Après la fusion

Avec Alba, on mange des Pocky à la mangue. Elle me fait croquer le sien, je lui fais croquer le mien et elle rigole. Je me demande si dans quelques années, elle aura peur de m’annoncer ses premières règles. Si, plus tard, elle osera partager avec moi la peur et l’angoisse d’être mère. Je me demande si elle répondra sincèrement à la question « es tu heureuse ? »

Dans ces moments là, je me dis qu’elle se rappelle le lien particulier qui nous unit, les premières semaines de sa vie en peau à peau, elle posée sur ma poitrine pendant des heures, à respirer à l’unisson, à s’apaiser ensemble de nos battements de coeur qui se répondaient. Cette petite personne a beau être l’indépendance même, je retrouve dans ses accès de tendresse furtifs tout l’amour qu’on a pu lui donner. La force qu’on a essayé de lui transmettre quand elle en avait besoin.

Maintenant, elle rit, elle court, elle tape dans la balle et s’assied partout, n’importe où, pour faire semblant de lire comme les grands. Mais toujours j’entends dans ses « maman » ce langage muet que nous partagions. Toujours je sens dans ses caresses ces moments où nous étions fusionnelles. Pas tout à fait une et pas tout à fait deux.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *