Tirer sa révérence

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Il y a 6 ans, je commençais l’effeuillage.
Il y a 5 ans j’apportais l’effeuillage burlesque dans ma région.
Il y a 4 ans, je fondais ma troupe avec des filles géniales.
Il y a 3 ans, je rencontrais celle qui est devenue mon bras droit.
Il y a 2 ans, je recevais un prix pour l’un de mes costumes.
Il y a 1 an, je réalisais l’un de mes rêves de performer avec mes idoles.

Aujourd’hui, ce n’est pas sans un petit pincement au coeur, mais avec joie que j’annonce que    je prends ma retraite burlesque.

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Back à la Fac

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Evidemment, je savais que septembre était un mois compliqué. Evidemment, il y a beaucoup à faire en plus du boulot : la rentrée des enfants, le nouveau poste du Jules, les nouveaux emplois du temps de chacun, les inscriptions diverses et variées, l’intendance habituelle, la double dose de ménage depuis l’arrivée de Dumbledore et le temps à prendre pour son éducation… mais comme je n’aime pas me faciliter la vie, j’y ai ajouté un nouveau paramètre : la reprise d’études. Lire la suite

L’essai à l’abandon

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J’ai abordé ici à plusieurs reprises ma maladie mentale, le trouble de la personnalité limite (TPL) ou trouble de la personnalité borderline (TPB). J’ai parlé de mon instabilité émotionnelle, de mon incapacité à gérer mes émotions et pas spécialement de la problématique que cela me pose dans mes relations interpersonnelles.

Je vis en permanence avec un sentiment d’insécurité profond qui se traduit par une certaine impulsivité et des attitudes de mise à l’épreuve incessantes de mon entourage. Je suis capable d’entrer dans des crises de rage et des colères intenses où mes mots dépassent ma pensée… Si vous saviez comme c’est moche ces moments d’impulsivité, où je m’emporte pour un détail, un sentiment irrationnel ! Les hypothèses psychanalytiques semblent désigner le TPB comme un état à la frontière entre l’organisation névrotique et l’organisation psychotique reposant notamment sur la peur de l’abandon. Pour moi, ce syndrome est la problématique principale de mon sentiment d’insécurité.

Quand on utilise le terme phobie, les gens s’imaginent toujours la peur du vide, les araignées, le noir ou encore la claustrophobie ou l’agoraphobie. Ma peur à moi, c’est celle de l’abandon, du rejet par les autres. J’ai peur de ne pas être aimée et j’ai peur qu’on me le montre. Cette peur, je ne sais d’où elle provient : manque de prise en compte de mes angoisses enfantines ou problème physiologique, il est toujours aussi compliqué d’expliquer les raisons d’une maladie mentale, trop de facteurs entrent en ligne de compte. Cela dit, je sais que j’ai tenté de plaire toute ma vie à ma mère sans jamais y parvenir, entraînant déception sur déception par un comportement ne correspondant jamais parfaitement à ses attentes. Ce qui nous aiguille tout de même sur les origines de mon traumatisme. Quant à mon père, après avoir été violent toute mon enfance, il a choisi de quitter le foyer dans des circonstances assez problématiques quand j’avais 14 ans. J’imagine qu’au moment crucial de l’adolescence, ça n’a pas dû arranger ma construction psychologique. De tous ces traumatismes enfantins découle une peur irrationnelle de l’abandon, d’être  rejetée par ceux que j’aime et un besoin excessif de plaire à tout prix. Car dans ma psyché, mon but est de plaire et de correspondre à l’image que j’imagine que les autres se font de moi. Et j’échoue toujours, parce qu’il est impossible d’être quelqu’un que l’on n’est pas, et parce qu’il peut y avoir un décalage entre ce que j’imagine et l’image qu’ils se font réellement. Je tente toujours d’interpréter un rôle, celui que, je pense, souhaite voir mon interlocuteur : si on attend de moi une personne déterminée, forte, sûre d’elle, je fais tout pour l’être… sauf que c’est tout le contraire de ce que je suis intrinsèquement. J’ai passé beaucoup d’années à montrer une image qui ne me correspondait pas, pour plaire, pour séduire, pour être celle que les gens voulaient voir. Afin de combler mon besoin d’être appréciée, je donnais une image d’une personne bien dans sa peau, hyper à l’aise (trop parfois), je faisais n’importe quoi pour obtenir l’affection des autres afin d’être rassurée. Parce que j’étais persuadée que personne ne voulait voir une personne faible, trop sensible, fragile, caractérielle ?

Pour plaire, j’ai passé des années à me cacher derrière un masque qui au final me faisait paraître excessive et donc avait l’effet contraire du but recherché, m’enfermant de fait dans une situation inextricable.

Aujourd’hui, je tente de ne plus trop me cacher derrière des apparences pour plaire aux autres. J’essaie d’être moi-même, de ne plus être cette personne que l’on pouvait trouver étrange, insupportable, instable, euphorique ou que sais-je encore. Ce n’est pas toujours évident, parce que j’ai une vision de moi-même si ébréchée. J’ai si peu confiance en moi, en ce que je suis, en mes capacités. Je doute de moi, de mes compétences, dans tous les domaines, même ceux que je semble maîtriser. Dans le travail par exemple, c’est assez terrible, cela permet aux autres de me marcher sur les pieds et de me rabaisser. Etre soi-même quand on est psychologiquement fragile, cela veut dire qu’à tout moment, on peut être heurté et qu’il faudra tenter de ne pas s’en fragiliser encore plus, ne pas (sur)réagir, ne pas se laisser emporter par ses émotions. Mais ce n’est pas pour autant que cela fonctionne. L’abandon des autres existe toujours.

Dans mes amitiés et mes amours, j’ai souvent peur d’être abandonnée. Dans ma jeunesse, je prenais toujours les devants. Après une période exaltée où je mettais la personne sur un piédestal, lorsque je sentais que notre relation perdait de son caractère fusionnel, j’étais capable de me mettre à lui trouver tous les défauts de la terre pour m’en détacher avant que je ne souffre de son abandon.

Et cette peur, je la vis aussi dans mon couple. Jeune, j’entretenais des relations longues tout en badinant à côté, toujours au cas où l’officiel m’aurait quittée. Je vis désormais depuis 12 ans avec la même personne, je n’ai plus besoin d’avoir un « plan de secours » mais mon hypersensibilité à l’abandon reste toujours présente et induit parfois des crises d’angoisse basées sur des événements anodins dont la persistance dans mon affectif est exacerbé par mes sentiments d’insécurité. C’est dans ces moments que mon impulsivité ressort le plus, où mon sentiment d’être rejetée est le plus prégnant. J’ai alors cette particularité de croire et de dire à la personne que j’aime que je ne la mérite pas, qu’elle ne peut pas m’aimer, qu’elle va me quitter. Comportement totalement illogique, mais ça se saurait si les phobies étaient rationnelles.

Dans ma vie, ma peur de ne pas être aimée des autres a toujours dominé mes relations interpersonnelles. Si aujourd’hui j’arrive à accepter de ne pas faire l’unanimité, si je suis moins touchée par le fait que certains ne m’apprécient pas, tant que ceux-ci ne font pas partie de mes relations intimes (qu’elles soient amoureuses ou amicales), j’arrive à l’accepter et même à ne pas en faire cas. En revanche, depuis mon enfance, je suis toujours incapable de relativiser le rejet d’un proche. Ce que je ressens à ce moment-là me détruit et me plonge dans une profonde tristesse, entraînant parfois la dépression. Je suis torturée par les raisons de ce rejet, je suis incapable de penser à autre chose et je me replie sur moi-même. Je passe de l’état de fusion inconditionnelle à la colère de me sentir ainsi abandonnée, déçue par la personne mais aussi par moi-même qui n’ai pas réussi à la garder auprès de moi.  Cela induit d’autres comportements liés à ma pathologie comme les troubles alimentaires, les humeurs dysphoriques (sentiment de trahison, culpabilisation de n’avoir pas été à la hauteur, d’avoir été blessante ou encore victimisation) jusqu’aux idées suicidaires. Je suis bien incapable de décrire complètement le bordel monstrueux qu’il y a dans ma tête à ces moments-là, c’est une bouillie infâme de sentiments et d’émotions démesurés et entremêlés. Et ça me tue littéralement d’être dans cet état. Je suis épuisée physiquement de ne pas arriver à mettre mon cerveau en pause. Les insomnies deviennent répétitives et ma fatigue induit des troubles de l’attention. C’est toute ma vie qui en pâtit, mes relations sociales, amicales et familiales. Et j’avoue, je n’ai pas encore trouvé la solution pour gérer ces crises de dépendances affectives…

J’ai un carnet dans lequel j’écris désormais quand j’entre en crise, un moyen de faire ressortir le flot de mes émotions au lieu de les contenir et que cela agisse en cocotte-minute. Si cela m’apaise un peu le temps de la crise, cela ne me permet pas de régler le sentiment de rejet et de savoir comment vivre avec. Je ne sais pas comment ne pas être autant atteinte par l’abandon des gens qui comptent pour moi, je ne sais pas comment ne plus en faire une obsession… je cherche, je travaille dessus.

Un jour, j’y arriverai…

La blogothérapie positive

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On m’a souvent reproché de raconter ma vie, ici ou sur mon ancien blog.
J’ai toujours répondu que c’était à ça que servait un blog donc que je ne voyais pas le problème. Un blog, tu y écris bien ce que tu veux. Tu peux parler de cinéma avant-gardiste chilien, des conneries de tes mômes, du dégueulis de ton chat, de la réfection de ta cuisine Mobalpa ou de produits de beauté offerts par des marques, ça sera intéressant pour certains et certainement inutile pour d’autres.
Mais surtout tu n’obliges personne à te lire. Lire la suite