Les mots durs et les mots doux

Dans mon canapé, seule, sous la couverture, je tourne les pages d’un roman qui me laisse un goût amer dans la bouche. Une notification, un message privé d’un inconnu : « Sans le savoir, vous êtes une merde ». Il est 20h52, mercredi soir. Thomas est parti au cinéma. Je suis malade et j’angoisse de l’emploi du temps de ces prochains jours. Je pars demain soir à Paris, il y a tant à préparer et le travail en plus. Et puis ce week-end qui s’annonce intense. J’ai fait le choix de cette vie mais elle signifie aussi vivre plus fort et parfois m’épuiser. C’est un de ces moments où je ne sais pas, où j’oublie pourquoi, où j’oublie l’amour qu’il y a. Et ce message d’un inconnu et ces mots froids. Pas de larmes pour lui. Mais un petit rire silencieux de solitude tellement ces mots sont absurdes. Qui sont-ils ces gens qui pensent que je ne me remets jamais en cause ? Que je ne pose aucune question ? Que je ne souffre jamais de mes propres décisions et de mes propres mots ? Qui sont-ils pour penser que j’ai besoin qu’on me le rappelle ?

Je regarde la boîte de réception de ce message privé, celle des anonymes. Et j’y vois une quantité de messages chaleureux auxquels je ne réponds pas parce que je ne sais pas quoi répondre. Cet après-midi même j’ai reçu le plus beau des poèmes qui clôturait un long échange. C’est quoi le ratio de mots doux nécessaires pour oublier les mots durs ? Je ne sais pas. Mais ce soir, ces mots de gentillesse désintéressée me touchent. Ils sont là, ils existent. Comme le message du soir. Ils sont autant légitimes. Ce soir, ils me donnent de la force pour la suite. Ceux que je ne remercie jamais, j’ai envie de les remercier.

14 réflexions sur “Les mots durs et les mots doux

  1. Robert dit :

    Ce choix de vie?
    La blague
    lucile si tu crois un seul instant etre hors systeme, une rebelle voire une revolution,aire, tu te fourvoies
    ta vie est largement aussi chiante que la notre, que 90% de la,population.

    • Lucile dit :

      Cher Robert,
      ça fait longtemps ! Vous avez passé de bonnes vacances ? Je constate que vous n’avez toujours pas envie de croire que je puisse pas partager ici la totalité de mon existence. Oui, j’ai une vie compliquée à cause/grâce à un choix personnel que je n’ai jamais regretté. Non, ce n’est pas le cas de « 90% des gens »(et heureusement pour eux). Est-ce que ma vie est chiante ? Non, je ne pense pas. En tout cas, je m’ennuie rarement.
      Bref… bonne rentrée Robert et revenez quand vous voulez.

      • Robert deviers dit :

        Lucile je ne suis jamais parti. Malheureusement tu retombes dans tes petits travers, desquels tu avais réussi un temps à t extirper…

  2. Ratatouille dit :

    Moi ce que me frappe, ce n’est pas que vous veniez vous plaindre des méchants messages, mais qu’on apprend que vous ne répondrez jamais aux gentils… Ca vous coûte quoi, « merci » ? Etonnez-vous ensuite qu’on pense que vous les méritez, ces vacheries… Un peu d’humilité, bordel, arrêtez de vous donner de l’importance en vous imaginant cette foule de gens qui vous scrutent et dont votre seule existence soulèverait l’adulation ou la haine. Internet n’est pas votre gang-bang ! Figurez-vous que les gens qui s’adressent à vous sont des personnes qui vous valent et que l’élégance n’existe que dans la relation (généreuse) à l’autre, pas dans ces poses de star de quartier auto-crucifiée sur papier glacé numérique. Vous vous ridiculisez encore, en prouvant une fois de plus que vous préférez jouir des piques pour nourrir votre autofiction que de répondre gentiment aux personnes sincères qui cherchent votre attention. Grandissez, enfin.

    • Lucile dit :

      Quand je précise que je ne réponds pas aux mots doux c’est que je ne sais quoi répondre. Et en temps normal, je ne réponds pas non plus aux critiques (trop de critiques, pas assez de temps). J’écris pour moi avant d’écrire pour les autres, ailleurs c’est le contraire. Non, je ne méprise pas la bienveillance. Elle me touche même et comme dit dans ce billet, elle me permet bien souvent de tenir.

      • Ratatouille dit :

        « Merci » est ce qu’il convient de répondre a minima. Ca permet de signifier à la personne qui fait l’effort de s’adresser à vous que vous tenez compte de son existence. Tout le reste est mépris.

  3. LuciledeGuinzan dit :

    Ah bah voilà, je parlais justement des mots durs dans un précédent com ! Bon j’ajoute encore une petite dose de mots doux alors si ça sert toujours ;)

  4. Steffie dit :

    Bonjour,
    Je lis ce blog depuis longtemps mais je commente peu.
    J’ai comme toi trois enfants mais que des garçons un peu plus âgés (10, 8 et bientôt 6 ans).
    Je me retrouve dans tes billets (je me suis sentie adulte et mère bien après avoir eu mon premier enfant).
    Je ne commente pas mais je ne comprends pas les commentaires blessants et incendiaires. Personne n’est forcé de lire un blog (j’ai arrêté de lire plusieurs blogs qui ne me convenaient pas). Je trouve déplacée cette hargne gratuite contre la personne qui écrit le blog. Si le style est trop « plaintif » ou « auto centré », la solution la plus simple est de ne plus lire au lieu d’attaquer.
    Moi j’aime retrouver dans ton blog des morceaux de quotidien qui me rappelle le mien. Ce n’est pas toujours simple et rose.
    Bon courage et à la prochaine.

  5. Marie Kléber dit :

    Il faut beaucoup de mots doux pour effacer les mots durs. Les mots durs s’impriment, ils sont violents. Ils appuient là où ça fait mal. Il faut beaucoup d’amour pour qu’ils ne nous touchent pas, plus, pour qu’on puisse les regarder avec le recul nécessaire et intégrer qu’ils ne nous concernent pas.

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