Les Nouveaux Héros : retrouvez Baymax en DVD ! (CONCOURS)

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Il y a 4 mois, j’emmenais Mia découvrir Les Nouveaux Héros en salles, un peu inquiète à l’idée que le film soit trop impressionnant pour une enfant d’à peine 4 ans. Une centaines de minutes après le début du générique, je pouvais souffler : tout comme moi, Mia a été ébahie par les aventures de Hiro Hamada et du robot Baymax, embarqués dans une aventure sensationnelle au cœur d’un univers mêlant habilement États-Unis et Japon. Depuis, nous ne cessons de reproduire le fameux « check » de Hiro et Baymax, un jeu de mains se terminant par un cri de guerre du genre « pou-ka-pou-ka-pou ». Et nous n’avons qu’une hâte : pouvoir de nouveau plonger dans cette aventure.

La bonne nouvelle, c’est que le film débarque le 24 juin en Blu-ray 3D, Blu-Ray, DVD et VOD, et que nous allons donc pouvoir retrouver ces héros qui nous ont tant marquées. Ah oui, au fait, le synopsis du film : un petit génie de la robotique nommé Hiro Hamada découvre qu’un complot criminel menace de détruire la ville de San Fransokyo. Avec l’aide de son plus proche ami, Baymax, un robot infirmier, et de ses compagnons qu’il va transformer en une bande de superhéros high-tech, Hiro va tout faire pour sauver la ville et la population de l’infâme Yokai…

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À l’occasion de cette sortie multi-supports, Disney me propose de faire gagner le DVD du film à 2 d’entre vous. Il vous suffit pour cela de répondre à une petite question dans les commentaires de cet article.

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Voici la question : pour le héros Hiro Tanaka, qui est Tadashi ? Vous trouverez la réponse dans la bande-annonce du film.

Bonne chance à toutes et à tous ! Le concours se terminera le mercredi 1er juillet…

[©2015 Disney – JC réservé à la France métropolitaine]

EDIT : C’est les commentaires n°24 et n°29 soit Perrine et BellanC qui remportent le DVD. Bravo à elles et merci à tous pour vos participations. À très vite pour un nouveau concours ! 

Cannes, jour 8 : le désamour Gaspar Noé

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4 films encore. Un réveil de plus en plus difficile. Et puis un espoir pour la fin de la journée : la projection de Love de Gaspar Noé en séance de minuit. La séance de minuit c’est un espace de liberté, de découverte, de folie et la projection du dernier film du réalisateur franco-argentin, avec son buzz qui monte depuis l’année dernière, n’est pas censée déroger à la règle. En fait, c’est cette séance qui est annoncée comme LE scandale du festival, ni plus ni moins qu’un film pornographique de 2 heures en 3D (le producteur Vincent Maraval a, tout au long de la semaine, cependant calmé les ardeurs des plus excités). Love, que Gaspar Noé vendait l’année dernière comme « le film qui va faire bander les garçons et pleurer les filles » est présenté au Palais et l’attente est maximale.

Il en faut du courage en fin de festival pour enchaîner une journée de séances (et de travail) avec la projection d’un film à 00h15 (la séance aura, au final, commencé à 00h45) et prévoir une autre journée intense le lendemain. Une nuit de 3 heures est-ce que ce n’est pas un peu de la folie. La cohue qui s’amasse une grosse heure avant la projection me confirme que je ne suis pas la seule à être convaincue que cette séance est un événement (il y aura moins de courageux, le lendemain à 8h30 pour Dheepan de Jacques Audiard).

Malheureusement, le film n’aura pas été aussi historique que l’on aura pu l’espérer. L’utilisation de la 3D est anecdotique, les acteurs manquent de charisme (quand ils ne sont pas occupés à se donner du plaisir), et le réalisateur ne cache plus son caractère facétieux en se permettant des touches d’humour tout simplement malvenues. De sa présence en forme de clin d’œil appuyé, à celle de son producteur Vincent Maraval (et dont on ne peut pas réellement dire qu’il s’agisse de simples caméos), des références permanentes à son nom ou à son cinéma, Love n’est pas un film qu’on pourrait qualifier de très humble ni de très fin. Le bouchon est poussé trop loin quand le réalisateur se permet le recyclage d’une scène de son film précédent, Enter the void, sans pertinence particulière. Gaspar Noé recycle. Il tourne en boucle sur ses sujets de prédilection qu’il n’a jamais réussi à vraiment creuser, la vie, la mort, l’amour, le sexe, le temps qui passe. La sensation est désagréable quand on se rappelle à quel point il avait bougé des lignes avec Seul contre tous puis Irréversible. Il était alors un cinéaste qui n’avait peur de rien. Aujourd’hui, il brille par son conformisme.

Que ceux qui attendaient donc un porno 3D se rassurent, les scènes de sexe sont bien là. Mais répétitives, désincarnées, sans âme ni imagination. Comme le film, ces scènes ont la fougue et la beauté de la jeunesse mais absolument aucune profondeur. Gaspar Noé est resté jeune, trop jeune pour toucher autre chose que le public qui lui est toujours acquis, les adolescents. Quelle déception.

Cannes, jour 7 : le rideau va tomber

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23 films en 7 jours. Le festival est sur la pente descendante. Dans les files d’attente, on conclut déjà que cette compétition était un peu molle. On voit partir les premiers camarades alors que tombent les premières gouttes de pluie. Doucement mais sûrement c’est la fin.

Deux films se détachent nettement de ces visionnages en série : The Lobster (drame absurde de Yorgos Lanthimos) et Carol (drame sentimental de Todd Haynes). On espère des prix, on donne sa palme en sachant pertinemment que le festival ne fonctionne pas comme ça et qu’au moment de la clôture les résultats seront loin des attentes de la presse française. Les déceptions risquent d’être nombreuses, comme c’est toujours le cas dans ces cérémonies (des César aux Oscars), a fortiori quand on y met son cœur, sa passion et un peu de sa santé (mentale et physique) pendant une poignée de jours.

Le septième jour est un jour calme. Parce que le corps et l’esprit arrivent à saturation. Il faut s’aménager une plage de calme. Et je décide de m’octroyer une nuit de 6 heures (un vrai luxe) ainsi qu’un pique-nique en solo au soleil sur la plage. Je m’offre cette pause méritée ainsi qu’un nouveau coup de soleil, et la motivation pour aller au bout alors que mes proches et le confort du quotidien commencent sérieusement à me manquer.

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De cette journée de cinéma, je retiens le drame du réalisateur philippin Brillante Mendoza, Taklub (Un certain regard), sur la vie d’habitants du bord de mer après le passage dévastateur d’un typhon. Il y a les pertes humaines et puis il y a ceux qui restent vivre sur place. La vie précaire dans des baraquements de fortune a ses inconvénients et si la communauté est soudée autour du drame, c’est d’autres tragédies qui se jouent au quotidien. On voudrait imaginer que ces gens ont eu leur lot de souffrances et de malheur pour toute une vie mais rien n’est aussi simple ni aussi facile. C’est donc avec une grande sensibilité, l’on sent encore très clairement l’émotion qui transpire de cette œuvre, que Brillante Mendoza aborde le quotidien de ces gens. Avec les deuils, les espoirs, les enfants qu’il reste et à qui il faut donner envie de vivre, la peur aussi vissée au ventre que le drame se reproduise. À ce stade de l’histoire, ce sont juste des gens qui demandent à tourner la page, et les nombreuses questions ainsi que les corps disparus les empêchent d’avancer. Taklub n’est pas parfait mais c’est une œuvre du cœur dont certaines images resteront longtemps gravées dans ma mémoire.

Plus que deux jours pleins de festival, 10 films en tout. Les nuages viennent obscurcir la croisette comme un voile. Tout doucement, le rideau tombe. Il reste une séance de minuit, quelques fêtes mais ces évènements se comptent sur les doigts d’une main. Et à ce stade, il est impossible de savoir si c’est triste à pleurer ou joyeux.

Cannes, jour 6 : le festival des mères

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C’est un phénomène courant à Cannes, vu la quantité de films présentés et l’air du temps, de voir se dégager après quelques jours des thématiques communes ou redondantes. Cette année, c’est la question de légitimité de la mère qui est posée.

Il y a la mère indigne (La tête haute), le mère en lutte contre elle-même (Mon roi), La mère qui disparaît (Mia madre), La mère qui sacrifie tout pour l’être quitte à en faire un peu trop (Le conte des contes), La mère à qui l’on veut retirer son enfant (Carol et Nahid), La mère qui a baissé les bras (Louder than bombs). Il y a aussi les cas particuliers, Paulina et son enfant issu d’un viol et Maria (Alias Maria) qui devient mère alors qu’on lui interdit. Ce sont des mères « trop », trop absentes, trop présentes, trop combattantes, trop seules.

Le point commun, c’est la question. Est-ce qu’on devient toutes mères de la même façon ? Avec la même intensité ? Est-ce une étiquette qui fait disparaître toutes les autres ? La maternité n’est plus une évidence, pas pendant la grossesse et encore moins après l’accouchement. L’image de douceur, de situation naturelle et évidente est cassée. Cette année, la part belle est faite aux femmes qui doutent, à celles qu’on opprime, à celles qui se battent. Le droit d’être mère ou de ne pas l’être est âprement défendu.

La mère, toujours celle sur laquelle on revient. Celle qui est à l’origine de tout. « C’est de la faute de la mère ». À Cannes, plus question de bonnes ou de mauvaises mères, les films les plus réussis acceptent les nuances. Ils acceptent que les mères soient des femmes avant tout.

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Aujourd’hui, après les projections de Cemetery of splendour (nouveau bijou d’Apichatpong Weerasethakul, photo), Las elegidas (drame social mexicain), La loi du marché (drame social français) et Marguerite et Julien (ovni incestieux de Valérie Donzelli), je m’apprête à profiter de ma première « séance du minuit » du festival. Avec Office, thriller coréen (par le scénariste de The murderer), la journée de cinéma se termine après deux heures du matin. Une folie à ce stade du festival, mais un vrai plaisir de cinéphile. Ces séances un peu particulières sont souvent de belles respiration (même si le réveil, le lendemain matin, pique un peu).

Cannes, premier week-end

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Le week-end est toujours un moment particulier pendant le festival de Cannes. La foule des badauds est plus compacte (beaucoup plus) et rend très périlleuse la circulation autour du Palais. On prend bizarrement plus le temps de profiter du soleil (très généreux, cette année). Et puis on prend la mesure du temps passé à Cannes, c’est déjà la moitié de l’aventure. Les jours précédents ont des airs de tour de chauffe.

C’est une petite musique entêtante, enivrante. Une valse des corps, un collé-serré qui prend parfois des airs de lutte. Et puis il y cinéma. En fait, il n’y a définitivement plus que ça.

Parce que j’essaye d’écouter mon entourage qui est de « me ménager », je limite les séances : 8 films en deux jours (14 films en tout pour l’instant). Ça n’empêche pas que ces 8 films représentent plus d’une dizaine d’heures d’attente sous le soleil, des repas sautés, et de multiples vertiges et chutes dans les marches de la salle Debussy (des marches particulièrement vicieuses qui se montent ou se descendent encore dans le noir du générique, sinon ce n’est pas drôle).

Je n’oublie pas de voir mes camarades autour d’un dîner ou d’un verre. J’essaye de me rappeler que je suis vivante (et non pas une entité critique complètement désincarnée) en sortant m’assourdir et m’abrutir dans des soirées clubbing où je suis la seule femme enceinte à la ronde, et dans la minorité qui ne boit pas d’alcool ni ne prend de drogues.

Ce festival mormon est une épreuve. Pour mes nerfs déjà et puis pour mes muscles endoloris qui me rappellent à chaque instant que je pousse le bouchon un peu trop loin (le simple fait d’effleurer mes épaules me donne les larmes aux yeux, logique conséquence de porter sur l’épaule, l’une puis l’autre, le sac qui contient mon macbook et le kit de survie du petit festivalier toute la journée). Je refuse sans arrêt des verres (« allez, tu vas bien nous suivre sur un shot ! » « Un verre de vin de temps en temps, ça ne fait pas de mal au bébé »). Je fais mon possible pour que ça ne soit pas trop pesant pour ceux qui m’entourent, pour que cette donné s’efface ou s’oublie, pour ne pas être une moi en dessous du régime habituel. Que je suis la seule à jeun, la seule qui contracte, la seule qui bataille encore avec les désagréments du premier trimestre de grossesse en parallèle avec les symptômes de l’épuisement et du stress de tout bon festivalier. Et pourtant, un festival de Cannes sous le signe de la tisane, ça ne me fait pas envie.

Ce Cannes, il me semble un peu moins vivant et un peu plus terne que les années précédentes. Mais il n’en reste pas moins un événement exceptionnel que je suis heureuse de vivre. Une folie, un privilège, une aventure. 7 ans après, la passion est toujours là. Elle grandit même avec la culture qui s’étoffe. Vieillir avec le festival, c’est toujours bien vieillir.

Cannes, jour 3 : le tour du monde en une poignée d’heures

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Je ne sais pas comment expliquer cette excitation, ce besoin viscéral d’enchaîner les films jusqu’à ce que la tête tourne et que le monde autour n’existe plus. Voir 4 à 5 films, de 8h30 à minuit, tous les jours, pendant quasiment 10 jours.

Est-ce que c’est une drogue ? Est-ce que c’est une échappatoire ? Je ne veux pas y penser.

C’est une sensation grisante, unique. Il n’y a rien au dessus. C’est un voyage, un tour du monde en une poignée d’heures. C’est un moment où on écoute son cœur et son corps. Les réactions sont viscérales, exacerbées, et donc atteignent une sorte de vérité. Une vérité qui n’a lieu d’être que dans ce contexte. Dans la vraie vie, où l’entrée en salle est définie par le passage de la carte UGC dans la machine et pas au scan et à la couleur de son badge, les réactions aux films sont plus posées et réfléchies. On prend du recul, on ne donne pas autant de soi.

Cette année, les séances s’enchaînent avec régularité et sont entrecoupées d’incursion sous un soleil éblouissant. Ce qui pourrait être une sensation agréable (le vent légèrement iodé et le soleil qui réchauffe les carcasses engourdies par la climatisation) est en fait un acte de violence. Ce soleil, il est trop vrai, trop fort, trop tout. Il donne envie d’aller à la plage dans un quotidien éphémère où il n’y a pas vraiment de place pour la plage.

Dans petit Moleskine noir au fond de mon sac de festivalière, il y a le planning de cette prochaine semaine. Des heures et des lieux, des noms de films, parfois de cinéastes. Le strict minimum pour arriver dans les salles vierge de tout a priori, prête à être cueillie, accueillie ou repoussée par le film que je vais voir. Il y a un abandon. Et chez moi, cet abandon est total.

Cannes, premiers jours

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J’ai la chance de commencer mon festival de Cannes 2015 en changeant mes habitudes. Pendant 2 jours, je laisse Nespresso me guider, me tenir par la main dans une expérience culinaire exceptionnelle, la découverte d’un menu composé spécialement pour l’occasion (sur le thème, choisi, du film Sous le soleil de Satan de Maurice Pialat) par le chef Yves Camdeborde.

D’abord, il faut monter les marches. Ma première montée des marches pour l’ouverture du festival, et dans des conditions idéales qui plus est. Escortée dans une berline officielle du festival jusqu’au bas du tapis rouge, je pose pour les photographes avant de monter avec solennité les marches qui m’avaient tellement manqué depuis un an. Bien sûr, je me prends à moitié les pieds dans ma robe sur la première marche (quelle idée aussi, la robe longue). Bien sûr, je ne vois pas Heidi Klum arriver derrière moi. Et je ne réalise qu’en haut à quel point la foule est compacte et la musique assourdissante. L’adrénaline m’empêche de me concentrer.

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La cérémonie est belle. Le discours de Lambert Wilson est parfait, la chorégraphie de Benjamin Millepied inspirée par le Vertigo d’Hitchcock est sublime. Le générique du festival me fait battre le cœur, même je sais que je vais l’entendre tellement souvent ces prochains jours, et que je l’ai déjà tellement entendue par le passé. Mais cette fois, c’est différent, c’est la première fois de l’année.

Et puis il y a le film d’Emmanuelle Bercot. Des interprétations magistrales (Deneuve et Magimel), d’autres beaucoup moins bien (Forestier) et un film qui souffre de la comparaison avec le Mommy de Xavier Dolan (cette année, membre du jury). C’est un choix fort de pousser un film social français sur le devant de la scène, en ouverture de festival (en opposition aux grosses machines des années précédentes) mais le film pose question (sur le déterminisme social, la critique des institutions, la rédemption par la paternité) et n’est pas tout à fait abouti.

Le lendemain, c’est le grand jour. Il y a d’abord, la découverte de la plage Nespresso. Un lieu qui allie détente et chic, où une mezzanine de verre contemple à la fois la mer et la croisette.

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Et puis le film Sleeping Giant, présenté en compétition à La Semaine de la critique est une découverte qui n’en finit pas de m’enthousiasmer. Un premier film canadien porté par des jeunes acteurs dont la justesse de jeu a de quoi faire pâlir Sara Forestier. Des références à Larry Clark (Ken Park) et Jeff Nichols (Mud). Même si sur scène on parle de Sa majesté des mouches et de Stand by me. Au final le film est résolument contemporain, complexe, fin dans son portrait d’ados et d’adultes qui se cherchent sans jamais se trouver.

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Le déjeuner sur la plage Nespresso, les pieds dans le sable et les épaules sous le soleil (outch) est un vrai délice. Homard en fraîcheur printanière et son acidulée de mangue, puis filet de Saint-Pierre, wakame et émulsion de crevettes grises pour finir sur une sphère meringuée (je ne crois pas avoir jamais mangé de meringue aussi légère), crémeux passion et sorbet basilic.

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Le temps d’attraper un coup de soleil et me voilà en pleine visite du Palais des Festivals. L’occasion de traverser des couloirs que j’ignore d’habitude copieusement : le Marché du film (et c’est une erreur), l’infrastructure et les QG des partenaires. Je découvre aussi une petite terrasse délaissée par la foule… qui cache une vue imprenable sur le tapis rouge et toute la Croisette.

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On nous promet une rencontre avec le chef Camdeborde. Que dire à un tel homme de talent (dont on ne découvrira en plus la cuisine que le soir) ? Je pose la question que Thomas m’avait soufflé « Mais sinon, vous savez parler sans accent ? ». Il me répond « Mais c’est vous qui avez un accent. ». Mouchée par le grand homme qui ne s’offusque pas de mon insolence. Il nous parle de son enfance, de son éducation religieuse (directement liée avec le choix du film et du menu), de sa tendinite qui le fait souffrir, du menu qui nous met l’eau à la bouche.

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Un aller-retour à l’hôtel pour « se rafraîchir un peu » (douche express, enfilage de tenue de soirée et d’escarpins, rouge à lèvres assortis à la robe, je suis le diable sous le soleil). Le premier service est à 19h et nous avons la chance d’être servie à la même table que les chefs de l’année précédente et des partenaires invités. L’ambiance est légère, comme si chacun mesurait sa chance d’être là, les 20 premiers à être assis à cette table, dans cet espace au dessus de l’eau et du monde, à déguster le menu éphémère d’un si grand chef.

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Il y a d’abord les amuse-bouches « le sang et le corps du Christ » et puis le bénitier de jus glacé, le voile noir de Saint-Pierre, le Diable de poularde « rôtie pochée » et enfin la Religieuse au grand cru Arpeggio. Les plats se succèdent et étonnent. Une montée en puissance a été imaginée, pour finir sur un dessert aux notes amères, complètement étonnantes. Je suis conquise par les goûts et les parfums, les twists qui font toute la différence (le poivre de Sichuan dans la crème des religieuses, la dentelle à l’encre de seiche, une soupe froide qui ne ressemble à aucune autre, réveillée par du citron confit). La vaisselle est aussi magnifique, le service est impeccable. Rien ne vient troubler ce moment de grâce (divine ?) que le bruit des vagues qui s’échouent sur la plage rythme doucement. L’ambiance est bon enfant mais quand les assiettes sont vidées, le silence est pieux. Enfin les applaudissements sont sincères. Le chef Camdeborde a bien fait honneur au film de Maurice Pialat et au festival par la même occasion.

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Pour ces deux jours hors de tout, je tiens à remercier Nespresso, ses équipes, l’agence 14 septembre, et mon binôme Stéphanie (aka Pomverte). Cette expérience n’aurait pas été la même sans les sourires, les petites attentions et la bienveillance de tous.