La blogothérapie positive

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On m’a souvent reproché de raconter ma vie, ici ou sur mon ancien blog.
J’ai toujours répondu que c’était à ça que servait un blog donc que je ne voyais pas le problème. Un blog, tu y écris bien ce que tu veux. Tu peux parler de cinéma avant-gardiste chilien, des conneries de tes mômes, du dégueulis de ton chat, de la réfection de ta cuisine Mobalpa ou de produits de beauté offerts par des marques, ça sera intéressant pour certains et certainement inutile pour d’autres.
Mais surtout tu n’obliges personne à te lire.
Récemment, j’ai de nouveau eu le droit à ce genre de commentaires.
Pourquoi ai-je besoin de raconter ma vie ? Pourquoi ai-je eu besoin de raconter mon viol alors que je raconte déjà par le menu mes troubles psy ? Ai-je réellement besoin de tous ces problèmes et de les raconter pour exister ?

Sérieusement ? Y’a des gens qui pensent vraiment qu’on s’amuse à raconter nos malheurs pour exister ?
J’avoue que je préférerais sans mal raconter à quel point ma vie est fabuleuse mais quand on le fait, les gens te reprochent de vivre dans un monde de bisounours.
Et oui, il n’y a jamais de repos pour la critique !

Par conséquent, je n’écris pas en fonction des autres.
Certes, je l’ai fait par le passé, mon ancien blog était un récit de ma vie quotidienne, romancée pour faire rire et amuser la galerie, un concentré de bonne humeur feinte et de coup de gueule exagérés. Mais cette époque est révolue et je blogue ici uniquement pour partager une expérience, témoigner sur certains sujets qui me tiennent à coeur, tels que les troubles mentaux, le féminisme, la maternité, la parentalité ou encore des futilités. Et j’avoue, j’en ai à peu près rien à foutre de ce qu’en pensent les spécialistes du blogging ou du personal branling. Quant à ceux qui critiquent, je me brosse aussi pas mal de leur avis car ce n’est pas à eux que s’adressent mes écrits.
Si aujourd’hui je parle et écris ouvertement de mes troubles mentaux ou des agressions que j’ai subis, ce n’est pas pour attirer l’attention sur moi.
Si j’ai envie de flatter mon égo et qu’on m’admire, j’ai l’effeuillage burlesque pour ça. Et ça se passe plutôt très bien de ce côté là, merci.
Si j’écris ma douleur face à l’incompréhension de mon TPB, si je parle des agressions dans les transports, que je relate mon stress post trauma lié à la violence que je vis intérieurement, du viol dont j’ai réalisé la teneur seulement 12 ans après… ce n’est certainement pas pour me faire briller en société.
Vous pensez vraiment qu’on attire les gens quand on dit qu’on a un trouble mental ? Croyez-moi, c’est souvent l’effet inverse. Les gens fuient les personnalités comme la mienne, on fait peur même. Mais si je parle de ma maladie, ce n’est pas non plus pour me faire plaindre ou que sais-je encore.

Si j’écris aujourd’hui, c’est pour témoigner, partager mon parcours, pour montrer à ceux qui souffrent des mêmes maux qu’ils ne sont pas seuls, que nous sommes  nombreux malgré le fait que nous nous sentions esseulés avec notre maladie. Si je parle ouvertement des agressions, du viol, c’est pour montrer aux femmes qu’elles ne sont pas des cas isolés, que nous sommes malheureusement légion et qu’il ne faut plus nous taire mais combattre le patriarcat, le sexisme, le harcèlement de rue et la culture du viol.

Je n’ai que faire du qu’en dira-t-on, je n’ai que faire de ceux qui me jugent ou me critiquent, ce n’est ni pour eux, ni pour mon égo surdimensionné que j’écris, mais bien pour aider. M’aider moi à avancer et aider ceux et celles qui se reconnaîtraient à travers mes articles. J’ai besoin de livrer mes émotions, mon ressenti, besoin de sortir par écrit ce qui me tracasse ou ce qui me ronge. Il est souvent plus facile pour moi de passer d’abord par l’étape de l’écrit avant de pouvoir parler de quelque chose qui me travaille. C’est un exercice que je fais régulièrement dans le cadre de ma thérapie. Ecrire avant de parler, pour gérer mes émotions, mon stress et mes angoisses. J’écris également pour partager mes progrès, mes avancées parce que ça me fait du bien personnellement mais aussi parce que je pense que montrer à d’autres qu’on peut s’en sortir, ça peut leur être utile.

Alors oui, j’écris d’abord parce que ça me fait du bien, j’écris pour moi et après pour d’autres que ça touche également… les autres, passez votre chemin.

2 réflexions sur “La blogothérapie positive

  1. capdad dit :

    pour ma part, je prend toujours plaisir à vous lire, même si certains sujets sont loin de la préoccupation d’un homme sans enfant que je suis.. je suis toujours admiratif pour celles et ceux qui ont une telle aisance pour jeter les mots sur une page blanche et être toujours inspirés.

  2. Cécilia dit :

    J’ai lu ton billet avec la même attention que tous les autres et tenais à te dire, que, même si on ne se connaît pas, je suis infiniment admirative de la personne que tu es, de ton courage face à ta maladie et de ton recul par rapport à toutes les vacheries de la vie qui te sont arrivées. Je fais partie de ces gens qui évoluent dans un monde de bisounours, qui n’ont jamais réellement connu la douleur mais, au vu de ce que j’ai construit, je ne m’en plains pas, parce que je sais que j’aurais peu de chance de m’en relever s’il arrivait quoique ce soit à ma fille. Plus on a à perdre, plus on redoute la chute. Bref, tout ça pour te dire que même si je n’ai pas été aussi abîmée par l’existence que certaines personnes en général, et toi en particulier, je ne suis ni sourde, ni aveugle et « j’entends » tout ce que tu écris. Je commence déjà à me demander quelle sera la vie de ma fille et à préparer des petites phrases toutes faites le jour où je devrais lui expliquer qu’elle peut tout faire, pour peu qu’elle s’en donne les moyens mais qu’elle en bavera toujours plus que ses cousins. Et pour ça, je me sens parfois si en colère. Heureusement, on est raccord sur ce point avec mon mari et je suis vraiment heureuse qu’il soit sa première expérience de « l’autre » masculin. Qu’elle ne démarre pas déjà avec des préjugés inutiles. Mais la route est encore bien longue.

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