Louie

 

Depuis que la télévision est éteinte chez nous, paradoxalement nous profitons plus d’une séance à domicile de film ou de série télé. C’est à dire qu’aujourd’hui, la télévision est éteinte uniquement quand elle n’est pas vraiment nécessaire, les jours ou les heures où nous aurions eu tendance à mettre le programme le plus débile qui passe juste pour faire du bruit ou nous vider la tête. C’est donc à cette occasion que j’ai découvert Louie.

Louie est une série TV de la chaîne américaine FX (3 saisons, série en cours… la 4ème saison est prévue pour le printemps 2014) basée sur la vie d’un père de deux petites filles, divorcé, et qui fait du stand up. Depuis des mois, je voyais apparaître dans mon fil twitter des citations de cette série sans savoir de quoi il s’agissait. Et puis j’ai vu passer aussi ses deux nominations aux Emmy Award (meilleur acteur dans une série comique pour Louie C.K. et meilleure réalisation) ainsi que son prix à ce même événement (meilleur scénario pour une série comique). Un soir de désœuvrement, nous voilà donc à faire la connaissance de Louie C.K. et de son univers (et son humour) tellement proche du nôtre.

La construction vous rappellera Seinfeld puisque les épisodes sont souvent entrecoupés de parties (hilarantes) du stand up de l’acteur/réalisateur/scénariste et l’écriture (sous des abords un peu crassouilles d’humour gras) est aussi subtile qu’impressionnante.

J’ai vu pas mal de séries TV dans ma vie. Mais c’est la première fois que je suis touchée à ce point là par un personnage de parent. Parce que ce qu’il raconte est vrai, parce qu’il n’a rien à perdre à dire la vérité et parce que celle ci pourrait choquer les âmes sensibles mais qu’on s’en moque. Mais il n’y a pas que cet aspect dans Louie, à 42 ans c’est un adulte en milieu de vie sans crise clinquante. Il est seul et se bat contre ça, il est pathétique et paumé autant que fiable et responsable. Ce n’est pas un héros et pourtant sa position de critique du quotidien ne lui donne pas vraiment le statut classique de l’anti-héros.

À deux, on ne décroche pas de cette série depuis plusieurs jours déjà, l’addiction est là. Avec Louie, j’ai ris aux éclats (sérieusement, ça m’arrive très très peu de rire aussi fort devant un écran) j’ai aussi eu les larmes aux yeux d’émotion et chaque fois c’est la même magie… je suis juste sur les fesses qu’un personnage combine autant de talent et de sensibilité et nous en fasse profiter avec autant de générosité… laissez vous tenter, vous ne serez pas déçus.

Breaking bad

 

L’avantage de ne plus regarder la télévision, c’est que ça permet de rattraper enfin toutes ces séries et films en DVD que l’on a laissé prendre la poussière trop longtemps. Breaking Bad était de ceux là. 4 saisons (la 5ème et dernière est en cours) de 13 épisodes (je triche la première saison n’en compte que 7) d’une heure chacun de la série la plus déroutante que j’ai eu l’occasion de regarder. Pourquoi déroutante ? Parce que je suis incapable d’en voir 3 épisodes à la suite tellement elle me déprime et met mon cerveau en ébullition à chaque fois. C’est sûr qu’avec les aventures de Walt on est loin de la série pop corn, divertissement facile et tutti quanti. C’est plutôt un contrat exigeant entre le spectateur et les artistes qui la font, Bryan Cranston en tête.

Vous connaissez sûrement Bryan Cranston. Le papa de Malcolm, le garagiste de Drive et certainement l’acteur le plus doué et le plus attachant de sa génération. C’est simple, même en mégalomane dangereux il est encore un homme que j’arrive à respecter et dont le destin m’importe. Je sens que me détacher de lui après toutes ces heures passées ensemble va être extrêmement compliqué.

Pour vous situer l’histoire, Walter White est professeur de chimie dans un lycée même si son talent et son intelligence auraient pu le propulser dans de plus hautes sphères. Toujours, c’est sa vie de famille qui a dicté ses choix. Quand il apprend qu’il a un cancer mortel, il joue le tout pour le tout et entre dans le milieu de la drogue pour laisser à ses proches de quoi vivre après sa mort. Walt découvre sa part sombre et un univers qui va le révéler à lui-même, le voilà « cuisinier » de méthamphétamines.

J’ignore pourquoi je me suis autant attachée aux histoires de Walt et de sa famille (principalement de Walt quand même puisque sa femme est tout simplement insupportable). En tout cas, cette série tombe à pic à un moment où je n’ai plus envie de légèreté mais de réflexions, au moment où ma famille s’agrandit et où  les décisions de Walt et leurs valeurs me parlent plus que jamais.

Je ne peux pas vous mentir sur Breaking Bad, cette série est un chemin de croix et il faudra souvent vous motiver à mettre un épisode en route pour apprécier la parenthèse mais après 4 saisons entières, je dois avouer que j’en suis devenue accro. Que cette histoire me touche (et dans un registre un peu plus critique, que la réalisation et l’écriture sont tout bonnement impressionnantes) et que Walter fait un peu partie de ma famille maintenant. Forcez vous, ne vous laissez pas aller à la facilité et vous ne le regretterez pas.

Live on the road – Websérie

Vous le savez maintenant, les webséries ou leurs petites sœurs les webréalités c’est mon rayon. Une sorte de passion un peu bizarre qui me pousse depuis quelques années à essayer de tout voir dans ce que je considère comme LE secteur d’avenir pour les créatifs de tous poils. Et aussi dans le domaine de la publicité. Admettez quand même que tout le monde est un peu plus gagnant d’avoir un contenu de qualité original et disponible en ligne même si c’est pour promouvoir tel ou tel produit qu’un publicité généraliste (et donc consensuelle) à une heure de grande écoute à la télévision (c’est à dire typiquement l’heure où on veut regarder son programme et pas perdre 20 minutes à tourner autour du pot). C’est donc cette fois ci Canon, qui pour présenter les nouvelles fonctionnalités de ses caméras numériques – gamme Légria – propose de nous emmener faire un tour de France avec… Jérôme Pittorin (journaliste d’Échappée belle sur France 5).

L’initiative est amusante puisque ses images prises sur le vif seront envoyées directement depuis la caméra sur la chaîne Youtube de la marque et vous avez même la possibilité de réagir en direct aux vidéos sur le compte twitter dédié. L’interactivité est totale, l’expérience est partagée, voilà typiquement le genre d’expérience dont les internautes devraient profiter dans les mois/années à venir. Et franchement, voilà qui devrait profiter à tout le monde.

Sponsorisé par goviral network

Girls – Voice of a generation ?

Je parle rarement ici de série TV, même si j’en regarde quand même pas mal, mais je prend aujourd’hui la plume pour vous faire partager mon énormissime coup de cœur pour la nouvelle série produite par le réalisateur/producteur Judd Apatow : Girls. En fait celui ci fait profiter de son nom et de son aura (il avait produit la série culte de NBC Freaks and geeks, il y a maintenant plus de 10 ans) à cette série qui est quasiment l’œuvre exclusive (écrite, réalisée et interprétée par) de la jeune Lena Dunham (et je dis jeune parce qu’elle a 1 an de moins que moi et qu’autant de talent et de maturité chez une meuf de 26 ans, ça m’éblouit).

Girls c’est l’histoire de 4 new-yorkaises qui n’ont rien hérité de Sex and the City à part quelques rêves fous d’argent et d’oisiveté. Elles ne savent pas encore ce qu’elles vont ou doivent faire et encore moins comment, mais avant d’envisager un avenir qui de toute façon se présente comme morose, elles doivent subvenir à leurs besoins. Parce que c’est précisément là que se situe la série : dans cet entre-deux entre l’adolescence et l’âge adulte, ce moment où on est lâché dans la nature par des parents qui arrêtent brutalement de payer votre rente (si tant est qu’ils vous en payaient une).

Pour Hannah, éternelle stagiaire qui se rêve écrivain, le réveil est rude. Ses amies ne sont pas mieux loties. C’est dans un univers sombre, clinique (je retiens une scène de levrette tout à fait déconcertante), franchement déprimant que se déroule l’intrigue de Girls. Et l’attente de la suite, des prochains épisodes est presque douloureuse tant Lena Dunham semble écrire le présent et l’avenir d’une génération en crise, moins obnubilée par la théorie (les doutes, les rêves, les amours contrariées) comme les précédentes que par des considérations financières nécessaires à sa survie. L’envol du nid est universel mais les conjonctures elles (omniprésence des réseaux sociaux qui prennent le pas sur le dialogue, crise économique mondiale), sont inédites. Le portrait est divertissant bien que glaçant et surtout tellement juste.

Girls sur HBO à partir du dimanche 15 avril 2012

Lucile, Amour et Rock N’ Roll

 

Hier est sorti dans les bacs de DVD, un objet qui fait déjà mon bonheur : l’intégrale de la série animé culte Lucile, Amour et Rock N’Roll. Vous vous en souvenez sûrement ! Lucile avec son tablier à poussin, Mr Duronchon son papa qui arborait une étrange banane façon rockabilly, le chat misogyne Roméo au vocabulaire assez étendu (« je veux des crêpes »), le petit Benjamin à la moumoute bleue et les chansons romantico-cultes des Beehive ! Bref, si vous êtes passé à coté de ce monument de romance et d’humour, vous pouvez désormais rattraper les 42 épisodes de ce chef d’œuvre diffusé dans Le Club Dorothée (et avant ça sur la 5, sous le titre d’Embrasse moi Lucile) grâce à Wildside Vidéo.

Souvent depuis quelques années, je me refais un shot de cette série colorée dans la période de Noël avec un chocolat chaud et cette année, je suis ravie de pouvoir dire que je vais enfin pouvoir la faire découvrir à ma fille quand elle aura l’âge. Car même si Lucile n’est certainement pas une icône féministe (elle passe son temps à faire le ménage et à courir les garçons), c’est surtout une jeune fille pure emportée dans le tourbillon de l’amour (oui, la passion m’emporte aussi).

A certains égards d’ailleurs, on peut dire que je me suis entourée de personnages assez ressemblants : Rob le chat n’est pas moins gros ou bonhomme que Roméo (et il aime autant manger), Thomas arbore une coupe de cheveux au moins aussi originale que celle de Tristan ou Matthias. J’ai aussi appris avec les années que les fameuses crêpes bizarres du père de Lucile étaient en fait des okonomiyaki et qu’il était possible d’en manger de délicieux à Paris (restaurant Le Aki dans l’inénarrable rue St Anne) et les chansons des Beehive me font toujours autant vibrer.

C’est une belle surprise cette année, que de re-découvrir pendant les froides journées d’hiver des rires et mélodies de mon enfance. Je vous en souhaite autant au moins.

 

Lucile, Amour et Rock N’ Roll, intégrale 5 DVD chez Wilside Vidéo : 39,99 euros.

Et en tant qu’ancienne libraire en manga, je ne peux que vous conseiller aussi la très différente  (plus adulte et sombre) série originale éditée en manga chez Tonkam : Aïshité Knight.

Baby Boom sur TF1

Cette émission présentée comme inédite en France (elle est inspirée d’un programme anglais) par la chaîne, j’en avais entendu parler sur les réseaux sociaux et dans la presse et on peut dire qu’elle suscitait déjà bien avant sa diffusion de la curiosité.  40 caméras qui filment 24h/24 façon Secret Story mais dans la maternité de Poissy dans les Yvelines pour être toujours un peu plus au coeur de l’action qui nous émeut et nous terrifie aussi.

Et pourtant malgré la volonté de nous plonger dans l’intimité de ces couples et de ces familles, malgré le potentiel sympathie de l’équipe médicale présente et malgré tout le respect que je porte aux accouchantes (oui, je crois que ça n’existe pas comme mot et je sais qu’on dit parturiente mais c’est moche), je ne peux pas m’empêcher de ne pas cautionner ce programme.

D’abord, c’est avec une voix off chaleureuse (trop?) et une musique pop larmoyante omniprésente façon Grey’s Anatomy (la voix off est d’ailleurs la voix française d’Ellen Pompéo) que sont accompagnées les images des familles . Non, Grey’s Anatomy n’a pas le monopole des images médicales et ne suffit pas à apporter une touche de glam là où, de toute façon, il n’y en a pas. ça m’a un peu fait l’effet de ces papiers toilettes parfumés et colorés genre œuvre d’art… à la fin la finalité reste la même.

Oui, quand j’ai accouché, j’avais bien conscience qu’il n’y avait pas une jolie musique, que j’étais prostrée et que le sang et les matières fécales coulaient à flots emportant avec eux ce qu’il me restait de dignité et de féminité. C’était un beau moment mais pas dans le sens dans lequel TF1 l’entend. C’était un moment vrai, avec un suspense et des peurs qui n’étaient pas amplifiés par le doute dans le regard de l’équipe médicale en gros plan, une musique stressante et une coupure pub. J’aurais pas craché sur une coupure pub d’ailleurs, le jour J mais non, il n’y en a pas eu. Avec le recul, j’ai même l’impression que cette émission montre des accouchements calmes et doux, sans cris, sans larmes (sauf de bonheur). Moi je me souviens, d’un spot agressif vers mon intérieur, mon gynéco qui m’encourage en hurlant et le maïeuticien qui m’appuie sur le ventre de toute ses forces en montant sur un escabeau (véridique). Je me souviens de mon accouchement de deux heures comme d’une suite d’uppercuts sans interruption avec à peine le temps de respirer entre deux contractions. Je ne me souviens de rien d’autre, pas de mots d’amour à ou de mon compagnon, pas de larmes de joie, d’attente et d’excitation, pas un marathon mais un sprint ahurissant et assourdissant.

Je sais que mon accouchement n’a pas été très « normal » même en partant du principe qu’ils sont tous uniques. J’ai accouché en à peine 4 heures en tout et il y a eu des complications. Mais je suis toujours avide de normalité justement, de partager ce « beau » moment avec des femmes qui ont le temps de « l’apprécier » et de « l’appréhender » en même temps. Là, j’ai eu l’impression une fois de plus qu’on nous enfournait de la guimauve par les yeux et les oreilles comme si l’accouchement n’était pas quelque chose d’animal, de frustrant, d’humiliant et de violent. Pire encore que les accouchements de cinéma où les comédiennes hurlent comme des harpies, rougeaudes et transpirantes, les parturientes de Baby Boom gémissement mollement et ponctuent de quelques « j’ai mal » la dizaine d’heures de calvaire. Ou plus.

Bien sûr que cela n’a pas été facile pour elles, bien sûr que les caméras montrent principalement des femmes sous péridurale, allongées depuis des heures. Je me souviens pourtant, dans ma clinique, avoir marché jusqu’aux derniers instants (un soulagement) et vu des femmes sur des ballons ou profitant de la baignoire. La vie en marche, la vraie. Pas l’attente sur un lit, dans une chambre vide 99,9 % du temps avec un compagnon qui ne sait pas quoi faire et qui donc fait n’importe quoi.

Je ne reproche rien aux familles et je comprend même les raisons qui les ont poussé à participer à ce programme. Seulement, j’en veux à TF1 d’avoir mal monté et enrobé son programme de coton, je lui en veux d’ajouter des papillons et des petits anges tous nus là où la beauté est déjà, pour la masquer. Je lui en veux d’avoir fait passer ce couple d’ados pour des rednecks crétins, parce que même si c’est le cas, le regard porté par la caméra était plus méprisant qu’amusé. Mais je ne suis pas étonnée. L’accouchement est quelque chose qui est impossible à transcrire pour la caméra, une aventure personnelle impossible à vivre pour les spectateurs et le spectacle qui en est fait ici n’est que l’expression d’une envie. Pas de la réalité. Surtout pas de la réalité.

Baby Boom sur TF1 : le mardi à 23h20.