’y aura pas de #3.

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