C’est ici que commence la mémoire

miareveuse

J’en ai pris conscience il y a peu : Mia arrive à cet âge où il est probable qu’un détail soit un souvenir qu’elle garde toute sa vie. Entendons nous bien, je ne minimise pas les expériences des petits. Je sais que les bébés vont avoir besoin toute leur vie de la confiance, du sentiment de sécurité et de bien-être que leurs parents peuvent (et doivent) leur prodiguer. Mais, alors qu’on a déjà emmené Mia plusieurs fois à Disneyland, au Parc Astérix ou en vacances à la mer, je me souviens d’avoir entendu qu’elle était trop petite et que de toute façon elle ne s’en souviendrait pas. Et même si je ne suis pas d’accord avec ça, je crois que j’avais toujours cette idée en tête… « elle ne s’en souviendra pas ».

Je me souviens peu de mon enfance. C’est un mélange de photos sur papier glacé, de sons, de textures et de parfums. Une bouillie où, jusqu’à 9 ans, je ne me rappelle que la joie bruyante et la chaleur du soleil des vacances. Je me souviens du poids d’un costume en velours ancien (pour Carnaval ?), du magnifique carrelage froid de ma chambre d’enfance, des cigales dans le sud, d’un bracelet avec mon prénom dessus que j’ai perdu dans l’herbe et que j’ai cherché des heures. Je me rappelle de la sensation des tresses dans mes cheveux, des élastiques qui tirent, de l’odeur du chien, des pétales des fleurs du jardin et du saule pleureur, je me souviens du bac à récupération de l’eau de pluie de mon grand père et de l’odeur des haricots verts qu’on équeute sur la table de jardin. Ce sont des souvenirs qui datent d’avant mes 6 ans. J’en ai plus après bien sûr. Mais ces souvenirs existent et ils m’ont construite.

Et je me demande ce que Mia va retenir de notre vie d’aujourd’hui. Sûrement pas ce que j’aimerais qu’elle retienne mais ce n’est pas bien grave. J’aimerais réussir à lui donner les goûts, les parfums et les couleurs de l’enfance. J’aimerais qu’elle regarde tout ça avec nostalgie, alors que moi je peine au quotidien à voir la magie. J’aimerais qu’elle se rappelle les films et le popcorn, l’odeur du pain dans le four et les câlins. Et pas les injonctions à se dépêcher le matin, mes râleries, mes absences, mes « maman travaille ». J’espère de tout mon coeur qu’il y a suffisamment de beau autour d’elle.

Donner la vie

IMG_1400

Après mon accouchement j’ai dit que je n’avais jamais eu le sentiment d’être à la fois si puissamment au cœur de la vie et si consciente de sa fragilité. Et étrangement c’était à ma propre mort que je pensais. J’ai mis du temps à comprendre pourquoi. D’où venait cette sensation que ma vie ne tenait qu’à un fil. Le fil du bon déroulement de l’accouchement, de l’enchaînement normal des choses, de mon corps qui serait capable de tenir son rang de rempart et de roc.

Il a tenu, parfois de justesse mais il a tenu. Je lis souvent que donner la vie est un acte naturel. Rien n’est plus animal que de donner naissance à un enfant. On le vit dans sa chair de la manière la plus violente qui soit. Et c’est aux femmes qu’incombe cette incommensurable pouvoir, cette nécessité absolue. Mais ce n’est pas anodin, accoucher ce n’est pas « une formalité ». Je ne l’ai jamais pensé et le pense encore moins depuis que je suis mère et que j’ai vécu une naissance. Il y a le beau, le magique, l’irrationnel. Donner la vie à un nouvel être humain, porteur de mille promesses, d’espoirs indicibles. Voir la concrétisation d’un désir et la matérialisation d’un amour. C’est bouleversant pour le corps et l’esprit. Les repères vacillent et on ne maîtrise plus rien. Rien ne prépare à cela. On peut intellectualiser, on peut choisir de lâcher prise, on peut être dans l’angoisse cela ne change rien. Il y a aussi l’autre versant de cette histoire, celui plus psychanalytique de la naissance de l’enfant qui bouleverse les rôles. D’enfant de ma mère je deviens mère de mon fils. En naissant il me rapproche en quelque sorte de ma propre fin.

Mon accouchement n’a pas été idyllique, j’ai mis du temps à m’en remettre. Pendant le temps qu’il a duré nous avons flirté avec les limites. J’ai eu l’impression de marcher sur un fil tendu entre deux arbres. D’un moment à l’autre je pouvais basculer du mauvais côté. Je me rappelle qu’on m’a dit plusieurs fois « On va tenter ça une dernière fois et sinon il faudra prendre une décision ». Cela a concerné le rythme cardiaque de mon bébé, le placenta qui ne voulait pas sortir, mon bassin qui emprisonnait mon fils au lieu de l’aider. Tout s’est bien terminé, comme c’est souvent le cas. J’étais là, mon bébé aussi. Il y a eu le soulagement de le tenir dans mes bras et la fierté d’y être arrivée. Je ne me rappelle pas avoir eu vraiment peur mais j’étais inquiète. Cette inquiétude je ne la connaissais pas, elle avait une saveur nouvelle, elle se construisait sur des sentiments, des sensations totalement inédites. Je serrais mon fils contre mon cœur, je le regardais ouvrir les yeux sur le monde et sur moi. Ses grands yeux plongés dans les miens.

L’année qui a suivi j’ai été en mauvaise santé, la grossesse a été comme un révélateur. Des problèmes existants se sont sérieusement agravés jusqu’à atteindre des sommets inquiétants. Cette année 2013 aura été la plus belle et l’une des plus difficiles. Alors non, donner la vie ce n’est pas simple, ce n’est pas évident. Je porte en moi le souvenir de ce jour unique, des jours qui l’ont précédé comme d’une parenthèse hors du temps pendant laquelle il n’y eut pas que des moments heureux. Et je m’autorise aujourd’hui à le dire. J’y pense avec émotion et je regarde mon fils, si vivant, si joyeux et rien ne me bouleverse plus. Du tout petit bébé qu’il était il est devenu un petit garçon espiègle aux grands yeux noirs. Quand nos regards qui se ressemblent tant se croisent je me rappelle le jour de notre rencontre. C’était le 6 décembre 2012, je lui ai donné la vie. Et il m’a donné naissance en tant que mère.

Aujourd’hui je pense de tout mon cœur à des amis très chers pour qui tout ne s’est pas bien passé. Bientôt ils seront réunis et débuteront leur vie à trois. Riches de leur difficile histoire mais surtout de tout l’amour qu’ils se portent.

Il grandit

adampiscine

Des mois que je me plains du caractère de mon fils, de ses exigences, de ses cris, de ses colères et de ses pleurs. On a bien eu le temps de se rendre compte que les cris, les colères et les pleurs n’étaient que l’expression de la frustration d’un bébé qui veut déjà être grand.

On m’avait dit « tu verras, quand il marchera il sera plus fatigué et tu seras tranquille ». Il a marché. Ça n’a pas été plus facile.

Je me suis faite à l’idée que mon fils n’a pas un caractère facile, qu’il a besoin d’être beaucoup occupé. C’est bizarre à dire mais nous n’avions jamais connu ça avec notre petite fille qui, très vite, s’installait calmement dans un coin avec un jeu et y restait pendant des heures (ce qu’elle fait encore, non sans avoir au préalable crée des barrières autour d’elle pour se protéger de son frère).

Adam a mis du bruit et de la fureur dans nos vies. Il a besoin que ça bouge, que ça danse, que ça chante, que ça applaudisse. Il a besoin d’attention (bref, d’un public) et besoin de se sentir notre égal.

Ce week-end, nous avons pourtant vu une évolution dans son comportement. En quelques jours, je l’ai senti grandir. Maintenant qu’il a compris que la dépendance n’était pas totale, je le sens plus serein.

Adam ne parle toujours pas mais il marche (et il court et il grimpe avec une agilité et une insouciance déconcertantes) et il mange seul. Dans la maison, il fait sa vie. La période que nous venons de traverser nous a laissé dans un tel état nerveux et physique, il va certainement falloir des mois pour s’en remettre.

Retrouver la confiance, retrouver la patience. Je n’y croyais plus.

Débarrassé de sa colère, je découvre mon petit garçon heureux, vivant et curieux. Complètement irrésistible aussi.

Il m’épuise toujours mais je suis fière de lui. Nous avons passé un cap. Ce fut douloureux. La suite ne s’annonce pas plus facile mais j’y suis désormais préparée. Adam, mon défi, celui avec qui rien n’est acquis. Avec tout ça, au final, il ne rend les moments de douceurs qu’encore plus beaux.

Retrouver la forme après bébé avec BRITAX ep.4

adambob

Voici venu le moment de notre rendez-vous sportif hebdomadaire avec BRITAX et la coach Lucile Woodward. Cette semaine, c’est une petite séance de cardio et abdos que nous propose la coach (elle la présente avec une facilité déconcertante mais je vous assure qu’avec des abdos chamallows post-accouchement c’est tout sauf simple). Adam adore que je garde un visuel pendant les exercices et y voit un jeu très amusant (tant mieux pour lui, moi je souffle comme un boeuf).

N’hésitez pas à reproduire cet exercice lors de votre prochaine sortie au parc, il peut se faire avec n’importe quelle poussette (et n’importe quel bébé dans la poussette, si vous n’en avez pas et que vous voulez travailler vos abdos quand même, empruntez-en un à une amie).

Bien sûr, veillez à votre sécurité et celle de votre enfant lorsque vous réalisez des exercices avec votre poussette et suivez bien les recommandations du mode d’emploi.

J’en profite pour vous rappeler que le concours pour gagner votre poussette Bob de BRITAX est toujours en cours ici. Tentez votre chance avant qu’il ne soit trop tard. :-)

Et si on laissait nos enfants vivre leurs vies ?

miadehors

(Cet article de blog a été écrit en réaction à une conversation banale sur l’éducation avec Thomas et à cet excellent article de Slate paru peu après)

Aujourd’hui je m’en rends compte, j’ai grandi dans une relative liberté. Étant d’un naturel indépendant et responsable, mes parents ont vite préféré s’inquiéter des autres membres de la fratrie qui avaient plus besoin d’encadrement. Nous habitions à la campagne ; je disparaissais une journée entière pour me promener ou lire dans un coin de nature (souvent dans une tente au fond du jardin) et ne revoyais mes parents que le soir. En vacances, j’ai construit des cabanes avec des bouts de bois dans une forêt avec les enfants du coin. Les plus vieux ramenaient des cigarettes et de l’alcool, mais je n’y touchais pas. On racontait des histoires pour se faire peur (comme celle du vagabond alcoolique qui avait coupé la tête de sa femme et qui rodait dans ces mêmes bois depuis). Plusieurs nuits, je n’ai pas dormi, et j’aurais pu attraper mille fois le tétanos (ou me faire décapiter par le vagabond alcoolique) ; pourtant ça reste des bons souvenirs.

Arrivée au collège, je prenais le bus de ma campagne pour me rendre seule à la bibliothèque où je passais mes après-midi. Quand j’ai compris que le bus ne passait que deux fois par jour, j’ai commencé à faire du stop. Ce n’était pas bien, ce n’était pas safe, mais j’avais besoin de tester mes limites et celles des gens (et non pas de croire que tout le monde était un tortionnaire en puissance). Cette confiance que mes parents m’ont accordée s’étalait sur mon temps libre, mes devoirs, les documents à remplir pour l’école ou le collège. Ce n’était pas des parents absents (ils géraient ces mêmes choses pour mon frère et ma sœur), juste des gens occupés qui me faisaient confiance. Je leur dois mes meilleurs souvenirs d’enfance et les fondements même de ma culture (merci de ne jamais avoir surveillé ce que j’enregistrais sur arte à minuit ou les livres que j’empruntais à la bibliothèque).

Le monde n’a pas changé. Je suis foncièrement convaincue qu’il y a autant de dangers qu’avant (internet en plus, j’en conviens quand même). Les enfants ne sont pas plus stupides. Alors pourquoi les empêcher de prendre les transports en commun seuls à partir de 8-9 ans ? Pourquoi ne leur donner exclusivement des jouets en bois sans pièces détachables (et retirer de la vente ceux qui en contiennent) ? Pourquoi un(e) inconnu(e) nous saute-t-il dessus quand notre fils a le moindre truc dans la bouche (alors que 1. nous le savons, 2. on s’en fout) ?

Je vois passer sur les réseaux sociaux des messages de parents qui se gargarisent de leur (omni)présence auprès de leurs enfants en fustigeant les autres qui laissent leurs enfants jouer en liberté (et même s’ennuyer !) au parc. Ces gens ne comprennent pas que c’est la liberté de leurs enfants (même à un an) qui va définir les adultes qu’ils vont devenir par la suite. Sur-stimulés et sur-protégés, les enfants n’ont aucune chance de développer leur imagination et leur personnalité propre. On voit globalement deux écoles de parents sur la toile, ceux qui en font trop (et qui s’énervent quand quelqu’un leur en fait la remarque) et ceux qui volontairement ne font rien (les parents cools qui s’auto-proclament « mauvais parents »). Je ne me retrouve dans aucun d’entre eux.

Parce que je ne dis pas que je ne m’occupe pas de mes enfants. J’ai de longues conversations avec Mia, j’organise des sorties et des activités. Je commence à le faire avec Adam même si il est encore un peu petit pour ça et que les activités calmes ne s’accordent pas des masses avec son caractère. Je leur achète des jouets et ils ont chacun une chambre, un espace personnel où ils peuvent passer du temps seuls. Mia est contente quand je me prends pour sa maîtresse et que j’organise une activité peinture, mais elle préfère largement que je l’emmène au restaurant, au cinéma ou au marché (et où je la laisse payer le poulet). Elle aime que je la responsabilise et que je ne m’escrime pas à lui tenir la main là elle n’en a pas besoin. Seule (mais sous ma bienveillante surveillance), elle a le droit d’aller s’asseoir dans un coin quand elle en a envie (comme sur la photo où une discussion d’adulte l’ennuyait et qu’elle a préféré s’asseoir sur un muret parisien pour jouer avec son poney), de donner une pièce à un sans-abri, d’aller se servir à boire, de monter à l’étage jouer dans sa chambre et de ne réapparaître que 2 heures plus tard. Je ne suis ni sa maîtresse, ni son assistante maternelle, ni sa gardienne de prison, ni son ombre. Si elle se fait mal ou si elle a fait une bêtise (ou ce qu’elle suppose être une bêtise), elle vient me voir d’elle-même. Comme quand elle a envie de discuter ou qu’on partage un moment ensemble.

C’est l’attitude que j’adopte aussi avec mon fils de 15 mois. Son caractère m’oblige à sécuriser le périmètre dans une certaine mesure (éloigner les croquettes des chats, cacher les paires de ciseaux, les télécommandes et les couteaux) mais il s’occupe seul des heures dans l’appartement. Il va vers une pile de livres, fouille dans la caisse à jouets, course les chats, va observer dehors. Je lève le nez de mon travail régulièrement mais je le laisse choisir ce qu’il fait et comment il veut le faire.

Ça ne veut pas dire que je les apprécie pas ou que je ne les connais pas. Ça ne veut pas dire que je suis une mère absente. Je suis là pour eux toute la journée. Seulement, j’estime qu’ils sont en âge de s’occuper seuls une partie du temps (et traités comme de petites personnes le reste du temps, pas comme des bébés suicidaires ou psychopathes).

J’ai envie qu’ils soient heureux, éveillés et débrouillards. Je fais tout pour que Mia n’ait ni peur d’être en ville, ni peur de l’herbe et des insectes à la campagne. Pour qu’elle n’ait pas peur des gens (sans trop leur faire confiance quand même). C’est un choix d’éducation que nous avons fait à deux. Pour l’instant, ça marche. Comme dans mes souvenirs d’enfance (ceux qui sont moins joyeux), il y aura des ratés, des mauvaises rencontres, des dents ou des bras cassés. Il y aura aussi des murs à repeindre, des soirées aux urgences, des réunions avec la maîtresse. Ou pas. En tout cas, je préfère prendre le risque. Le risque qu’ils vivent.

Mon fils de 16 mois sait faire un triple axel. Et le tien ?

photo(4)

Il y a une chose que j’ai découverte en devenant mère. Ce sont les autres mères.
Ça a commencé pendant la grossesse lorsqu’une dame que je ne connaissais pas m’a demandé à quel stade j’en étais. Ma réponse a provoqué sur son visage un rictus bizarre et cette sentence plus bizarre encore : « Ah bon vraiment ? Il est tout petit votre ventre vous êtes sûre que le bébé se développe bien ? Le médecin dit quoi ? ».

J’ai accouché à 37 sa d’un bébé de 45cm et 2,5kg qui flottait dans ses pyjamas et qui, s’il était très vif, était effectivement petit. Alors qu’il faisait son entrée dans la vie mon fils a vécu, ou plutôt j’ai vécu, le début de ce mal insupportable : celui de la comparaison. Plusieurs amies ont eu des bébés en même temps que moi, à quelques jours ou mois près. Je ne me pense pas différente des autres. Je suis moi aussi à l’affût du moindre progrès de mon fils et heureuse de voir qu’il évolue bien. Mais jamais je ne compare Théodore à un autre bébé, d’autant plus si je vois que cet autre enfant évolue différemment.

Au début ce sont les premiers sourires, les premiers sons et la fameuse étape du retournement. « Elle se retourne dos ventre et ventre dos depuis ses 2 mois. Le pédiatre n’a jamais vu ça. Jamais ! » Waouh mais bravo tu as enfanté d’un ninja ! Cet enfant qui sait colorier sans déborder à 15 mois, photo à l’appui. Cela valorise qui ? Cela flatte qui ? Dois-je répondre que c’est extraordinaire ou dois-je seulement dire que le mien mange les feutres ? Je pourrais sincèrement me réjouir de voir les progrès des autres enfants. S’ils ne m’étaient pas imposés par l’orgueil démesuré de leurs parents.

Alors on regarde notre bébé, et on finit par se demander si c’est normal qu’à deux mois il ne se retourne pas encore et n’éclate pas de rire. Je m’en suis voulu de me questionner ainsi sur mon fils et ses progrès. Je me suis rendue malade à l’idée qu’il ne fasse pas les choses dans les temps selon ce barème imaginaire.
Cela vaut avec les amis comme avec les inconnues. À la pmi cette maman qui me demande si mon fils tient assis.  Au marché cette dame s’interroge sur le nombre de dents de mon fils car le sien a eu sa première dent à 3 mois.
À quel âge va-t-il se mettre debout, tenir assis, marcher, manger seul, empiler des cubes, faire un puzzle les yeux bandés, dire maman en mandarin ?
J’aurais aimé être capable d’être hermétique à tout ça, savoir remettre en place celles qui vont trop loin. Mais la plupart du temps j’ai répondu avec un sourire.
Théodore s’est mis debout très tôt, le jour de ses 7 mois. Et il n’a finalement marché qu’à 14 mois.  Est-ce tard, grave, inquiétant ? Non. On me dira que les amis qui m’écrivent pour me narrer les exploits de leurs enfants ne le font que parce qu’elles sont fières. Mais ce n’est pas uniquement ça. Il y a aussi cette volonté de compétition qui m’exaspère et m’attriste.

Je suis fière de mon fils, de le voir si heureux et si à l’aise avec les autres. Il a bientôt 16 mois, porte parfois encore du 12 mois. Et ce n’est vraiment pas grave. Il est rieur, câlin, farceur et très doué pour les puzzles. Son caractère s’affirme chaque jour plus, il ignore nos injonctions puis recommence dix fois la même bêtise. Il escalade la malle de voyage qui nous sert de table basse et le mécanisme du radiateur semble le passionner. C’est un bébé merveilleux et je sais qu’il deviendra un enfant puis un adulte formidable. Lorsque nos bébés passeront leur bac, l’âge de leurs premiers pas n’intéressera personne. Mais la mention qu’ils ont obtenue certainement. Cela n’en finit donc jamais ! Alors laissons à nos tout petits le droit d’évoluer à leur rythme, avec fierté mais mesure.

Il aime qu’on lui brosse les cheveux

adamracoon

Il y a quelques temps, j’ai écrit sur mon fils dictateur. Seulement, je n’y ai que très peu évoqué son autre aspect principal de personnalité. Celui pour quoi je l’aime. Celui pourquoi tout le monde l’aime.

Monsieur LaBrioche est devenu un petit garçon à l’image de son surnom. Toujours rond, chaud, gourmand. Une belle bouille qui aime les bisous dans le cou, zone où il est également très chatouilleux. Il reste observateur sur le monde qui l’entoure mais recherche vraiment le contact avec les autres. Il aime être pris dans les bras (quelques minutes), il aime sentir les mains des adultes qui le guident.

Adam est un petit garçon du contact. Depuis le départ, je sentais bien que notre relation serait plus sensorielle et animale qu’avec sa sœur. Ses évolutions ne me font pas mentir. Adam aime que je lui brosse les cheveux. Il s’assoit devant moi, penche la tête avec délice et essaye même de prendre tout seul la brosse en main. Adam aime glisser sa tête dans ma main quand je m’y attends le moins. J’ai l’impression de le sentir plus. De le sentir physiquement.

Alors que ce n’est presque plus un bébé, je continue de sentir sa chaleur et son odeur. De les connaître, de les aimer. C’est lui qui cherche le contact, d’ailleurs, puisque je ne veux pas me complaire dans mon « vice » de maman. Je le laisse venir vers moi, appuyer sa tête contre ma jambe, essayer de me mordre parfois. J’essaye de lui apprendre les caresses, à ce petit garçon un peu brute, qui ne connait que les coups enthousiastes. Je le laisse toucher mes cheveux, effleurer mes cils, gratter mes dents. Adam est curieux du genre humain, et en tant que maman je suis son premier sujet d’expérimentation.

Adam, mon bébé peau à peau. Mon petit garçon à câlin, ma bouille à bisous. Son attitude crée l’addiction, fatalement. Et j’aime sa différence d’autant plus que son attitude et son caractère sont aux antipodes de ce que j’ai déjà connu.