A l’occasion de la sortie de leur BD commune, Very Bad Twinz, les jumeaux maléfiques de la toile, m’ont accordé quelques minutes de leur temps. Difficile de savoir comment interviewer ces deux trublions, j’ai donc opté pour un portrait chinois, une façon ludique et rapide d’en apprendre le maximum sur ces deux phénomènes.

Si vous étiez un animal ?
Pacco : Un ours.
Margaux : Une chatte.
Pacco : Nan, dis pas de conneries, tu serais une marmotte, radasse.
Margaux : Une chatte-marmotte alors. Une charmotte.
Si vous êtiez un homme ou une femme politique ?
Pacco : Aucun
Margaux : Personne. J’existerai pas.
Si vous étiez une couleur ?
Pacco : Noir.
Margaux : AAAAAHHHH. JE SUIS PAS BIEN, JE SAIS PAS QUOI CHOISIR. L’arc en ciel !
Pacco : J’attendais de savoir à quel moment t’allais craquer…
Margaux : Chantilly ! Straciatella !
Si vous étiez un plat ?
Pacco : Le Bo-bun.
Margaux : (long silence). le plat de ma mère, là, c’est quoi ? Irish stew !
Pacco : Ah ouais d’accord ! Bah moi je choisis le columbo d’accras de manioc (il le prononce avec l’accent) alors.
Margaux : C’est un genre d’osso bucco, c’est délicieux. Tiens, mets osso bucco à la place.
Si vous étiez un jouet ?
Pacco : (imite une vibration et tape compulsivement sur la table) un jouet pour adulte.
Margaux : Un jouet pour grandes filles, c’est ça ? Je serais la poupée de Buzz L’éclair. Ou la copine de Stitch mais je sais plus son nom. Quel jouet de ma fille, j’ai envie de lui piquer ? Oh, la poupée Jessy.
Pacco : C’est même pas à ta fille, c’est à toi ça.
Si vous étiez une fringue ?
Margaux : Oh, une paire de godasses. Un slip d’homme !!
Pacco : La chaussure gauche d’une paire de Timberland.
Si vous étiez l’autre ?
Pacco : je serai une grosse salope.
Margaux : je le suis déjà ! Moi, si j’étais toi, je ferais pipi partout tout le temps tellement je serai contente d’avoir ton pénis.
Pacco : Tu toucherais ma bite ?
Margaux : Ouais grave.
Pacco : Moi je me foutrais à poil et je me collerais sur une vitre pour te foutre la honte. Sérieux, là. YOUHOUUU !
Margaux : Mais en fait, je serais pareil que comme tu es parce que je te trouve parfait.
Pacco : PAREIL ! PAREIL !
Si vous étiez une BD ?
Margaux et Pacco : (montrent Very Bad Twinz) celle là !
Je suis sortie ravie de cette rencontre, à la fois simple, délirante et humaine et c’est avec une générosité non feinte que ces deux là nous font partager leur talent. Je vous conseille donc, si vous n’êtes pas encore accro de filer jeter un œil sur les publications web de Margaux et celles de Pacco (ici et ici). Very Bad Twinz est déjà disponible dans les librairies et l’album de Pacco Une semaine sur deux, sur la suite de ses aventures avec Maé est à paraître pour le début de l’année prochaine.
Chroniques d’une mère indigne
Basée sur les célèbres Chroniques d’une mère indigne, le blog de Caroline Allard, la BD de Sophie de Villenoisy et de Anne-Olivia Messana est un condensé de maternité échevelée, de gentilles mesquineries et de fraîcheur enfantine (oui, c’est comme ça qu’on appelle aussi les petites réflexions qui foutent la honte devant des inconnus ou dans les lieux publics). Dans le fond, on sent de vraies anecdotes qui sentent le vécu, les heures de procrastination à cause de l’épuisement et les autres à courir dans tous les sens. Avec ses deux filles, elle cherche autant à réussir l’éducation de ses enfants qu’à ne pas oublier sa féminité et son humanité sans être une wonderwoman et surtout sans une éclatante réussite. Car ce personnage de maman est avant tout une looseuse et c’est la raison principale de son coefficient sympathie.
La couverture, par ailleurs beaucoup plus fluo dans la vraie vie (ma fille a scotché dessus de longues minutes me permettant de finir de laisser sécher une manucure – on notera le double emploi), m’a d’ailleurs étrangement rappelé l’affiche de Mais comment font les femmes, sorti récemment au cinéma. Si vous vous rappelez de mon avis sur ce film, sachez que Chroniques d’une mère indigne développe tout à fait des idées inverses et ne peut donc pas être plus en phase avec la maternité d’aujourd’hui. Celle que je vis, d’abord mais aussi celle que j’imagine que vous vivez (ou vivrez si vous ne vous y êtes pas encore mises). Une maternité faîte de tâtonnements, de concessions, de doutes et de moments pas super glorieux en échange de quelques moments de grands bonheurs ou de supers fou-rires.
Un bémol ? Peut-être pour la volonté de découpage en gags de ces anecdotes du quotidien qui, malgré leurs saveurs, ont parfois des chutes assez faibles (voire inexistantes). C’est en tout cas l’avis de monsieur Le papa de Mia, qui n’est ni une mère ni indigne (et qui est toujours offusqué quand les pères n’ont pas la part belle dans les publications sur la parentalité). Mais n’oublions pas que Chroniques d’une mère indigne, aussi réaliste soit-il, est avant tout un divertissement et c’est donc à ce titre que vous ne devez pas hésiter à l’offrir à vos copines actuellement en galère maternelle ou à vous le faire offrir, pourquoi pas, il n’y a jamais de mal à se faire du bien.
Chroniques d’une mère indigne aux Editions Jungle, 12 euros.