Les mots bleus

Il y a des mots que je trouve magnifiques, les mots d’un amoureux ou d’une amoureuse.
Ces mots me rendent systématiquement guimauve. Je ne suis pas une grande romantique pourtant. Enfin, je l’ai été, il y a longtemps.

J’ai été cette fille fleur bleue qui rêvait de poèmes, de petit-déjeuners au lit, de bouquets de roses, de mots doux glissés sur l’oreiller… et puis avec le temps, tu te rends compte que la vie ce n’est pas une comédie romantique anglaise, qu’il n’y a pas d’attentions quotidiennes, que les fleurs ne tiennent pas leur promesse et que les mots s’envolent…

Alors, quand je tombe sur les mots d’amoureux, je fonds.
Je fonds quand je lis le billet de Lucile écrit pendant son Insomnie, je fonds quand je découvre cette photo de Lucile, de dos, prise par Thomas et où il parle d’elle.
Je fonds des mots simples et magnifiques qu’ils utilisent pour parler l’un de l’autre.
Ils font ça régulièrement, je trouve ça beau. Certains y verront un manque de pudeur, d’autres comme moi y verront de l’amour. Moi j’aime rentrer dans cette intimité et me nourrir de leur bonheur, me réjouir de leurs sentiments, de leur force, de leur solidité.
Je parle de Lucile et Thomas parce que vous les connaissez, mais ça fonctionne aussi pour Alexandra et Sean, Carlo et Sarah, Mathilde et Olivier, Sally et Emmanuel(le), Julien et Julien, et bien d’autres.

Je suis toujours touchée par les mots des autres, qu’ils soient romantiques, amusants, pudiques, éloquents, timides, admiratifs, amoureux, expansifs… J’aime voir et lire que ces couples sont heureux. Quelque part, je vis par procuration ces déclarations, je le sais bien.
Je me nourris de l’amour des autres parce que je trouve que c’est plus agréable que de se nourrir de la haine ambiante. Chaque jour, je prends les news en pleine figure, vague de méchancetés, de violences, de meurtrissures, me rappelant que les gens sont incapables de vivre en harmonie, qu’il est plus facile de se critiquer, de s’invectiver, de se dire à quel point on ne s’aime pas plutôt que de dire pourquoi on s’apprécie. Je crois que l’on manque désespérément d’amour en ces temps troublés, que l’amour est plus que jamais une chose fragile qu’il faut choyer.
Alors je fonds d’amour quand je vois Adèle déclarer à Beyoncé combien elle l’aime et combien elle l’inspire, j’ai la larme à l’œil quand un enfant fait une déclaration d’amour toute simple à son meilleur ami, son chien, ses parents ou whatever, je pleure comme une madeleine devant une demande en mariage, je chiale quand une personne dit tout simplement qu’elle ressent de l’amour pour une autre. Parce que je fonctionne comme ça, je marche à l’amour. C’est mon carburant. Sans amour, je dépéris. Il prend bien des aspect l’amour, fraternel, maternel, paternel, amical, amoureux… mais c’est l’amour qui me fait avancer. Et toutes ces petites preuves d’amour disséminées un peu partout, que je vois, lis, découvre, sur internet, au coin des rues, sur un post-it collé sur un miroir, tous ces petits mots éparpillés un peu partout autour de moi, c’est une dose de bonheur qui je m’accorde comme un petit plaisir secret.

Et puis, il y a les mots bleus. Les mots qu’on dit avec les yeux, parce que parler semble ridicule…
Je cite Christophe parce que plus que jamais, il colle à ma vie, à ce que je vis. C’est sa chanson française préférée, cela ne m’étonne pas, elle lui correspond si bien. Elle illustre si fort sa pudeur, et son incapacité à dire ce qu’il ressent. Elle est ce qu’il ne dira jamais, mot pour mot…

Une histoire d’amour sans paroles
N’a plus besoin du protocole
Et tous les longs discours futiles
Terniraient quelque peu le style

Gallïane

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