Ce n’est pas la Journée de la Femme

ob_c67239_lundi-02-mars-2015-journee-internation

Le 8 mars, non, ce n’est pas la Journée de la Femme.

Il faut vraiment arrêter avec cette soi-disant « journée de la femme ». La Femme n’a pas une journée à elle. Comme la journée du chat ou du chien, la journée du compliment ou la journée de la tarte Tatin. La journée de la Femme n’existe pas. Lire la suite

Réminiscence et conséquence

enhanced-8145-1456915264-17

Depuis quelques temps déjà, je me documente et lis beaucoup sur le sujet des agressions sexuelles et les viols. Pour pouvoir communiquer et parler en connaissance de cause de ce sujet féministe et sociétal qui me tient à coeur. Mais depuis quelques semaines, quelque chose est remonté en moi… et il y a eu ce déclic : Lire la suite

Le changement capillaire

Sans titre

Il y a des moments dans la vie où on a besoin de changement, comme pour marquer une étape que l’on franchi. J’ai souvent manifesté ces événements avec mes cheveux. Les dernières péripéties de ma vie n’ont pas échappé à mon rituel capillaire.

Lire la suite

Ce corps imparfait

Depuis ma naissance, je pense, je n’aime pas mon corps.
Depuis ma naissance, je n’ai eu que des problème avec ce corps.

Nourrisson, je ne m’alimentais pas correctement. J’étais donc chétive. Enfant, j’ai développé une maladie de peau qui m’a poursuivie la moitié de ma vie et qui affectait également mon appétit. J’étais maigre.
Adolescente, les maladies ont régressé mais les changements hormonaux ont engendré une prise de poids soudaine. J’ai changé de morphologie et je suis devenue grosse.
Jeune adulte, j’ai réussi à stabiliser mon poids, mais au prix d’une obsession constante de mon alimentation, excessive dans un sens comme dans l’autre.
Si mon poids a subi des variations, ma taille elle, a toujours été constante : j’ai toujours été petite, la plus petite, à la naissance, sur les courbes de croissance, en classe, dans la famille. Et la problématique du poids qui varie quand tu fais 1m50, c’est que tu n’as pas une grande marge de manoeuvre pour grossir. J’ai passé ma vie à surveiller mon alimentation, oscillant entre périodes de boulimie et d’anorexie.

Depuis mon adolescence, je n’aimais pas mon corps. Large d’épaules, de grosses fesses, des cuisses et des mollets épais et trop musclés. Je faisais beaucoup de sport. On se moquait de mon physique de catcheuse naine (ouais les ados sont adorables entre eux !). On se moquait aussi de ma pilosité, parce qu’à 12 ans, je n’avais pas envie d’enlever les trois poils que j’avais sur les jambes. Mais j’ai fini par céder pour éviter les quolibets du genre « pattes de sanglier » dont on m’affublait. On se moquait également de mes lunettes, de mes dents du bonheur et trop longues (?), puis de mon appareil dentaire… quand ce n’était pas de mes vêtements (bon ok, on n’a pas toujours de bons goûts à 14 ans !). Longtemps, je ne me suis pas aimée, longtemps j’ai eu cette image en tête, de cette fille petite, grosse et plutôt laide. Après l’adolescence, j’ai commencé à apprécier mon visage, surtout quand mes dents ont été parfaitement alignées et encore plus le jour où je suis passée aux lentilles. Enfin, j’ai appris à arranger ce visage, j’ai appris à le maquiller, à le mettre en valeur. Mais j’ai continué à détester mon corps, mes bras courts et épais, mes épaules de nageuse est-allemande, mes mollets trop musclés. Je n’ai jamais aimé mes jambes.

Il a fallu que je le rencontre, qu’il tombe amoureux de moi, de mon corps et qu’il me vante combien il trouvait mes jambes belles et parfaites. Il m’a appris à me voir à travers ses yeux, il m’a appris à m’aimer. J’ai appris à apprécier mes courbes, mes hanches, mes cuisses, à aimer mes fesses, à trouver mes mollets galbés, à ne plus être complexée par mon manque de poitrine… Il me trouve belle, j’ai donc essayé de me voir telle quelle. J’ai pourtant vécu d’autres changements physiques.  La grossesse, la prise et la perte de poids associées, la peau du ventre détendue, les vergetures pour cicatrices indélébiles. Il a encore fallu travailler sur ce nouveau corps, Deux fois. J’ai essayé de n’en retenir que le positif : mon corps a gagné en douceur grâce à la maternité, ses formes se sont arrondies. Je suis passée de la fille forte en muscle à la femme moelleuse.

Mais ces cinq dernières années, j’ai pris du poids. Ce n’est pas dû à mon alimentation, ni aux hormones, ni à mon hygiène de vie, mais à mon traitement antidépresseur.
J’ai perdu de la taille, j’ai pris des fesses et des cuisses, mais j’ai aussi pris des seins. J’essaie de m’en réjouir, de me voir moelleuse comme il me le dit toujours, mais je ne vois souvent que mon ventre mou. Je n’ai jamais complètement récupéré ma silhouette après mes grossesses, j’ai conservé un ventre flasque et marbré de cicatrices, et ce malgré le sport ou les régimes. Je n’aime pas ce bourrelet qui déborde de mes jupes ou de mes pantalons, je n’aime pas qu’il soit moulé dans un tee-shirt ou une robe.  Lorsque j’ai découvert l’effeuillage burlesque, je ne savais pas que je monterais un jour sur scène, je voulais avant-tout me réapproprier mon corps, accepter ce nouveau physique, être à l’aise avec. Cette activité m’a aidé a me détacher de l’image stéréotypée des femmes de notre société, à comprendre que la norme n’est pas celle des magazines mais que les corps des femmes sont tous bels et bien différents. Aujourd’hui, je me mets nue devant des spectateurs, j’assume parfaitement mon corps sur scène, je montre à quel point je suis à l’aise avec celui-ci, dans toute son imperfection… et pourtant, cela ne m’empêche pas de toujours et encore détester mon ventre. Alors je m’oblige à ne pas me censurer, à assumer les photos les moins valorisantes, à mettre en ligne des vidéos pas forcément avantageuses. Si c’est pour m’obliger à m’accepter telle que je suis, cette démarche est également pour montrer à tous et toutes que le corps d’une femme, ça ne ressemble pas à une gravure de mode photoshopée.

Je m’effeuille d’abord pour moi, par plaisir et passion mais aussi par militantisme. C’est ma contribution au combat pour la réappropriation du corps des femmes par les femmes. Pour que l’on arrête de nous dire à quoi nous devrions ressembler, comment on devrait être habillée, coiffée ou maquillée. Pour que les femmes aient le choix d’être ce qu’elles veulent, comme elles veulent. La norme est une prison, le patriarcat est son maton. J’en ai eu assez des règles qui m’imposaient une image qui n’était pas la mienne, je ne serai jamais une fille grande et mince, je ne serai jamais blonde à forte poitrine, je n’aurai jamais les yeux bleus ou verts, par contre, j’aurai toujours de la cellulite, du gras sous les bras et des rides sous les yeux… parce que tous ces détails font que je suis une femme. Et parce que les hommes aussi ont du gras, de la cellulite et des rides mais qu’on ne les fait pas autant chier avec ça, j’en veux au patriarcat qui, insidieusement, élève les filles dès leur plus jeune âge dans l’image abjecte qu’elles ne sont pas parfaites et qu’elles doivent tout faire pour l’être. Alors je monte des spectacles où les filles sont toutes différentes, grandes ou petites, rondes ou maigres, des seins en pommes ou en poires, de la cellulite et des bourrelets comme des côtes apparentes ou des genoux cagneux, des rousses, des brunes, des bleues ou des roses… nous sommes toutes des femmes et nos corps nous appartiennent.

Trouble de stress post-traumatique

21850927763_9e49497872_z

Crédit photo : @lespritrock

 

C’était ce week end, à Paris. J’étais partie en train avec une amie pour me produire sur scène samedi en début de soirée et me rendre à un anniversaire ensuite. J’avais prévu un shooting photo le dimanche après-midi. J’avais mon sac à dos et une valise bien remplie, le coeur léger de retrouver mes compagnons de scène et de revoir des amies pas vues depuis des lustres.

J’ai pris le métro samedi soir tard pour me rendre du spectacle à l’anniversaire de mon amie. Un homme ivre m’a suivi dans les couloirs souterrains. Il me parlait dans son sabir de mec bourré. Entre deux gargouillis, j’ai compris les mots « beauté » « mignonne » « jolie » et qu’il aurait bien aimé que je le suive chez lui, jusqu’à ce que je lui dise que j’étais mariée et que je me joigne à un groupe de jeunes gens qui attendaient le métro et que je monte dans une rame en même temps qu’eux. Ce n’est pas une première que de se faire suivre dans le métro. Tout comme de se faire siffler ou alpaguer dans la rue. Le harcèlement de rue, c’est notre quotidien à nous, les femmes. Je ne le banalise pas pour autant ; bien au contraire, je me bats contre depuis longtemps. Ce qui me frappe, c’est que je le trouve plus violent à Paris qu’à Clermont-Ferrand. Chez moi, je trouve qu’il est moins présent, moins lourd, moins agressif et souvent plus facile à éviter, à esquiver d’un sourire et en traçant mon chemin. À Paris, il est constant à chaque coin de rue, plus violent autant dans les gestes que dans les paroles. Il m’arrive parfois de répondre à des mecs à Clermont quand ils se permettent de m’emmerder dans la rue ; à Paris, je n’essaie même pas, je ne relève pas les insultes, je marche vite, le nez baissé. Je n’ai pas forcément peur, mais je ne me sens pas en sécurité.

J’ai pris le métro dimanche après-midi, comme la veille et comme toujours, attentive et sur mes gardes. Sur mes gardes parce que, outre le harcèlement de rue, je me suis déjà fait voler un Iphone il y a quelques années et ça m’a servi de leçon. Je prête très attention à mon sac et mes poches quand je me balade dans la ville-lumière. C’est ainsi que lorsque je me suis faufilée entre les portes du métro qui se refermaient sur ma valise, me frayant un passage dans la rame bondée, j’ai senti une main se glisser dans ma poche, celle d’un mec qui était monté en même temps que moi en me poussant. Sauf que cette poche qui contenait mon portable, j’avais une main dessus, main qu’il n’avait pas vue. Je lui ai immédiatement fait remarquer qu’il était en train de me faire les poches et qu’il essayait de prendre mon téléphone. Tout fort, afin que les autres voyageurs le sachent. Bien évidemment, l’homme a pris un air mauvais et nié mes allégations, allant jusqu’à m’accuser de le traiter de voleur. Euhh… ben ouais mec, ta main dans ma poche sur mon téléphone, c’est du vol ! Et comme je haussais le ton, il a fait de même, souhaitant me démontrer sa position dominante de mâle viril et ses couilles bien pleines.
Et il m’a giflé. En plein visage. Une grande baffe du plat de la main, forte et violente. Et il a même pris la peine d’ajouter, bien ostensiblement :  « Eh, d’où tu me parles, connasse ?! »
J’ai été complètement choquée par ce geste, abasourdie. J’ai cherché des yeux quelqu’un dans la rame pour me venir en aide. J’ai vu des gens croiser mon regard et baisser le leur, certains fourrer leur nez dans leur écharpe ou dans leur livre, d’autres se tourner vers celleux qui les accompagnaient. Personne. Personne n’est intervenu alors que le mec m’avait frappé et continuer de m’invectiver et m’insulter, cherchant visiblement une nouvelle réaction de ma part afin de pouvoir m’en remettre une. Il avait une telle violence, une telle haine dans le regard, des yeux mauvais qui transpiraient le mépris pour la femme qui osait lui tenir tête. Effrayée, je me suis alors repliée sur moi-même, j’ai reculé autant que j’ai pu et le métro s’est arrêté. J’imagine que le seul but de ce mec étant le vol, il n’avait donc plus rien à faire dans ce métro et est descendu. Certes soulagée de voir mon agresseur se casser, je n’en étais pas moins choquée et tremblante, complètement effarée par la scène que je venais de vivre. Et alors que je tentais de me remettre de mes émotions, tentant de me reprendre dans l’indifférence générale, j’ai soudain senti que quelque chose de bizarre se passait…
Un homme s’était placé derrière moi et profitait de mon état de choc pour frotter son sexe contre mes fesses, il profitait que je sois bouleversée pour satisfaire sa perversion sexuelle. C’était inouï, insensé !
A ce moment-là, ma sidération était telle que je n’ai pas pu réagir. Se faire agresser deux fois en l’espace de dix minutes, c’en était trop. Je n’ai pu ni ouvrir la bouche, ni crier, ni hurler, comme je l’aurais fait en temps normal. Cela m’a ramené des années en arrière, quand je m’étais faite agresser dans un train. Je me suis empressée de sortir du métro, de sortir à l’air libre, m’obligeant à ne pas fondre en larmes, à ne pas suffoquer. Je tremblais, j’avais peur, j’avais l’impression d’être seule au monde au milieu d’une foule et que j’allais étouffer.
J’ai contacté directement mon amoureux, j’avais besoin de lui raconter, de lui parler, qu’il me rassure. Je n’avais qu’une envie : rentrer chez moi. Mais je ne pouvais pas, j’avais encore deux heures de photos, trois heures de train avant d’être enfin à la maison. J’ai tenu le coup, je ne sais pas comment j’ai fait. J’ai eu l’impression d’être un automate. Certainement les nerfs qui ont pris le dessus.
Le lendemain, je suis allée chez le médecin qui m’a arrêtée, m’ordonnant de me reposer. J’ai eu rendez-vous en urgence avec mon psy. On a discuté, on a travaillé immédiatement sur le traumatisme qu’engendre ce type d’agression. Je me suis occupée des papiers pour le travail, rendue à la pharmacie pour prendre les anxiolytiques qui m’ont été prescrits. Le soir, mon homme s’est occupé de moi, m’a réconforté, m’a choyé. Mais c’est seulement le surlendemain de l’agression, quand je me suis vraiment retrouvée seule avec moi-même, que j’ai craqué, que j’ai pleuré. De peur, de colère, d’angoisse, de doute…

Ma confiance en moi aujourd’hui est ébranlée, ma peur des hommes et des autres a redoublé. J’ai passé tant de temps à soigner cette problématique liée à mon trouble de la personnalité borderline, tant de temps à prendre de l’assurance, à ne plus avoir peur ni de moi, ni des autres… tout cela anéanti en l’espace de dix minutes.
Dix minutes où les hommes m’ont prouvé qu’ils étaient dangereux.
Je sais que mon agoraphobie est de nouveau latente, tapie dans l’ombre et qu’à tout moment, je peux faire une crise d’angoisse si je sens les gens trop proches de moi. Je l’ai senti ce matin dans le tram où nous étions comme tous les matins collés les uns aux autres. J’étais en sueur, les larmes au bord des yeux à me demander si quelqu’un allait me toucher les fesses. Et puis j’ai respiré, je me suis rappelé que j’habitais en province, que je n’y avais jamais été agressée. Je prends le bus et le tram depuis des années à Clermont sans avoir jamais été embêtée. J’ai tenté de rationaliser.
Mais cette peur et cette insécurité sont désormais indélébiles. Je subis aujourd’hui le stress post-traumatique. Celui que vivent chaque jour des milliers, des millions de femmes. Et j’en ai marre, je n’en peux plus de savoir que nous sommes si nombreuses à vivre dans la peur constante, dans l’angoisse de la prochaine agression, presque résignées…
On n’en peut plus de vivre dans cette société masculiniste où les hommes s’octroient des pouvoirs supérieurs, minimisent la femme au point de s’imaginer qu’ils peuvent jouir de notre corps comme bon leur semble, qu’il leur serve de punching-ball ou d’exutoire sexuel.
On n’en peut plus de ces hommes qui ont tellement peur des femmes qu’ils s’empressent de nous humilier, rabaisser, piétiner…

On n’en peut plus des hommes, on n’en peut plus…

Ils ont tué l’Amour…

12241316_10153127130327027_8524125723015000197_n

Nous étions sur scène quand les premiers messages ont commencé à affluer sur nos téléphones. Nous avions représentations vendredi et samedi soir pour notre spectacle d’effeuillage du mois avec des guest stars. Ça devait être une grande fête, un bon moment entre amis à rire, s’amuser, manger du fromage et du saucisson en buvant du pinard, des paillettes plein les cheveux. Lire la suite

Lost In Barcelona

1897014_10153772223200159_3415468718693090560_n

Cet été pour mon anniversaire, mon amoureux m’a offert un très chouette cadeau : un voyage à Barcelone. Moi qui rêvais depuis des années de visiter la capitale catalane… Petit hic lorsque j’ai découvert qu’il m’offrait ce voyage sans lui. Lire la suite