Le journal

Au début du mois de décembre, avec Thomas, on a emmené Mia et Adam à Paris voir les vitrines des grands magasins (et une tonne d’autres choses). Mais nous avions aussi promis de passer au rayon papeterie du BHV pour qu’ils puissent choisir un carnet chacun. Les enfants adorent les carnets. Je ne connais personne d’autre qui aime le papier et les stylos autant que moi. On a fait le tour des rayons, un peu déçus que celui-ci ai été rétréci pour cause de célébrations de Noël imminentes, et puis ils ont arrêté leur choix sur deux carnets d’une discrétion à faire pâlir. Mia a choisi un modèle à strass effet « peau de sirène », Adam pour un carnet du même format mais recouvert de dizaines d’énormes fausses pierres précieuses de toutes les couleurs. Devant notre manque d’enthousiasme qui contrastait celui des enfants, les vendeurs ont pouffé. Et puis nous avons capitulé. Rien ne s’opposait à ce qu’ils prennent les carnets qui les avaient appelés.

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Entre 7H10 et 7H15

Georges a faim. Il a faim depuis une heure au moins. Il monte sur le lit, ronronne près de ma tête, miaule vaguement. Puis il finit par gratter à la porte de Théodore, il sait que c’est la seule chose qui me fera me lever. Je ne veux pas qu’il le réveille. Mais évidemment il le réveille. Je me recouche et j’entends la porte s’ouvrir, des petits pas sur le parquet. Je vois une petite lueur qui avance. Parfois Théodore vient de mon côté et m’embrasse la joue, il reste debout dans l’obscurité puis me murmure qu’il a faim. Lire la suite

Après la fusion

Avec Alba, on mange des Pocky à la mangue. Elle me fait croquer le sien, je lui fais croquer le mien et elle rigole. Je me demande si dans quelques années, elle aura peur de m’annoncer ses premières règles. Si, plus tard, elle osera partager avec moi la peur et l’angoisse d’être mère. Je me demande si elle répondra sincèrement à la question « es tu heureuse ? » Lire la suite

Des enfants déformés

Ce n’est pas faute d’avoir été prévenus : il est hyper difficile d’accepter que l’école déforme les enfants que l’on avait tenté de modeler à notre image jusque là. Nous rêvions que nos mômes soient les plus tolérants du monde, et les voici qui reviennent chaque soir avec des idées reçues à la pelle, que nous tentons tant bien que mal de déconstruire. Oui mais que vaut la parole d’un père et d’une mère face à celle de la meute qui entoure nos enfants à chaque minute de la journée (meute dont ils font également partie à leurs heures perdues, ne nous leurrons pas) ? Expliquer à un garçon de 4 ans qui aime le rose que ses pseudo-potes qui se moquent de ses chaussettes « de fille » sont des crétins, rappeler à une fille de 6 ans que le mariage n’est pas une finalité (mais qu’on peut se marier avec un homme ou une femme quel que soit son genre)… Pas simple d’être plus convaincants que les copains et les copines, dont certains ont sans doute des parents moins ouverts à la discussion que nous.

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Lui apprendre à rester curieuse

Mia est à l’âge où elle est avide de découvrir le monde. Assoiffée d’informations en tous genres sur tout et n’importe quoi. Des dinosaures aux ondes electro-magnétiques (parce qu’elle a vu une présentation au Palais de la découverte), des pays aux animaux sauvages. Elle retient des bouts de chanson de Louane, des mots en japonais et des fun facts aléatoires sur les fruits et les légumes. C’est passionnant d’observer comment sa mémoire d’enfant fonctionne, comme elle capte des petits bouts de tout qui feront l’adulte unique qu’elle sera plus tard.  Lire la suite

Comment éviter de se fâcher avec la terre entière en devenant parent ?

Ces 7 dernières années, je peux dire que j’ai lu une quantité de publications, topics de forum et d’articles de blog sur le sujet de la parentalité. Des heures de lecture dans le but de m’y retrouver un peu plus dans cette jungle de la parentalité qui laisse à penser qu’on est un peu les premiers à se lancer dans l’aventure.  Lire la suite

Le tigre blanc du carnaval

J’avais passé cette nuit-là dans la jungle, à marcher seule à travers  une forêt luxuriante. Au-dessus de moi les arbres étaient si grands qu’ils m’empêchaient de voir le ciel, et le soleil de l’été ne m’éblouissait que par intermittence. Puis j’ai entendu une voix. J’ai regardé autour de moi mais il n’y avait personne. Très lointaine d’abord, la voix s’est progressivement rapprochée jusqu’à devenir réelle. J’avais un pied dans la jungle et un pied sous ma couette lorsque les mots sont devenus plus clairs : « Maman, maman tu m’entends ?  Aujourd’hui  c’est le carnaval ! » A travers cette porte qu’il ne franchit jamais sans y être invité je lui ai crié de venir me rejoindre. J’ai entendu ses petits pas sur le parquet puis j’ai senti son corps tout chaud se blottir près de moi. Il faisait presque jour et je distinguais ses yeux grands ouverts dans la semi obscurité de la chambre. J’ai prétexté une tempête et nous nous sommes cachés sous les draps avant qu’il ne décrète que la plaisanterie avait assez duré. Lire la suite