Le journal

Au début du mois de décembre, avec Thomas, on a emmené Mia et Adam à Paris voir les vitrines des grands magasins (et une tonne d’autres choses). Mais nous avions aussi promis de passer au rayon papeterie du BHV pour qu’ils puissent choisir un carnet chacun. Les enfants adorent les carnets. Je ne connais personne d’autre qui aime le papier et les stylos autant que moi. On a fait le tour des rayons, un peu déçus que celui-ci ai été rétréci pour cause de célébrations de Noël imminentes, et puis ils ont arrêté leur choix sur deux carnets d’une discrétion à faire pâlir. Mia a choisi un modèle à strass effet « peau de sirène », Adam pour un carnet du même format mais recouvert de dizaines d’énormes fausses pierres précieuses de toutes les couleurs. Devant notre manque d’enthousiasme qui contrastait celui des enfants, les vendeurs ont pouffé. Et puis nous avons capitulé. Rien ne s’opposait à ce qu’ils prennent les carnets qui les avaient appelés.

Dans la journée déjà, ils ont commencé à les remplir. Mia, qui a appris à écrire, s’est mise à raconter nos étapes ,et Adam l’a également fait sous la forme d’une bande dessinée de NIF le cochon, son personnage fétiche. Et puis nous sommes rentrés. Les carnets ont rejoint la pile de carnets et de feuilles avec les boîtes à feutre et à crayons de couleur. Mais Mia a continué à remplir le sien. Elle écrit dedans. Des petits poèmes mélancoliques (à 7 ans ? doit-on s’inquiéter ?), des récits du quotidien, des mea culpa, des pages secrètes qu’on n’a pas pu s’empêcher de lire (alors que juste avant bien précisé que c’était interdit aux parents). Bref, Mia a commencé un journal. Et je suis fière de ses phrases emphatiques, de ces petites bulles de vie de petite fille de presque 7 ans. Moi, j’ai tout perdu. Sauf un carnet rose avec un cadenas dans lequel je racontais combien j’étais amoureuse de Christophe Rippert (les vrais savent). Son trésor d’aujourd’hui, le carnet sirène où elle raconte sa vie et qui a déjà à lui seul une petite histoire, c’est notre trésor à nous aussi. Un jour, ma mère m’a offert un carnet. Et puis ma fille qui n’a pas encore 7 ans a eu le sien. Et quand elle s’en lassera, si elle s’en lasse, nous le garderons précieusement pour elle. Pour dans 10 ans, dans 20 ans, dans 30 ans même. Et elle rira comme moi je l’ai fait de moi. Et on s’excusera de ne pas avoir respecté ses secrets. Mais on était si fiers alors.

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