Samedi soir

Peau rougie dans la baignoire qui fume, j’attaque un nouveau livre. Le deuxième de ces dernières 48h. C’est une envie pressente. Les réservoirs sont vides, j’ai besoin de me remplir. J’ai mes lunettes qui glissent sur le nez. Et une goutte de sang de mon index tombe dans l’eau à intervalles réguliers. Lire la suite

La dispute

Dans le canapé avec les chats, je pleure sans pleurer avec juste les larmes qui coulent et le poids sur ma poitrine. J’ai envie de faire pipi mais ça devrait dire traverser la maison dans la pénombre et ce soir, je n’en suis pas capable. Je n’en suis pas capable souvent de toute manière. Lire la suite

Les photos qu’on ne prend pas

Un pas dehors, une image en tête. Le dernier moment où j’ai voulu prendre une photo sans le faire. C’est souvent l’histoire d’une photo pas prise. Du haut de mon perchoir, j’ai écarquillé longtemps les yeux sur cette image, ne voulant pas en rater une miette. Je me suis dit très vite que l’immortaliser c’était l’inscrire dans un moment fini. Alors que si je me débrouillais bien, dans 10 ou 15 ans, j’aurais encore cette image devant les yeux. La grande fenêtre, les rideaux, ce grand type en contre jour.

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Comme une renaissance…

On ne va pas se mentir : j’ai arrêté d’écrire ici. Ça ne s’est pas fait du jour au lendemain mais petit à petit. Ce qui était une habitude depuis des années a fini par devenir une corvée et a été relayé tout en bas de ma liste quotidienne de trucs à faire, au niveau des trucs que je ne fais jamais. Je voudrais pouvoir écrire un article pour dire que j’ai changé, que j’ai grandi, que cet espace n’est plus assez le mien. Je voudrais pouvoir ouvrir un peu le débat, comme ça a été fait ailleurs, et dire que les blogs c’était vraiment mieux avant. Mais ma vérité est un peu différente… Lire la suite

La petite maison blanche

Ernesto et Eulalia sont nés en dans les années 30 en Andalousie. Jeunes mariés, ils ont quitté l’Espagne et se sont installés dans une petite ville de Seine Saint Denis. Ni l’un ni l’autre ne parlaient français. Ils ont acheté une petite maison blanche dans laquelle leur fille et leur fils ont grandi. Eulalia a commencé à travailler dans un lycée comme cuisinière puis elle a gravi tous les échelons pour terminer sa carrière comme responsable des élèves. Ernesto, quant à lui, est devenu assistant comptable. Ses diplômes, celui du brevet des collèges et celui de technicien comptable, sont affichés dans leur salon. Ils le rendent fier.

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Partir tout près

Certains week-end commencent dans les cris. L’air est électrique et les mots de trop succèdent aux vexations, les caprices à la mauvaise humeur. On prépare les sacs de voyage en oubliant la moitié des vêtements, le chat se faufile par la porte ouverte et l’enfant maléfique rit de nous rendre fous. Ce samedi-là était une de ces journées qui s’annoncent mal. Nous sommes montés dans la voiture en maudissant l’autre de n’avoir pas pensé aux gâteaux, d’avoir oublié le cerf-volant, d’être un parent indigne. Puis j’ai entendu Henri sourire et me dire : « On est vraiment mauvais pour les départs ». On est mauvais, mais on s’améliore. Nous avons roulé quelques kilomètres en silence. Moi qui ai longtemps détesté la voiture, je chéris aujourd’hui ces heures tous les trois. Le road-trip américain est passé par là et j’ai appris, avec eux, à aimer la route. La mer était encore loin mais peu à peu la tension s’est diluée. Théodore s’est endormi et le ciel est devenu plus clair.

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