Le lien invisible

Il y a des films comme ça. C’est comme des pièces du puzzle. Je ne saurais vraiment l’expliquer c’est comme si sans le connaître, je savais qu’il allait changer ma soirée, ma journée, ma vie, mon bilan ciné de l’année. Comme si il y avait autour de lui, son affiche, son pitch, comme une petite aura invisible qui résonnait avec la mienne. Comme si, avec ces miettes d’information, je savais qu’on était fait pour s’entendre. Parfois tellement que ce petit film m’accompagnera des années durant. Sa musique, sa lumière, son histoire, un plan juste. Il m’appelle et puis il fait partie de moi, c’est comme ça.

Si j’en parle aujourd’hui c’est qu’il y a eu encore un film comme ça. Sorti en salles le 6 juillet 2016, je n’ai pas réussi à me libérer pour aller voir ses 2h36 dans le peu de petits cinémas excentrés qui le passaient. Trop de choses à vivre, pas 3h à « sacrifier ». Pourtant, chaque fois que j’allais à Paris pendant cette période, je vérifiais si il était encore diffusé, où et quand. C’est bête, c’était une affiche. Et un nom de cinéaste dont je n’avais vu aucun film qui hantait mes souvenirs de radio. Je l’ai raté et je l’ai oublié. Et puis il y a quelques jours, il s’est rappelé à moi au hasard d’une recherche de VOD pour la soirée. C’était pas le moment, pas plus de 2h30 à donner, pas la force. Mais j’y ai vu un signe. Ce film, il fallait le voir. Maintenant. Même si je dois lutter. Je n’avais pas eu le courage un an avant, je voulais me le donner maintenant.

Ce n’est pas un film parfait. Mais je n’ai eu besoin de lutter. Il m’a emmené dans son univers, qui contient des petits bouts de moi, comme je l’espérais. Il n’est pas parfait mais il ne m’a pas déçue. Je l’ai vu avec la même indulgence que l’on voit grandir les membres de sa famille. C’était bien. C’était juste. Et c’était important. Moins l’histoire que le sentiment, la lumière, le mouvement. Une pièce du puzzle en plus, qui brillait et qui m’appelait. J’ai mis le temps, mais je ne suis pas passée à côté.

12 réflexions sur “Le lien invisible

  1. cestcomplique dit :

    Franchement Lucile, sans le titre du film ce billet n’est qu’une rumination posée, autocentrée, parfaitement creuse et vaine pour vos lecteurs, à qui vous faites perdre leur temps. Moins de poses et un peu plus de générosité, vous pouvez le faire !

    • Lucile dit :

      J’ai jugé que le titre du film était dérisoire et qu’il était en plus très aisé à retrouver pour ceux que ça intéressait vraiment. Mais puisque ça vous passionne, c’est Malgré la nuit de Philippe Grandrieux. Mon billet n’était pas une critique mais un sentiment que j’ai voulu partager, ce film ou un autre ce n’était pas si important.

  2. Karine dit :

    Une petite pièce supplémentaire dans votre autofiction de la jeune femme malheureuse et torturée que vous trouvez romantique manifestement. Je comprends pourquoi vous ne donniez pas le titre, poussant le ridicule jusqu’à nous donner la date de sortie, on voit une brêche dans votre roman personnel.
    Prenez soin de vous Lucile, la souffrance et la complexité des sentiments fait peut-être de beaux films (d’ailleurs dont celui là n’est pas dans mon souvenir) et de beaux récits, mais pas une jolie vie.

    • Lucile dit :

      Peut-être tout simplement que la date était plus importante pour moi que le titre (et elle l’est, en fait).Le titre du film, qui n’est pas un mystère, a été donné en commentaire en plus de tous les indices disséminés pour ceux que ça intéressaient vraiment. Et je ne vois dans ce billet ni souffrance ni malheur, merci de m’éclairer sur un mal-être à côté duquel je passe visiblement à côté.

      • Karine dit :

        Le récit du film de Gandrieux est, dans mon souvenir, celui d’une jeune femme torturée qui cherche à apaiser son mal-être par des relations sexuelles violentes et nombreuses, non ? On ne peut pas dire que ça respire le bien-être et vous dites vous-même : « Une pièce du puzzle en plus, qui brillait et qui m’appelait. J’ai mis le temps, mais je ne suis pas passée à côté. » Que de mystère entretenu !

        • Lucile dit :

          Je précise pourtant : « Moins l’histoire que le sentiment, la lumière, le mouvement ». Et franchement, ce film c’est surtout pour moi une histoire d’amour tragique.
          Et le temps mis à le découvrir c’est celui entre la sortie du film au cinéma et cette sortie en vod. Il n’y a pas tant de mystère que ça dans mon texte, vraiment.

  3. Robert dit :

    Pour un film cense changer la donne, ne pas pouvoir « sacrifier 3 heures » c est etrange…
    De meme, jne cinephile devant l eternzl infapable de degager 3H?
    Lucile, c est pas tres serieux tt ca…

    • Lucile dit :

      Je ne savais pas si ce film allait « changer la donne » au moment de sa sortie au cinéma, j’en avais juste l’intuition. Et oui, avec trois enfants, beaucoup de travail et une vie personnelle parfois intense, j’ai rarement 3h à consacrer au cinéma… à mon grand regret.

  4. LuciledeGuinzan dit :

    Waouh, j’allais laisser mon commentaire et je me mets au passage à lire les précédents. Du coup j’ai juste envie de rééquilibrer un peu et mettre un peu de bienveillance ! Chacun peut avoir son avis mais je trouve les mots super durs et puis je comprends pas ce qui peut pousser à prendre le temps d’écrire ça plutôt que passer son chemin si on aime pas ! Enfin bref moi j’aime, j’ai pas le temps de venir ici aussi souvent que je le voudrais mais j’y reviens toujours ! Grande cinéphile que j’étais je n’ai pas reconnu le film évoqué, j’ai dû chercher. Eh oui, depuis que je suis maman j’ai bien dû mettre cette passion entre parenthèses, mais ça reviendra !

    • Lucile dit :

      Merci Lucile. Oui, la difficulté de consacrer au cinéma quand on a des enfants, je connais bien. Mais ça reviens en effet, ce n’est qu’une question de temps. Je vous souhaite de vite pouvoir en profiter.

  5. Perles pacifiques Le Blog dit :

    Je découvre ce blog ce soir et je me suis dit: »ça y est, enfin un blog qui me passionne, parce qu il est sincère, écrit magnifiquement comme un poème. » Je l ai cherché tellement longtemps. Et je tombe sur ces commentaires que je ne comprends pas, emplis de mépris et d attaques. Et l auteure qui y répond en se justifiant ? Lucile, tu as un talent fou, je dévore tes billets ce soir au lieu de dormir, et j aime ton univers à demi mot avoué, un peu comme les chansons de Goldman qui m ont tellement touchée dans ma jeunesse, les allusions sont là, mais rien n est dit clairement, on peut se laisser entrer doucement dans ton monde, un peu, jusque là où tu permets, jusque là où on a envie. C est délicat, c est généreux, c est magique. Merci.

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