Les noces de bois

les-noces-de-bois

Pile cinq ans après, on rouvre l’album de mariage, et on réalise (comme si le quotidien n’y suffisait pas) à quel point tout a changé.

Lire la suite

Notre mariage d’hiver

View More: http://lovelypics.pass.us/mariage-esther-henri

« Sur ce territoire,
De tes pieds à ton front
Je passerai ma vie
À marcher, à marcher, à marcher. »

L’infinie, Les vers du capitaine, Pablo Neruda.

Cette date a d’abord été un horizon lointain, une certitude heureuse mais presque inaccessible. Puis les contours flous sont devenus des lignes et enfin le dessin s’est fait plus net. Le ciel du 5 décembre au matin affichait du rose et du bleu, avec une pointe de doré. Un croissant de lune était visible depuis la fenêtre du salon, comme un repère rassurant. Cette matinée secrète fut faite de danse, de rires et de quelques larmes silencieuses.

Mes deux témoins sont arrivés et j’ai commencé à me préparer, avec une certaine désinvolture. Volant d’une pièce à l’autre sur la pointe des pieds dans mon tutu de danseuse. Le temps s’est écoulé lentement, au rythme des rires, des hésitations, des mèches de cheveux que l’on attache et des ongles que l’on vernit. Je les ai regardés tous les deux et j’ai trouvé leur présence si belle et si juste. Les années ont passé sur notre amitié sans l’abîmer, malgré les tempêtes et les blessures. Il ne restait plus ce matin-là que l’évidence d’être ensemble. Ils sont ma jeunesse, mes 18 ans, mes premiers chagrins d’amour, mes confidences et tellement de mes rires.

Je me suis ensuite glissée dans la soie et la dentelle de ma robe, cette robe aussi parfaite et délicate que lorsqu’elle n’était qu’une ébauche griffonnée sur une feuille. Notre photographe était là, discrète et joyeuse, comme une amie de passage qui aurait trouvé sa place dans notre intimité.

En rejoignant la voiture, le soleil m’a fait oublier le froid et le vent. J’ai croisé un vieux monsieur qui promenait son chien et nous nous sommes souri. Je n’étais ni stressée ni anxieuse, simplement heureuse. Devant l’église, je suis restée quelques minutes dans la voiture avec mon meilleur ami, mon témoin, mon bras vers l’autel. J’ai aperçu Henri de dos, son costume, son pas rapide. Il ne s’est pas retourné et je l’ai regardé s’avancer dans l’allée de l’église. J’ai alors pris une profonde inspiration et fermé les yeux pour penser à nous. Notre histoire nous avait mené jusqu’à cette froide journée de décembre où nous allions nous marier. Après des années, un petit garçon aux grands yeux noirs et surtout beaucoup d’amour. Il était beau et j’espérais que ma robe allait lui plaire. Je me suis sentie comme à l’aube d’un premier rendez-vous, impatiente et débordante d’espérance.

Lorsque mon tour est venu de rentrer dans l’église, alors que je redoutais tant ce moment, j’ai été éblouie par nos invités, leurs sourires, leur chaleur. Serrés les uns contre les autres, en grappe, ils étaient beaux et émus. Mes chaussures à paillettes m’ont alors menée jusqu’à lui. La suite, ce furent des mots, des larmes, des rires, des mains qui se serrent. La lumière qui irradie à travers les vitraux et dépose sur nous sa douceur bienveillante.

Sur le parvis de l’église ils étaient tous là, leurs scintillants à la main, faisant crépiter cette fin d’après-midi de milliers d’étincelles. J’ai embrassé mon mari et, comme je le fais toujours, j’ai passé ma main dans sa nuque. Quelques mots échangés à la volée avec les invités de passage, on remarque les yeux humides de certains, les sourires silencieux des autres. Et après ? Après…la route, le soleil couchant et les festivités qui s’annoncent !

Lorsque nous avons franchi la grille du château il faisait déjà nuit. Alors, à l’extérieur comme à l’intérieur, nous avons pallié au manque de lumière naturelle par des lanternes, des guirlandes, un feu. Et c’est à la lueur de la bougie que nous avons dîné. J’avais dit que je ne prendrais pas la parole et finalement, emportée par la joie de l’instant, j’ai pris le micro la première. J’ai aimé revoir les photos prises pendant les discours, regarder les visages, les yeux émus et les éclats de rire. Voir tout ce que je n’avais pas vu. Ces moments-là furent parmi les plus beaux de la journée, entendre leurs mots, nos souvenirs, sentir ces liens si forts entre nous tous. Certains avaient une feuille imprimée, d’autres un texte écrit à la main ou des notes sur un téléphone portable. Mais ils ont, chacun à leur manière, touché juste. Ils liront ces lignes, ils savent que je suis une pierre mais ils savent aussi à quel point je les aime. Pendant la folle nuit qui a suivi, je me souviens avoir pensé que le bonheur était là : rire à en avoir mal aux joues en dansant avec un panda, fermer les yeux et serrer l’homme de ma vie dans mes bras en pensant à demain. Et à tous les jours de notre vie.

Alors oui, le jour s’est levé sur le tipi de lumière et le feu de camp. Nos invités sont partis et il a fallu refermer cette parenthèse comme on tourne la dernière page d’un roman qu’on a follement aimé. Mais quand je serai très vieille, je me rappellerai de cette dentelle, de la beauté de ce jour et de tout cet amour.

Photo de Chloé Lapeyssonnie

 

La papeterie de notre mariage d’hiver

IMG_9060

La préparation d’un mariage ressemble à celle d’un voyage. On imagine, on rêve, on calcule, on trépigne. Puis le grand jour arrive et passe à la vitesse d’une étoile filante. Nous avons attaché beaucoup d’importance aux détails, pour que ce mariage nous ressemble et que nos invités passent un moment magique. Ils ont donc reçu, au cours de l’année 2015, plusieurs indices quant à la tonalité que nous voulions donner à ce 5 décembre. J’étais très séduite par l’idée du Save The Date, un bon moyen de prévenir les invités avant l’envoi du véritable faire-part. Nous ne savions pas vraiment quelle forme lui donner (mail, courrier, vidéo) et puis un concours gagné sur le blog Queen for a day a précipité la décision. Nous avons donc décidé d’utiliser l’une des photos de la séance pour illustrer un Save-the-date envoyé par courrier. L’hiver, nous, la Tour Eiffel qui scintille. Au regard de ce qu’a effectivement été la journée de notre mariage, je réalise à quel point cette image, réalisée un an avant jour pour jour, l’illustre bien. J’ai regardé sur internet les différents sites proposant ce type de prestation et notre choix s’est arrêté sur ce modèle proposé sur le site Mister M Studio.

IMG_0858 (1)

À l’origine nous avions eu un petit coup de cœur pour les faire-part du même modèle, avec les deux silhouettes en ombre chinoise (auquel nous avons finalement bien vite renoncé en regardant le prix et en réalisant, surtout, qu’il n’évoquait pas du tout l’hiver). Nous avons envoyé les save the date au mois de mars soit 9 mois avant le grand jour et avons ajouté un extrait d’un poème de Keats écrit à la main. Si certains invités ont été surpris par le principe, la majorité d’entre eux étaient ravis de cet envoi qui signifiait en quelque sorte le début du compte à rebours avant notre grand jour.

IMG_5750

IMG_9063

Concernant le faire-part, je me rends compte que j’avais eu dès le départ le coup de foudre pour celui que nous avons finalement choisi. Je l’ai trouvé par hasard en regardant sur Pinterest (la fameuse requête « winter wedding ») puis sur la page ETSY de la créatrice et il m’a immédiatement emballé. Un véritable faire-part de mariage d’hiver, ce que je n’avais jamais réussi à trouver sur les sites français. La créatrice était aux Etats-Unis et je redoutais que cela complique tout, en plus du prix et des frais de port que j’imaginais faramineux. Je l’ai tout de même contacté et le tarif qu’elle m’a annoncée était inférieur à tout ce que j’avais vu jusque là. Nos faire-parts ont donc été réalisés et faits à la main par Crystal, citoyenne de Pine Bluff dans l’Arkansas. Je la recommande les yeux fermés tant elle a été attentive, chaleureuse et professionnelle. Nous avons finalisé la liste de nos invités (mais futures mariés, sachez-le, cette liste n’est en réalité jamais terminée) et demandé à Crystal de réaliser également les marque-places dans le même design, mais aussi nos menus, les cartes de remerciements et surtout les noms de nos tables qui portaient les noms de nos livres préférés (que nous avons également acheté dans de belles éditions et posé sur les tables au milieu de la décoration). Des branches d’arbres se détachant sur un fond clair, des flocons de neige délicats et cette texture un peu granuleuse du papier…ce modèle et ses déclinaisons étaient l’évidence même.

View More: http://lovelypics.pass.us/mariage-esther-henri

View More: http://lovelypics.pass.us/mariage-esther-henri

View More: http://lovelypics.pass.us/mariage-esther-henri

View More: http://lovelypics.pass.us/mariage-esther-henri

View More: http://lovelypics.pass.us/mariage-esther-henri

L’appel de la forêt, la table des enfants

Photos de la talentueuse Chloé Lapeyssonnie 

Pour finir, nous avons fait appel à Aurélie d’Ante Scriptum qui a calligraphié toutes les adresses de nos enveloppes et également réalisé un tampon avec notre adresse. Elle a fait un travail absolument magnifique et a été très à l’écoute de nos demandes. Son atelier est situé en Belgique, nos enveloppes ont donc transité des Etats-Unis à la France avant de partir en Belgique, de revenir en France et de repartir vers nos invités…parfois jusqu’au Canada. Des enveloppes voyageuses et précieuses qui sont un beau symbole.

IMG_9064

Scoop : le temps passe

six-feet-under

Dans 6 mois, il y aura 3 enfants à la maison. L’oeil pétillant (comme toujours), Catnatt m’avait un jour prévenu, alors qu’Adam n’était pas encore né : « Méfie-toi. Quand on a trois enfants, on est en infériorité numérique. On n’est plus le pôle dominant de la famille ». J’aurai toujours ces quelques phrases dans le coin de la tête quand les journées seront trop interminables, les nuits trop courtes, les soucis trop nombreux. De temps à autres je me dirai que merde, nous aurions été plus tranquilles sans enfants, que mille bières se boivent sans nous sur mille terrasses… Et puis la seconde d’après, j’oublierai. Car je me sais à ma place. Je crois que j’étais fait pour être un père débordé, qui court partout, plie parfois mais ne rompt jamais (touchons du bois). J’ai toujours eu des valises sous les yeux. Maintenant ces valises ont un sens.

Dans 3 ans, nous dirons à jamais adieu aux couches. Nous transmettrons à qui veut le lit à barreaux qui aura protégé les nuits de chacun de nos enfants. Nous remiserons au grenier les quelques vêtements de bébé que nous souhaiterons conserver comme souvenirs. Nous nous tournerons vers un avenir fait d’écoles primaires, de premières lectures en solo, d’enfants qui prennent peu à peu leur indépendance. Les goûters d’anniversaire se multiplieront, les festivités de Noël seront bruyantes et agitées, la voiture familiale semblera bien trop exiguë pour toutes ces paires de jambes. Une fois le trio infernal enfin endormi, nous tenterons de lutter contre la fatigue pour tenter de profiter des moments passés l’un auprès de l’autre. Nous continuerons à nous battre pour continuer à exister aussi en tant que couple. Pas seulement en tant que parents.

Dans 10 ans, ce seront les années collège. Les réunions parents-profs, les allers-retours vers les entraînements de volley / les leçons de banjo / les cours de pastel (choix totalement arbitraires, loin de nous l’idée de leur imposer des activités). Les premières amours, peut-être. Les premières déceptions aussi. Les idées de futurs métiers qui s’affinent, ou peut-être pas du tout. La puberté. La crise d’ado, tumultueuse ou en douceur. Nos enfants ne seront vraiment plus des enfants. Ils continueront, lentement mais sûrement, à nous échapper. Les moments passés à deux seront peut-être plus nombreux, car ces chers ados passeront certaines de leurs journées reclus dans leur chambre, ne sortant de leur tanière que pour se sustenter.

Dans 15 ans, Mia aura peut-être le bac en poche. Ou peut-être aura-t-elle fait d’autres choix. Son frère aura l’âge de passer le bac français. En sera-t-il là ou absolument pas ? Les points d’interrogation se multiplient. Je ne sais même pas encore s’ils auront une sœur cadette ou un frère cadet. En tout cas, tous essaieront de fuir le plus loin et le plus souvent possible du foyer familial, pour vivre leur existence avec leurs ami-e-s. Mais peut-être que je me trompe, là aussi. Peut-être que nous vivrons dans une maison du bonheur où, au contraire, ce sont les potes de nos gosses qui viennent se réfugier. Parce qu’ils y sont bien accueillis, parce qu’on n’est pas trop pénibles avec eux. Chaleureux mais pas trop envahissants. Oreilles et épaules disponibles au cas où. Comme tout le monde, nous nous donnerons du mal pour ne pas ressembler à des vieux cons. Y arriverons-nous ?

Dans 30 ans, nous serons peut-être grands-parents, même si ça ne fait pas partie de mes objectifs de vie pour l’instant (notre aînée a 4 ans et demi, bordel). Je nous souhaite de pouvoir partir régulièrement en voyage, de pouvoir prêter main forte à nos adultes de rejetons tout comme nos propres parents ne cessent de nous prêter main forte, d’être toujours un couple uni et sincère. Que notre marmaille ait trouvé le sens de sa vie. Que tout ce petit monde soit en bonne santé. Qu’il accepte de se réunir avec nous autour d’un repas, d’un verre, d’une célébration. Que nous puissions sentir que cette vie passée à nous construire en tant que parents-mais-pas-que a porté ses fruits de façon fructueuse.

Je ne suis pas superstitieux mais je n’irai pas plus loin. Je suis marqué à vie par le final de Six feet under, ses vies qui s’accélèrent, ses drames et ses imprévus qui se succèdent à vitesse grand V. Je pense à toutes ces étapes qui jalonnent et jalonneront notre existence, et à l’issue desquelles nous ne cesserons de nous dire à quel point tout cela est passé vite et à quel point nous sommes vieux. Je vois ton ventre qui s’arrondit enfin, qui pousse de cette façon pour la dernière fois. Car c’est la dernière fois. Dans quelques mois, nous refermerons déjà ce chapitre de notre vie. Celui des tests de grossesse, des échographies, des accouchements et des premiers contacts avec ces petites choses qu’on appelle bébés. J’ai un scoop : le temps passe. Mais tant qu’il passe avec toi, moi, ça me va.

six-feet-under

Wedding hysteria

Avant de vous parler de mon mariage (presque) surprise, de combien c’était beau et magique et merveilleux, de combien celui qui est devenu mon mari était parfait, mes invités sublimes et ma témoin principale (ElooOO°° bien sûr) a été indispensable, laissez moi aborder tous ces petits détails qu’il a fallu peaufiner pendant des semaines et qui m’ont lamentablement lâché le jour J.

Le mariage est prévu à la mi-juillet, dans l’inconscient collectif il fait beau. Mais que nenni, malheureux, à la manière de ces mariées que je plains régulièrement et qui grelottent pendant toute la durée du big day, j’ai attrapée la crève de ma vie le 16 juillet à cause d’une pluie glaçante, de bourrasques de vent vicieuses et d’une balade en bateau carrément sadique. Oui, j’ai aussi soumis ce supplice à mes invités et je peux vous assurer que rien n’est plus déprimant que de voir le jardin où on est supposé dîner sous les guirlandes défiguré par la tempête, les rubans multicolores attachés aux branches des arbres emportés par le vent.

Accro au blog Un beau jour, charmée par le concept du mariage DIY (do it yourself pour les noobs), j’ai composé avec ElooOO°° un ensemble de décor, de menu et de détails cohérents et charmants faits de bric et de broc et aussi d’éléments commandés un peu partout dans le monde exprès pour l’occasion. Au comble du stress de la journée et alors que je me délectais d’un repas délicieux, je me rends compte que les ballons à pois commandés spécialement pour l’occasion sur un site anglais n’ont pas les pois symétriques. C’est très con, je sais, mais j’ai bloqué dessus pendant de longues minutes avant de me rendre compte que d’autres ballons (commandés sur le même site), à 5 livres la pièce quand même, déteignaient sous la pluie. De toute façon, ces ballons dont j’étais si fière une semaine encore avant le mariage, je les ai détestés de toute mon âme quand la bonbonne d’hélium (il a quand même fallu traverser la ville pour en trouver une à une prix raisonnable) nous a lâchés après le gonflage d’un ballon (oui, un) suite à une fuite de valve le matin même. Comble de ridicule, le seul ballon correctement gonflé à l’hélium n’a pas été attaché (par ma faute) et s’est envolé presque immédiatement.

Le truc avec ce mariage, c’est que tout le monde l’a voulu intimiste mais aussi réussi sur une accumulation de détails. ElooOO°°, par exemple, s’est vraiment impliquée dans ces petits trucs qui ont fait de cette journée, une journée exceptionnelle. Ce qui est amusant c’est que c’est plutôt les prestataires qui se sont lâchés (et qui nous ont lâchés) pour des raisons diverses et variées. Le gâteau, en particulier, a été la source de longues minutes d’angoisse et d’une petite colère de ma part le jour même du mariage. Premièrement, nous avons commandé un cake topper personnalisé aux Etats Unis sur le site Etsy, la fille a l’air professionnelle, elle répond aux mails extrêmement rapidement. Après un échange de mails où nous lui précisons la date du mariage et l’urgence de la commande, nous laissons couler en attendant le colis à la maison. 10 jours avant le mariage, on nous annonce que la commande va être envoyée. Conscients que le colis ne sera peut-être pas présent à temps, nous changeons le lieu de réception pour celui du mariage… puisqu’on ne sait jamais. Finalement, c’est le témoin et frère du marié qui a réalisé une copie quasiment exacte du cake topper le matin même du mariage avec son ordinateur et une imprimante portable. Le cake topper initialement prévu est arrivé chez mes parents avec 10 jours de retard… le colis avait été plié en deux par le facteur qui ne comprend pas l’anglais, il a été en plus sauvagement mutilé.

Le pâtissier aussi, n’en a fait qu’à sa tête en changeant l’intitulé de la commande qui lui avait été passée pour la raison toute personnelle « que ça aurait été trop sucré ». Merci monsieur de vous en faire pour notre taux de glycémie mais je me souviens bien avoir précisé que je voulais un glaçage américain en pleine possession de mes moyens et surtout pas de crème au beurre parce que j’aime pas ça. Le gâteau, livré avec 4 heures de retard, était bien sûr un monstre à la crème au beurre… chouette alors.

Je n’ai finalement pas eu mon dîner sous les étoiles et les guirlandes (à cause du temps), ma toile et le rétroprojecteur qui projette des extraits de films de mariage sur la musique de Nina Simone ont été délocalisés sous une toiture (Nina Simone s’est perdue en route), le gâteau m’a donné des haut-le-coeur, et le stress des colis qui n’arrivent pas m’a donné des insomnies pendant une semaine.

Et pourtant je retiendrais que les gens que j’aime étaient réunis autour de nous et se sont bien amusés, régalés, saoulés. Que ma fille n’a pas bavé sur sa petite robe (comme quoi, quand elle veut). Que je porte désormais une alliance qui me fait sourire quand mon regard la croise. Que les petits détails qui fonctionnaient bien ensemble… fonctionnaient si bien ensemble. Et qu’on oublie vite le reste, finalement.

Le mariage d’une fille électrique : inspirations…

Pour ce deuxième mariage des filles électriques (l’une mariée, l’autre témoin), l’événement a été décidé intime mais non moins travaillé, coloré, électrique et magique bref un mariage façon 2011 photobooth inclus. Quelques mois à peine pour organiser la chose, il a fallu chercher pendant de longues heures sur la toile des inspirations diverses du monde entier, se mettre d’accord (les deux filles électriques contre le marié ou l’inverse, pas facile tous les jours) et enfin matérialiser nos délires, bref une organisation express mais efficace. La Touraine a été choisie comme décor, on a donc compté sur le beau temps pour organiser une partie en extérieur et profiter des beaux arbres du jardin de mes parents.

Très vite, des photos tirées de l’excellent blog Un beau jour ont fait l’unanimité. D’abord, Un coup de coeur monumental pour le concept de bar à limonades. Des bouteilles en verre colorées que j’ai, comme c’est original aujourd’hui, proposé de boire avec des pailles en papier bariolées.

Crédit photo : Project Wedding

Et ça a donné ça, une table dans les couleurs du mariage : rose et orange autour d’une déclinaison de goût allant de pomme d’amour à mandarine, des bouteilles de différentes marques et de différentes tailles parmi lesquelles nos invités ont pu faire leur choix.

Crédit photo : ElooOO°°

Ensuite, c’est le marié qui a flashé sur cette photo de mariés pour le moins originale. Orange, c’est sa couleur et je l’imagine difficilement portant fièrement une « vraie » tenue de marié, le style a donc été vite adopté.

Crédit photo : Mark Brooke

Petit budget pour nos tenues qui ont fait sensation sur twitter. Chaussures commandées sur un site américain pour à peine 20 dollars pour moi, combinaison d’éléments soldés ou retrouvés dans les placard pour monsieur (sauf pour la cravate qu’il a bien fallu trouver, je ne vous raconte pas la tête de la vendeuse quand j’ai sorti ma chaussure de mon sac à main pour vérifier que les couleurs étaient joliment assorties). De mon coté, c’est une première (et une dernière selon l’intéressée) c’est ma maman qui a confectionné ma robe avec la complicité d’ ElooOO°° qui a découpé le tulle aux ciseaux la veille du D Day.

Crédit photo : ElooOO°°


Crédit photo : ElooOO°°

Pour finir, c’est moi qui ai juste craqué pour le truc le plus simple à mettre en place pour un mariage : le plafond de rubans multicolores. Sublime sur les photos trouvées sur internet, les membres de ma famille ont quand même d’abord cherché à me dissuader de cette idée complètement saugrenue. Mais c’était peine perdue, je voulais mon plafond de rubans.

Crédit photo : Our labour of love

Une commande à Hong Kong pour 1000m de rubans de 6mm de largeur dont la livraison nous a donné des sueurs froides jusqu’au bout. 2 jours d’installation (à ne faire que ça), le futur marié monté sur son échelle et moi à la découpe. Pour finalement courir à Ikéa et racheter de quoi faire des bandes de tissus en suppléments. Si l’on ajoute les guirlandes composées spécialement pour l’occasion à La case de cousin Paul, le résultat s’est avéré à la hauteur de mes espérances c’est à dire comme ça :

Crédit photo : ElooOO°°

Ces même rubans, ont aussi été utilisés pour la décoration du jardin et d’un arbre destiné à recueillir les voeux des invités (un peu comme un livre d’or mais dans un arbre), une idée personnelle inspirée d’une tradition japonaise.

Crédit photo : ElooOO°°

Bien sûr, sur les magnifiques photos d’ElooOO°° et avec de si belles inspirations, le mariage semble avoir été une perfection. On en était pas loin, mais pourtant il a bien fallu quelques éléments extérieurs pour corser un peu les choses… la liste des déconvenues de la mariée maniaque est à venir dans un prochain article.