La réalité augmentée au service de l’art, l’exemple de « L’atelier du peintre » de Gustave Courbet au musée d’Orsay

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L’Atelier du peintre, allégorie réelle déterminant une phase de sept années de ma vie artistique et morale de Gustave Courbet est un tableau fascinant, une œuvre monumentale de 22m2 où évoluent 31 personnages. Le peintre se représente au centre de la composition, et est entouré d’une femme nue, d’un enfant et d’un chat. Autour de lui deux univers se confrontent. D’un côté le monde de l’art, les amis du peintre, les travailleurs incarnés dans les figures de Baudelaire, du mécène Alfred Bruyas ou du critique d’art Champfleury. De l’autre, ce monde que Courbet appelle celui de « la vie triviale » avec les pauvres, les riches, la misère, le peuple. Se côtoient ici un marchand, un prêtre, un ouvrier mais aussi une mendiante ou un chasseur. Dans ce tableau réalisé dans des dimensions habituellement réservées à la peinture d’Histoire chaque personnage représenté incarne une valeur. Allégorie du monde de l’art mais aussi de la société tout entière « L’atelier du peintre » est le véritable manifeste de Gustave Courbet.

Réalisé entre 1854 et 1855 le tableau est entré dans les collections nationales à la faveur d’une souscription publique en 1920. Il fut utilisé comme décor de théâtre, déplacé, malmené, stocké dans de mauvaises conditions de conservation. Le processus de création lui-même expliquait l’état préoccupant de ce tableau constitué de 7 lés de toiles, cousus les uns aux autres. Le musée d’Orsay a alors décidé de lancer une grande campagne de financement participatif destiné à la restauration de cette œuvre majeure. Sur un budget global de 600 000 euros ce sont plus de 150 000 euros qui ont été récoltés en 80 jours grâce à la générosité de 1335 donateurs. Si le mode de financement est unique, la restauration l’est également. L’œuvre est en effet restaurée au sein même du musée et continue d’être visible pour les visiteurs du musée d’Orsay à travers une cage de verre. Une chance exceptionnelle de voir le travail de la trentaine d’experts et restaurateurs pour cette restauration destinée à stabiliser l’œuvre et à lui rendre sa lisibilité.

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Gustave Courbet (1819-1877), L’Atelier du peintre, allégorie réelle déterminant une phase de sept années de ma vie artistique et morale. Entre 1854-1855, huile sur toile, 361 x 598cm, Paris, Musée d’Orsay.

L’essence même de l’œuvre, la multiplicité des personnages représentés, ses dimensions, sa composition unique faisaient de « L’Atelier du peintre » de Gustave Courbet le tableau idéal pour une nouvelle forme de médiation. Le groupe Orange, mécène et partenaire de l’opération de restauration, invite les visiteurs du musée d’Orsay à une expérience unique grâce à la réalité augmentée. J’ai eu la chance de découvrir le dispositif en avant-première il y a quelques jours et j’ai été très impressionnée par sa qualité. Le visiteur est plongé dans une expérience immersive totale, tablette numérique entre les mains, casque sur les oreilles, le monde extérieur n’existe plus. Transporté dans l’atelier de Courbet, au cœur du XIXe siècle, l’observateur découvre qui sont les personnages et la raison de leur présence dans cette composition.

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Il suffit d’orienter la tablette vers la zone du tableau qui nous intéresse pour que les personnages révèlent leurs secrets. Ce sont quelques-uns des mystères de cette toile qui sont ici dévoilés et la réalité augmentée permet de superposer à l’œuvre une multitude d’informations. Si l’observation d’une œuvre passe avant tout par les yeux de celui qui la regarde ce dispositif agit comme un révélateur. Il met en lumière des personnages invisibles, les repeints de l’artiste, il donne des clés de lecture pour comprendre et met en lumière ce qui nous échappe. Qui est cette femme au milieu de la composition ? Pourquoi Baudelaire est-il représenté ? Qui était Alfred Bruyas ? Comment ce tableau a-t-il été réalisé et quels sont les enjeux de sa restauration ? Autant de questions auxquelles ce procédé apporte des réponses claires en donnant parfois la parole aux personnages eux-mêmes. La réalité augmentée est l’avenir de la médiation culturelle. Si elle ne se substituera jamais aux mots d’un conférencier ou d’un expert, elle est un véritable outil à la fois ludique, interactif et ici très bien documenté. Proposée au musée d’Orsay en français, anglais et italien il sera également possible pour le spectateur de poursuivre l’expérience sur le site internet dédié qui proposera également des contenus additionnels.

Qui est cet homme au sommet du radeau de la Méduse de Géricault ? Quel mystère dissimulent les yeux des portraits de Modigliani ? On peut rêver que ce dispositif soit développé ailleurs, pour d’autres tableaux afin de continuer à accompagner le regard du visiteur, lui donner à voir ce qui est invisible et raconter les histoires, grandes ou petites qui font les œuvres exposées dans nos musées.

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Gâteaux au chocolat en marmite d’orange

Suite à cet article d’Anne, je me suis lancée dans la préparation de gâteaux au chocolat cuits dans des oranges. Je dois avoir un sursaut de motivation pâtissière due au deuxième trimestre de grossesse, il n’a pas fallu longtemps pour me motiver à essayer cette recette très esthétique (même si on ne dirait pas sur la photo) et délicieuse.

Gâteaux au chocolat cuits dans une orange (pour 4 personnes)

4 belles et grosses oranges non traitées, 200g de chocolat noir à dessert, 120g de beurre, 150g de farine, 120g de sucre, 4 œufs, 1 demi paquet de levure chimique

Préchauffez votre four à 200°C. Découpez la base des oranges pour qu’elles tiennent parfaitement droites puis coupez le chapeau et évidez la pulpe à la cuillère. Il peut rester un peu de pulpe dans l’orange, ce n’est en que meilleur. Dans un premier récipient, faîtes fondre au micro-ondes le beurre et le chocolat en morceaux. Puis mélangez dans une jatte, tous les ingrédients (farine, sucre, œufs, chocolat+beurre et levure). Il faut remplir les oranges aux 3/4 et les refermer avec le chapeau. Avant d’enfourner, emballez les oranges avec du papier aluminium puis placez les dans un plat. Il faut compter 40 à 45 minutes de cuisson à 200°C pour obtenir un gâteau fondant et imprégné du goût des oranges.

J’ai constaté que l’aspect des oranges ne bougeait pas avec la cuisson, ce qui en fait un dessert très sympathique à présenter tel quel (ou presque… il suffit de gratter un peu le gâteau au chocolat qui déborde un peu). Le goût de l’orange est juste présent comme il faut avec cette cuisson également, le parfum est enivrant quand on ouvre le four mais le parfum reste subtil, il faut cependant être amateur de ce mariage. Vous constaterez aussi que j’ai choisi une recette de gâteau au chocolat très simplifiée, parce que je n’ai pas souvent la patience de monter des blancs en neige ou de faire des kilos de vaisselle… et ce n’est pas plus mal. Comptez donc une petite heure de bout en bout pour profiter de cette gourmandise (personnellement c’est le maximum de temps que je peux supporter d’attendre). :-)

Donc un grand merci à Anne pour cette idée, à ma belle-maman pour sa cuisine et ses ingrédients et à ma famille pour avoir joué les testeurs. J’espère que vous tirerez de cette recette autant de plaisir que nous.

Le mariage d’une fille électrique : inspirations…

Pour ce deuxième mariage des filles électriques (l’une mariée, l’autre témoin), l’événement a été décidé intime mais non moins travaillé, coloré, électrique et magique bref un mariage façon 2011 photobooth inclus. Quelques mois à peine pour organiser la chose, il a fallu chercher pendant de longues heures sur la toile des inspirations diverses du monde entier, se mettre d’accord (les deux filles électriques contre le marié ou l’inverse, pas facile tous les jours) et enfin matérialiser nos délires, bref une organisation express mais efficace. La Touraine a été choisie comme décor, on a donc compté sur le beau temps pour organiser une partie en extérieur et profiter des beaux arbres du jardin de mes parents.

Très vite, des photos tirées de l’excellent blog Un beau jour ont fait l’unanimité. D’abord, Un coup de coeur monumental pour le concept de bar à limonades. Des bouteilles en verre colorées que j’ai, comme c’est original aujourd’hui, proposé de boire avec des pailles en papier bariolées.

Crédit photo : Project Wedding

Et ça a donné ça, une table dans les couleurs du mariage : rose et orange autour d’une déclinaison de goût allant de pomme d’amour à mandarine, des bouteilles de différentes marques et de différentes tailles parmi lesquelles nos invités ont pu faire leur choix.

Crédit photo : ElooOO°°

Ensuite, c’est le marié qui a flashé sur cette photo de mariés pour le moins originale. Orange, c’est sa couleur et je l’imagine difficilement portant fièrement une « vraie » tenue de marié, le style a donc été vite adopté.

Crédit photo : Mark Brooke

Petit budget pour nos tenues qui ont fait sensation sur twitter. Chaussures commandées sur un site américain pour à peine 20 dollars pour moi, combinaison d’éléments soldés ou retrouvés dans les placard pour monsieur (sauf pour la cravate qu’il a bien fallu trouver, je ne vous raconte pas la tête de la vendeuse quand j’ai sorti ma chaussure de mon sac à main pour vérifier que les couleurs étaient joliment assorties). De mon coté, c’est une première (et une dernière selon l’intéressée) c’est ma maman qui a confectionné ma robe avec la complicité d’ ElooOO°° qui a découpé le tulle aux ciseaux la veille du D Day.

Crédit photo : ElooOO°°


Crédit photo : ElooOO°°

Pour finir, c’est moi qui ai juste craqué pour le truc le plus simple à mettre en place pour un mariage : le plafond de rubans multicolores. Sublime sur les photos trouvées sur internet, les membres de ma famille ont quand même d’abord cherché à me dissuader de cette idée complètement saugrenue. Mais c’était peine perdue, je voulais mon plafond de rubans.

Crédit photo : Our labour of love

Une commande à Hong Kong pour 1000m de rubans de 6mm de largeur dont la livraison nous a donné des sueurs froides jusqu’au bout. 2 jours d’installation (à ne faire que ça), le futur marié monté sur son échelle et moi à la découpe. Pour finalement courir à Ikéa et racheter de quoi faire des bandes de tissus en suppléments. Si l’on ajoute les guirlandes composées spécialement pour l’occasion à La case de cousin Paul, le résultat s’est avéré à la hauteur de mes espérances c’est à dire comme ça :

Crédit photo : ElooOO°°

Ces même rubans, ont aussi été utilisés pour la décoration du jardin et d’un arbre destiné à recueillir les voeux des invités (un peu comme un livre d’or mais dans un arbre), une idée personnelle inspirée d’une tradition japonaise.

Crédit photo : ElooOO°°

Bien sûr, sur les magnifiques photos d’ElooOO°° et avec de si belles inspirations, le mariage semble avoir été une perfection. On en était pas loin, mais pourtant il a bien fallu quelques éléments extérieurs pour corser un peu les choses… la liste des déconvenues de la mariée maniaque est à venir dans un prochain article.