Les ballons

En face, on s’est dit, il y a une forêt. En face de la Tour Montparnasse, des arbres au 8ème étage. Je crois que d’ici on voit tous les monuments de Paris. Lire la suite

Mère et fille

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J’avais promis à la fin du mois d’août, une journée rien que pour elle et moi à Paris. Avec la rentrée, les emplois du temps compliqués, cette journée a fini par se faire au mois de novembre. Et finalement, ce ne fut même pas une journée complète. Pourtant, dans le train pour Paris, au moment du déjeuner, Mia était folle de joie comme si on partait en vacances deux semaines dans l’endroit le plus fou et le plus beau du monde.  Lire la suite

Quelques heures à Paris…

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Je crois que mon but dans la vie c’est de boire des verres de Chablis à Montorgueil. So french. So parisienne. L’idée m’effleure l’esprit et puis je me rappelle que Montorgueil ce n’est plus ce que c’était maintenant qu’il y a un Starbucks et un Burger Bar de Quick (LOL). Je me rappelle aussi qu’un verre de blanc c’est 105 kcal et que je me donne pas 3 ans de ce « régime » pour devenir obèse. Et je ne mentionne pas la couperose ou les risques cardio-vasculaires. L’alcoolisme, tout simplement.

C’est un de ces moments où je m’imagine sans enfants et sans attache, sans maison à retaper, sans cacas dans la litière (et croyez-moi, deux chats ça fait beaucoup caca).

C’est un moment où je ne reprends pas le serveur qui me donne du mademoiselle quand il me sert deux fois des cacahuètes (il ne sait pas que je préfère les graines de lupin, mais ça fera l’affaire).

J’ai pris un verre de Chablis parce que je voulais avoir l’air sophistiquée. Et que 18h c’est un peu tôt pour un Blackrussian. La pendule carrément vintage a sonné 18h30 alors que Katy Perry passait à la radio. Dans toute la rue, j’ai choisi ce bar parce que j’y avais rencontré un réalisateur il y a quelques années.

Des flashs dans le café, je me demande pourquoi. Un touriste prend en photo la vitrine (coucou !) et je vois dans la vitre une blogueuse mode shooter son look du jour devant le mur à ma gauche. Carte postale moderne. Malgré cela, je n’arrive pas à détester Paris.

C’est fou d’avoir encore cette étincelle, cette envie, cet amour des parisiens de toujours ou de passage. je retrouve comme une évidence les lieux où j’ai travaillé, les quartiers où je me suis baladée des centaines de fois.

En ce moment, la Gare du Nord est en train de changer de visage. Ces dernières années c’était un peu une porte d’entrée dans la ville pour moi, un passage incontournable. J’aimais la justesse du portrait dressé par Claire Simon. Et est arrivé un Starbucks, des corners de marques, une volonté d’aseptiser cet espace vivant. Le grand panneau central a laissé place à des dizaines de petits écrans. On va dire que je suis passéiste, mais cette gare-là, je ne m’y fais pas. J’aimais ses aspérités, habitée par des visages abimés par la vie qui donnaient une histoire et un mystère aux lieux. Doucement, ce paysage-là est en train de changer et je suis presque soulagée d’avoir vu la transformation se faire. J’aurais eu trop de mal à me retrouvée confrontée à cette transformation si brutale.

Paris change doucement. Et je vieillis. Au moins n’ai je pas l’impression d’être en complet décalage.

Ils ont tué l’Amour…

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Nous étions sur scène quand les premiers messages ont commencé à affluer sur nos téléphones. Nous avions représentations vendredi et samedi soir pour notre spectacle d’effeuillage du mois avec des guest stars. Ça devait être une grande fête, un bon moment entre amis à rire, s’amuser, manger du fromage et du saucisson en buvant du pinard, des paillettes plein les cheveux. Lire la suite

La fin du monde avant le lever du jour

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En janvier, je n’avais pas pu détacher mes yeux des écrans de la première à dernière minute. Zombifiée par l’horreur et finalement sauvée par l’élan de solidarité qui en avait découlé. Nous étions là, ceux qui restent, et nous allions nous faire entendre. Nous avons marché, ensemble, sous la pluie. Une foule compacte et indestructible.

Vendredi soir, nous profitions de notre première soirée seuls depuis la naissance d’Alba. Ma mère, qui avait passé la semaine avec nous, venait de partir, et Thomas se réjouissait de rattraper les épisodes de séries que nous avions en retard. Nous avons lancé un épisode de Fargo… que nous n’avons pas regardé. Ça a commencé par quelques tweets. Une fusillade dans un restaurant que nous avons fréquenté, dans ce que je considère être mon quartier, ma maison. On parlait sur Twitter à ce moment-là d’un règlement de comptes. Et puis ça a été l’escalade. Les heures qui ont suivi, nous les avons à nouveau passées sur nos écrans, l’un à coté de l’autre, sans se toucher et sans se parler. J’ai tremblé, il a pleuré. Le mot carnage est revenu plusieurs fois et quand j’ai décidé de tout couper on comptait les morts à Paris, dans le silence.

Cette fois, ce n’était pas pareil. Ce n’était pas une idée qu’on attaquait mais une génération et, à titre personnel, les lieux où je me sens chez moi, les amis que je considère comme ma famille. Vendredi, nous avons envoyé fébrilement des messages. Ils étaient tous là, fêtards de passage et habitants de la première heure. Nous avons eu la chance de ne déplorer aucune perte directe. Ce qui ne veut pas dire que je ne déplore pas les dizaines de visages qui ne sourirons plus. Ça aurait pu être nous, ça aurait pu être nos potes, ce sont les enfants, les frères et soeurs et les amis d’autres. Et je pense à eux.

Bizarrement, chez moi, le choc est cette fois plus sourd. C’est une boule dans l’estomac et la gorge mais qui ne s’exprime pas. Mes larmes ne coulent plus. Je suis juste abattue et je m’enfonce dans le silence. Twitter m’est devenu insupportable, la télévision reste éteinte. Doucement, je fais le deuil du monde d’avant. Avant la possibilité du carnage. J’y croyais encore, allez savoir pourquoi. Ou peut-être que je pensais qu’on était tous protégés de ne pas être des symboles, sans me douter que, pour certains, aller s’éclater en concert ou boire des coups en terrasse est déjà une provocation.

Ce week-end, j’ai été chez moi, protégée, la tête bien enfouie dans le cou de ma fille toute neuve (qui sent le gâteau au yaourt qui sort du four). Mais mon coeur était à Paris. Dans le quartier où j’ai vécu des années, avec mes amis. J’aurais voulu les rejoindre, les étreindre pour étancher notre peine et nos angoisses, voir de mes yeux que les lieux existent encore, qu’ils n’ont pas été rayé de la carte, et que la vie, même de façon imperceptible y subsiste encore.

La vie, chez nous, elle bat dans le coeur des enfants. Ils grandiront dans ce monde avec moins de difficulté que nous avons à l’accepter. Ils n’ont pas peur. Je vais une nouvelle fois leur emprunter le courage et la force. C’est peut-être la fin du monde tel que nous l’avons connu… mais nous allons vivre.

(et j’ai bien l’intention de vivre si fort que le bruit assourdissant fera exploser la tête de ceux qui ne le supportent pas).

Disney Live ! Magical Music Hall en famille

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Mercredi, grâce au #DisneySocialClub, nous avons profité de places de choix pour découvrir le nouveau spectacle Disney Live intitulé : Magical Music Hall. Une sortie au Grand Rex, à Paris. Une première pour Mia et Adam et un sacré coup de poker pour Thomas et moi. En effet, comme l’occasion était vraiment exceptionnelle (je suis une amoureuse du Rex et j’avais hâte de le faire découvrir à Mia), nous avons quitté Lille au moment du déjeuner avec les deux enfants privés de sieste et nous avons tenté l’après-midi express à Paris avant de profiter du spectacle. Au moment où je validais ma commande de billets SNCF, je sentais Thomas encore très sérieusement sceptique sur le niveau de patience de notre fils pendant un spectacle d’1h25 (en comptant l’entracte) et la grosse heure de train à 22h. Mais j’avais envie de tenter ma chance.

Et j’ai sérieusement bien fait d’être optimiste ! Si nous avons eu un maximum de coups de bol dans les transports (toujours une place assise dans les métros parisiens et lillois, une place supplémentaire dans le train), nous en avons aussi eu au niveau du temps, rendant très agréable notre petite balade du coté des grands boulevards.

Et c’était sans compter sur le spectacle, qui a littéralement captivé nos deux enfants.

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Pour les enfants (gavés au pop corn au préalable), l’histoire de Mickey, Dingo, Minnie et Donald en train d’organiser un concert de rock, ce qui va leur permettre de croiser Aladin, le génie et Jasmine, Ariel, le prince Éric, Ursula, Sébastien mais aussi Buzz et Woody, est d’une efficacité redoutable. Les chansons qui bercent déjà leur quotidien sont réorchestrées pour l’occasion, c’est une belle dizaine de danseurs qui animent avec énergie la scène du Rex. Une mention spéciale aux effets de lumières et au rythme des tableaux qui ne laissent jamais l’ennui s’installer.

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Adam n’a pas quitté les genoux de son père et a applaudi comme un fou (ce petit danseur a adoré les moments de danses en groupe, très comédie musicale). Mia, comme nous sommes en train de nous y habituer, a été très émue de découvrir la salle et de voir sur scène, si près, ses héros préférés (avec une question quand même : « Mais où est Daisy ? »). Elle a commencé par être mutique, a écrasé une petite larme d’émotion (ma petite fille qui « pleure de joie ») et nous a offert un grand sourire quand Ariel a chanté. À la fin du spectacle, nos deux enfants ont même tenté la danse country chorégraphiée par Woody et Jessie.

La cerise sur le gâteau a été la rencontre finale avec Mickey et Minnie sur la grande scène. Un moment que nos enfants ne sont pas prêts d’oublier. Mickey est plus que jamais le chouchou chez nous.

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Disney Live ! Magical Music Hall : du 11 février au 1er mars au Grand Rex à Paris (de 19 à 42,50 euros selon les catégories), tournée en France en mars-avril 2015.

Durée du spectacle : 35 minutes + 15 minutes d’entracte + 35 minutes.

Petit plus : lors du spectacle, les poussettes sont gardées gratuitement à l’accueil du Rex contre un ticket numéroté.

#Regardscroisés

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J’ai rencontré Fabrice dans le cadre de son projet #Regards croisés. Fabrice est un timide. Fabrice est un photographe. Et au gré des rencontres, il s’ouvre un peu plus au monde. C’est un parcours où chacun fait son chemin, où les mains tendues donnent des photos. Des photos qui en disent autant sur le sujet que sur celui qui les prend.

C’est un projet auquel je crois parce que la ville me touche, parce que je crois aux rencontres furtives où l’on donne tout à l’autre, cet inconnu. Nous avons parlé une heure et demi, je crois. Je lui avais donné rendez-vous à la Gare du Nord parce que c’est là que mon coeur bat. De la brasserie dorée en face où se croisent les voyageurs, toujours impatients, toujours fatigués, à la plateforme Eurostar qui permet une vue imprenable sur le hall de la gare. La Gare du Nord, je l’aime parce que j’y passe ma vie mais aussi parce que son humanité me touche. C’est une gare simple, un peu désuète, fière, grouillante et poétique.

Nous avons parlé. Il m’a raconté ses doutes, sa vie de famille, ses défauts. J’ai connecté les points avec les informations partielles dont je disposais sur les réseaux sociaux. On dit souvent que l’image est faussée sur les réseaux sociaux, moi je crois le contraire. Je crois que peut importe ce qu’on y raconte, l’esprit est là, comme un concentré de soi. Surtout si on s’y distille depuis des années.

Je crois que nous avons été généreux l’un envers l’autre. Et s’il a su me toucher avec ses mots et son regard, j’espère en avoir fait autant pour lui.

De cette première rencontre, j’ai le souvenir d’avoir beaucoup ri. Et pourtant sur les photos, je suis grave, déterminée et concentrée. Je pensais cacher cette facette de moi. Mais il faut croire que ce dont j’ai parlé a été plus fort que tout. En quelques minutes, il m’a percé à jour. Je suis heureuse mais pas si légère, pas autant que je le voudrais. J’apprends à vivre avec. J’ai arrêté de vouloir être jolie, aussi. D’être obsédée par l’idée de plaire. J’impose plus aux gens ce que je suis en espérant qu’ils ne m’en tiennent pas rigueur. Avec Fabrice, nos regards se sont croisés, et finalement c’est moi qui me suis un peu retrouvée.

Regards Croisés, le tumbr

Regards Croisés, le flickr